CHAPITRE XLII
On ne peut pas accorder davantage l'Intelligence à Dieu; l'Intelligence est le Second, comme l'Ame est le Troisième.
Mais quand vous cloutez sur ce point et que vous cherchez où il faut les contempler, cherchant à y atteindre par le raisonnement , repoussez toutes ces beautés que vous trouvez si brillantes dans les choses secondes. N'adjoignez pas les secondes au premier principe, ni les troisièmes aux secondes : mais placez les secondes autour du Premier, les troisièmes autour du Second. Vous laisserez ainsi chaque chose comme elle doit être : vous suspendrez les choses dernières à celles qui les précèdent, parce que les dernières entourent les autres qui ne reposent qu'en soi. On a donc eu bien raison de dire que toutes choses sont autour du roi de toutes choses , que c'est pour lui que toutes sont faites, tous les êtres : et il (Platon) ajoute qu'elles sont faites pour lui parce que c'est lui qui est la cause de leur être, que toutes le désirent, lui qui se distingue de toutes, qui n'a rien de ce qui leur appartient, et qui ne serait pas toutes choses, si quelqu'une des choses qui viennent après lui pouvait lui appartenir. Si donc l'intelligence appartient à tout, l'intelligence ne peut lui appartenir. Quand il dit (Platon dit) que le beau est la cause de toutes
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les choses belles, il semble placer la beauté dans les formes, et Lui au-dessus de tout le beau. S'il suppose les troisièmes suspendues aux secondes , c'est qu'elles n'ont été créées qu'après celles qui suivent. Les troisièmes sont évidemment pour lui celles qui viennent des troisièmes, c'est-à-dire, ce monde rapporté à l'âme, l'âme suspendue à l'intelligence, et l'intelligence au bien. Tout revient à Lui par des intermédiaires, les uns plus près, les autres voisins de ceux qui sont plus près. Les choses sensibles étant éloignées aux derniers rangs, c'est à l'âme qu'elles se rattachent.
290 EXTRAITS DE PLOTIK.