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XLVIII DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

parce que la raison et l'intelligence, ne comprennent que ce qui est raisonnable et intelligent, et que Dieu n'est ni l'un ni l'autre : essayer au contraire de le sentir et de le posséder dans l'extase en s'identifîant à lui, ou mieux en l'identifiant à soi, telle est cette théodicée tout entière que Gerson même, sauf les réserves que la foi exige sur la personnalité de Dieu, ne désavouerait pas certainement, et que tous les mystiques adoptenl comme Gerson et Plotin. Quant à la trinité alexandrine. je crois qu'on doit en tenir assez peu de compte : et que ces arguties métaphysiques ne méritent guère plus d'attention dans Plotin que dans Philon, dans Numénius et dans tant d'autres.

Mais disons-le à la louange de Plotin : s'il a été conséquent jusqu'au sacrilège en refusant à Dieu la liberté, il l'accorde à l'homme dans toute sa plénitude. Nul philosophe n'a parlé mieux de cet attribut essentiel de notre personnalité. C'est une inconséquence sans doute; mais cette inconséquence, toute singulière qu'elle paraît, s'explique fort bien par ces deux causes. D'abord Plotin est resté fidèle à toutes les traditions de la philosophie grecque; et si le contact de l'Orient et la décadence

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