CHAPITRE II
Les angles sous lesquels on voit les objets ne diminuent pas à mesure que les objets s'éloignent.
On a parlé aussi ailleurs des angles de la vision qui deviennent plus petits : l'on a montré qu'il n'en est rien : et il faut ajouter ici que quand on dit que l'objet est plus petit à cause de la diminution de l'angle, on oublie que la vue voit encore quelque chose en dehors de l'objet, ou quelque autre objet, ou quelque chose tout à fait extérieur, comme l'air par exemple. Mais si on ne laisse rien de côté parce que la montagne est grande, et qu'on y fixe la vue qui alors ne puisse rien voir autre chose, l'intervalle qu'elle peut occuper s'appliquant exactement à l'objet, ou même lorsque l'objet dépasse des deux côtés le champ
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entier de la vue, que peut-on dire encore ici quand l'objet paraît toujours beaucoup plus petit qu'il n'est, et qu'il est vu pourtant par la vue tout entière? Si l'on veut se donner la peine de regarder le ciel, on sera bien convaincu de ceci sans le moindre doute. Il est impossible de voir d'un seul coup d'œil tout l'hémisphère; et l'on ne peut étendre la vue à toute cette dimension. Mais accordons qu'on le puisse, puisqu'on le veut. Si donc toute la vue embrasse tout l'hémisphère, et qu'il y ait dans le ciel une grandeur beaucoup plus forte que celle qui paraît, parce qu'il semble beaucoup plus petit qu'il n'est, comment pourra-t-on dire que la diminution des angles est cause que les objets éloignés nous semblent diminuer?