‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 18 sur 161 · ET DU MYSTICISME. XXI · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. XXI

De là cetle indépendance absolue de la philosophie qui ne relève que d'elle-même ici-bas, qui n'a de lois à recevoir de personne, et qui, représentée par un Socrate, enseignée par un Platon, réunit et achève toutes les perfections, non pas que l'homme puisse rêver, mais que l'homme puisse atteindre.

Ainsi conçue, l'on ne voit pas trop d'abord comment cette méthode a pu conduire les Alexandrins à l'abîme. Mais il en est de la méthode comme de toute chose au monde. L'esprit de l'homme en remployant peut en abuser, et le plus ordinairement sa faiblesse en abuse, donnant par là un prix inestimable à ces doctrines pleines de sagesse et de vérité qui ont expliqué dans de plus justes rapports les trois termes complexes que la méthode embrasse : le monde, la raison qui est tout l'homme, et Dieu. Il ne peut y avoir ici, sous la variété des systèmes philosophiques, qu'une seule espèce d'erreur possible, la confusion d'un ou de plusieurs de ces termes avec les autres. La raison peut ne pas se distinguer elle-même : elle peut se confondre avec les sens, ou se confondre avec Dieu : et de là deux doctrines qu'on appelle, ici le sensualisme, avec toutes ses nuances, et là le

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