‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 41 sur 161 · ET DU MYSTICISME. XLV · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. XLV

puisque les plus longues extases, si nous en croyons sainte Thérèse, n'ont jamais duré, pour elle du moins, plus d'une demi-heure; mais enfin, courte ou prolongée, cetle destruction de la personnalité est certaine. Bien plus, il n'est pas de mystique qui ne la poursuive comme l'objet de tous ses vœux, qui ne la sente arriver comme l'accomplissement de tous ses désirs. Le «pur amour » de Fénélon lui-même la recèle. Dès lors ne voit-on pas d'où viennent les erreurs énormes où tombent les mystiques? Ils font Dieu à l'image, non pas de l'homme, mais de ce qu'est l'homme dans l'extase. Dieu est ineffable pour eux, non pas seulement en ce sens qu'il est impossible de dire tout ce qu'il est, impuissance qui n'est pas particulière aux mystiques: mais en ce sens que toutes les expressions qui le désignent ne font que le limiter , en d'autres termes, le détruire; et que le mieux ici pour l'homme, c'est de s'abîmer dans le plus profond et le plus invincible silence. Plolin le dit de la manière la plus formelle; et, à des degrés divers, il n'est pas un mystique qui ne l'ait dit tout comme lui. Si le mystique retranche l'être à Dieu, c'est que le mystique perd, lui aussi, jusqu'à l'être dans l'extase. Le Dieu que le mystique se forge est d'abord réduit

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