‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 142 sur 161 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Grandeur indéfinissable de Dieu : la nature.

Il n'y a qu'une seule nature pour nous, l'intelligence, tous les êtres, la vérité. Dieu est grand : bien plus, ce n'est pas quelque dieu, c'est le dieu tout, le dieu qui est tout cela. Cette nature aussi est dieu : mais elle est le second dieu, se manifestant lui-même, avant de voir le Dieu suprême. Mais ce Dieu-là est assis et repose immuablement sur cette ferme base qui est suspendue à lui : car il ne vient pas sur quelque chose d'inanimé. Il ne vient pas même tout d'abord sur l'âme : mais il a une sorte de beauté indéfinissable qui se projette devant lui comme devant le roi suprême. D'abord se présentent les premières et aux approches, les choses moindres; puis les plus grandes; puis après elles les plus belles; puis autour du roi les choses les plus royales, et ensuite les choses précieuses après lui. Au-dessus d'elles toutes, apparaît tout à coup ce roi, ce grand roi ; et tous les êtres se prosternent et l'adorent. Tous ceux qui ne se sont

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pas avancés jusqu'à lui se contentent de tout ce qu'ils ont vu avant le roi lui-même. Là donc, le roi est tout autre : et ceux qui venaient avant lui sont tout autres que lui. Mais là, le roi ne commande pas à des êtres différents de lui-même : il a l'empire le plus juste, l'empire suivant la nature, la véritable royauté, parce qu'il est le roi de la vérité, parce qu'il est le maître naturel de cette immense génération toute confuse, et le maître de l'ordre diviu qu'il y a mis. Il est roi du roi et des rois : il est justement appelé le père des dieux, exemplaire que Jupiter n'a fait que copier, ne se contentant point devoir son père seulement, mais allant jusqu'à la puissance du père de son père, à lnypostase de son essence.

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