‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 127 sur 161 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Des causes qui abaissent ou qui élèvent les âmes. — Liberté de l'homme.

Les âmes viennent donc en descendant du monde intelligible dans le ciel d'abord; et là elles prennent un corps; et par cet intermédiaire, elles arrivent à des corps plus terrestres en tant qu'elles acquièrent de l'étendue. Les unes viennent du ciel dans des corps inférieurs, et les autres passent dans des corps différents après avoir quitté les premiers qu'elles animaient. Ce sont celles qui n'ont pas eu la force de se débarrasser de ces liens, soit parce qu'elles se sont alourdies, soit parce qu'elles ont oublié, entraînant à leur suite un poids qui les accable. Elles deviennent alors dissemblables entre elles, soit par les mutations des corps auxquels elles sont jointes, soit par des circonstances fortuites, soit même par l'éducation qu'elles reçoivent. C'est d'elles-mêmes qu'elles tirent leur

dissemblance, ou bien de toutes ces causes, ou de quelques-unes seulement. Les unes sont alors complètement soumises au destin qui règle tout ici-bas; quelques-unes ne relèvent que de lui ; mais d'autres ne dépendent que d'elles-mêmes. Celles-ci acceptent la nécessité et s'y soumettent : elles se réservent toutes les choses qu'il leur est permis de faire, vivant suivant une autre loi que celle qui régit tous les êtres, se livrant elles-mêmes à un autre code; et ce code résulte de toutes les causes, de toutes les semences qui sont ici-bas, et des mouvements de l'âme du monde : il est d'accord avec les lois qui sont produites par ces mouvements mêmes : il y puise ses principes : et il entrelace à ses lois intimes celles qui viennent du dehors. Il conserve impérissable tout ce qui peut se perpétuer conformément à ces lois, maintenant d'ailleurs toutes les choses selon leur nature, et veillant à ce que les âmes en descendant portent en elles-mêmes la cause qui fait que celles-ci soient placées de telle façon, et celles-là de telle autre.

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