‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 14 sur 161 · XVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

XVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

et même méthode, qui a plus ou moins conscience d'elle-même;, suivant les génies et les temps, qui pousse les choses à bout, ou qui s'arrête en chemin, mais qui au fond n'en est pas moins toujours identique. Quelle est donc cette méthode, à laquelle tout philosophe , s'il se comprend lui-même , doit se faire gloire de se rattacher, malgré ses périls, qui sont après tout les périls même de l'esprit humain?

En peu de mots, la voici :

L'homme, quand il veut se rendre compte sérieusement de quoi que ce soit, ne peut s'en tenir aux phénomènes qui frappent ses sens. C'est bien par l'observation de ces phénomènes qu'il débute toujours, c'est bien de là que sa raison doit toujours partir. Mais elle ne doit pas s'y renfermer, et en effet, malgré les prétentions contraires qu'elle élève quelquefois, elle ne s'y renferme jamais. Incomplets, transitoires comme ils le sont, ils ne peuvent la satisfaire : le monde des sens, premier objet que l'homme aperçoit , qui tantôt le charme et l'enivre, ou tantôt l'accable et l'écrase, n'est qu'une image, un redet de quelque chose de supérieur à lui. Ce monde supérieur et nouveau, indéterminé mais certain, c'est le domaine propre de la raison et qu'elle porte en soi.

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