ET DU MYSTICISME. XXV
n'existaient pas pour eux, parce qu'ils supprimaient presque entièrement, dans leurs spéculations, le monde même auquel ces sciences se rapportent. Ceci ne veut pas dire que ces spéculations soient aussi vaines que Tennemann le prétend, ni que leur mysticisme ne soit qu'une rêverie. Il est sans doute une erreur, mais une erreur à laquelle Plotin et tant d'autres ont donné leur vie n'est certainement que trop réelle, toute déplorable qu'elle peut être. Certes, c'est déjà quelque chose de grave pour une école de philosophie, que de supprimer la science en ne s'en occupant pas, et de reléguer la connaissance de la nature parmi les objets indignes du regard de l'intelligence; mais si les Alexandrins n'avaient fait que ce sacrifice, tout grand qu'il est, ils seraient moins blâmables que de fait ils ne le sont.
Il ne faut pas seulement négliger, oublier le monde des sens; il faut aller plus loin. Ce corps qui nous met en relation avec l'extérieur, il ne faut pas seulement le dédaigner, il faut de plus le combattre; et pour bien constater la victoire, but dernier de tout combat, il faut l'anéantir. C'est un ennemi qu'il convient d'écraser. Platon s'était contenté de dire que c'est un instrument et un es-