‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 30 sur 161 · XXXIV DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

XXXIV DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

Pour pénétrer le mysticisme dans toute sa profondeur et sa démence, il suffit de bien entendre ce point unique et capital. Le mystique cherche sans cesse , et trouve parfois en lui , Dieu qui y est en effet comme dans tout le reste, que l'homme seul parmi les êtres peut, par un privilège redoutable, essayer de saisir dans lui-même, bien qu'il ne puisse l'y saisir comme la raison le comprend avec son infinie puissance et son infinie clarté. De là le mot de Plotin mourant à Eustochius, mot si peu compris, et si clair cependant pour le mysticisme : « Je m'efforce de rejoindre au divin dans le monde « ce qu'il y a de divin en moi. » Ce principe essentiel du mysticisme une fois bien démêlé des ambages inextricables où il s'enveloppe, le mysticisme est percé à jour : et il nous révèle toutes ses tendances, avec toutes ses faiblesses, ses aspirations les plus hautes, et ses extravagances les plus bizarres, son enthousiasme si puissant, et sa théodicée insoutenable, sa pureté en théorie salliant fréquemment dans la pratique aux impuretés les plus monstrueuses, son dédain pour toute science régulière autre que lui, et le dévergondage de ses obscures descriptions, ce repos de l'âme qu'il prétend conquérir, et ces incroyables écarts d'une imagination

Page 1