‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 39 sur 161 · ET DU MYSTICISME. XLIII · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. XLIII

parle encore d'initiation et de mystères interdits aux profanes , il s'élève vivement et avec une sorte d'indignation éloquente contre les Gnostiques qui se croient les seuls « enfants de Dieu» . Ne peuton pas dire que la Grâce particulière , telle que l'ont expliquée les Jansénistes, n'estqu'un premier degré de cette vanité du mysticisme, et que, poussée un peu loin, cette théorie peut amener toutes les erreurs et les hérésies que lui-même contient? Faut-il insister pour faire comprendre comment les mystiques , ivres du monde qu'ils se font , se mettent si facilement , même au prix de l'impudeur, au-dessus de toutes les lois de celui qu'ils dédaignent? Comment dans le sein des religions positives, et tout en prétendant conserver la foi, le mysticisme arrive forcément à nier les dogmes les plus essentiels? Et, suivant en aveugle la pente qui lui est propre, se jette dans les plus évidentes hérésies par excès de dévotion et de piété? Ces considérations et tant d'autres du même genre sont faciles; et il est presque inutile de les développer plus longuement.

Il en est une dernière cependant qu'il faut indiquer, et qui est fort grave en ce qu'elle nous livre la clef de cette théodicée déplorable que l'on

Page 1