ET DU MYSTICISME. XXIX
insu, comme elle pousse les animaux, comme elle fait végéter les plantes, le mysticisme trouve la voie infaillible qui conduit à ce Dieu entre vu par la raison, mais qu'elle ne sait point atteindre. Cette spontanéité, ce mouvement aveugle, ce sentiment confus et profond, cet amour, <x>mme le mysticisme le nomme aussi le plus souvent, c'est évidemment, disons-le, une trace de Dieu luimême, sa marque qu'il a déposée dans l'homme, comme il en a déposé une dans chacun des êtres. S'atlacher à cette trace fugitive, l'agrandir, si ce n'est Téclaircir, en la contemplant, autant du moins qu'elle peut être contemplée, ne voir plus quelle en nous, réduire l'homme à cet élément divin qui n'a plus rien de l'homme, s'absorber en lui, s'identifier à Dieu par cette parcelle de Dieu tombée dans notre être, voilà ce que le mysticisme poursuit, et ce quil croit parfois conquérir. Cette contemplation à son plus haut degré, c'est, comme on le sait, l'extase, état fort singulier, (jue les mystiques ont en général assez exactement décrit, depuis les ascètes indiens et Plotin, jusqu asainte Thérèse et même madame Guyon, mais que la physiologie, tout habile qu'elle est de nos jours, explique encore très-insuffisamment, état