‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 43 sur 161 · ET DU MYSTICISME. XL VII · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. XL VII

de l'extase est bien le Deus absconditus de l'Ecriture; et le mystique , qui croit pourtant posséder Dieu directement, qui «le saisit, le sent, le goûte, l'embrasse» (Saint Bonaventure, Itin., chap. 4) à sa manière , est pourtant celui qui en a toujours parlé avec le plus de confusion et d'obscurité.

A ces conditions, comment le Dieu du mysticisme pourrait-il penser? comment pourrait-il être intelligent et libre? Aussi Plotin n'y a-t-il pas manqué : avec une logique d'autant plus fausse qu'elle était plus rigoureuse, refusant l'être à Dieu, il lui refuse la pensée, l'intelligence et la liberté. Mais ne le voit-on pas? plus il est conséquent, plus il est absurde; et son erreur se mesure à la régularité même, de ses raisonnements. Parti d'un principe insoutenable, les déductions qu'il en tire ne le sont pas moins : et la suprême définilion qu'il prétend donner de Dieu, c'est un assemblage incohérent de négations, qui poussées un peu loin arriveraient bientôt à s'exclure et à se contredire elles-mêmes. L'homme peut bien dire ce que Dieu n'est pas : il lui est impossible de dire n rien ce que Dieu est. Dans la théodicée de Plotin. voici le point sérieux : ne point essayer comprendre Dieu par la raison et l'intelligent ■.

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