‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 42 sur 161 · XLVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

XLVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

à la pure notion de l'essence, et privé de tout attribut. Mais ce n'est là que le degré qui précède immédiatement l'extase , ce degré où l'âme sent encore qu'elle vit. Dans l'extase même, lame s'évanouit et n'est plus; Dieu doit donc s'évanouir aussi; et la notion d'unité, la plus creuse, la plus vide, la moins vivante possible, est l'abstraction dernière, mais toujours insuffisante , où Plotin se guindé après d'immenses et stériles efforts que personne, si ce n'est peut-être les Bouddhistes indiens, n'a faits ni plus immenses ni plus stériles que lui. L'Un, voilà, le Dieu chimérique des Alexandrins. C'est à vrai dire celui de tous les mystiques, qui tous ont été aussi aveugles qu'eux quand ils ont été aussi logiques. Et pourquoi? C'est que dans l'extase et par les progrès même qui peu à peu y conduisent, l'àme se simplifie de plus en plus; et arrive enfin à cette indéfinissable unité que le mystique prend pour Dieu lui-même. Au fond , la théodicée des mystiques est une espèce d'anthropomorphisme le plus étroit et le plus insensé de tous. Elle condamne le principe suprême du mouvement et de la vie au repos et à la mort, parce que l'homme se réduit dans l'extase à un quiétismeet à un néant qui n'uni plus rien ni de l'existence ni de la pensée. Le Dieu

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