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comment cette intelligence vient-elle de l'intelligible? L'intelligible demeure en lui-même, et n'a besoin de rien, comme ce qui voit et ce qui pense. Je dis que ce qui pense a besoin, car il se rapporte à l'intelligible (1). Il n'est pas comme insensible : mais c'est de lui que tout relève : tout est en lui, avec lui : il se distingue parfaitement lui-même : la vie est en lui : tout est en lui : et la réflexion de lui-même est lui , comme si elle était accompagnée de sensation , dans un repos et une pensée éternelle , tout autrement que la pensée de l'intelligence. Si donc, pendant qu'il demeure en lui, quelque chose se produit, cela vient de lui puisqu'il est ce qu'il est. Ainsi, lui restant dans l'état qui lui est ordinaire, ce qui vient à naître naît de lui : il naît, bien que lui demeure immuable. Puis donc qu'il demeure intelligible, ce qui naît devient la pensée. Étant pensée et pensant a ce dont elle sort, car elle ne peut penser h autre chose, elle devient intelligence, et comme un autre intelligible, quoique pareil au Premier, son reflet et son image. Mais comment le Premier restant immuable, comment y a-t-il acte? L'acte peut ou être la substance même, ou venir de la substance de chaque chose. Celui qui est la substance est la chose même et se confond avec elle : celui qui vient de la subir, Voir plus haut le rapport, page 106.
268 EXTRAITS DE PLOTIW.
stance, et tout être a nécessairement un acte de ce genre, est différent de l'être même qui le produit. C'est comme pour le feu : il y a une certaine chaleur qui remplit sa substance, et il y a un acte qui en vient, lorsque le feu agit suivant l'acte propre qui le fait demeurer ce qu'il est. Et de même ici, et bien plus encore : le Premier demeurant dans l'état qui lui est propre, c'est de la perfection qui est en lui , de l'acte qui se confond avec lui, que l'acte produit par lui prend hypostase pour arriver à l'être et à la substance, en sortant d'une puissance qui est grande, qui est la plus grande de toutes. Il est donc au-dessus de la substance ; il est ia puissance de toutes choses : bien plus, il est toutes choses. S'il est toutes choses, il est aussi supérieur à tout. Il est donc audessus de la substance; et s'il est tout, l'Un est avant tout, n'étant point pareil à tout le reste, et c'est là ce qui fait qu'il est au-dessus de tout, au-dessus même de l'intelligence. Il y a donc quelque chose au-dessus de l'intelligence. L'être, en effet, n'est pas la mort, il n'est pas non plus la vie, il n'est pas l'intelligence non plus: l'intelligence et l'être se confondent : car l'intelligence n'est pas, à l'égard des choses, comme la sensation à l'égard des choses sensibles qui existent avant elle; l'intelligence elle-même est les choses, puisque les images des choses ne lui sont pas apportées. Et d'où les a-t-elle? Mais elle est avec
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les choses, et l'Un est identique à elles : et réciproquement (1), les choses non plus ne sont pas sans matière.
(1) J'ai admis ici la conjecture de Taylor qui me paraît de toute justesse. Il propose de substituer iiciGTpoyri à inaro^r, que garde Greuzer. Le premier mot a le sens qu'exige le contexte ; le second ne signifie rien.