‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 11 sur 161 · ET DU MYSTICISME. XIII · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. XIII

Elle avait le tort irrémédiable de tenir à l'ensemble d'un passé qui s'écroulait de toutes parts, et dont elle était, avec le consulat romain, presque le seul débris: et en second lieu, à cette époque, l'esprit humain n'était plus capable, par bien des motifs divers, de porter une vraie philosophie. Après les Alexandrins, il n'y a plus de philosophes; et le christianisme vainqueur n'en produit pas plus que la Grèce vaincue et éteinte.

Voilà, n'en doutons pas, la grande cause de la chute des Alexandrins. Les autres ne sont que secondaires et doivent à peine compter. Il est possible qu a d'autres époques, et par exemple à la notre, la philosophie risque de se perdre, autant du moins qu'elle le peut, en essayant de se faire religion. Mais il faut se garder des analogies trompeuses, et ce qui peut être vrai de notre temps ne l'est pas pour la philosophie de ces temps reculés. C'est un immense avantage, mais c'est aussi un immense inconvénient , de venir les derniers. Avec la grandeur du passé, on recueille ses engagements inévitables; et quand on hérite d'un mouvement qu'on n'a point commencé soi-même, qui a déjà duré près de dix siècles, et qui s'achève péniblement, tout cequ on peut faire, c'est de leçon-

Page 1