L DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
Bossuet explique admirablement ces chutes que sa pudeur voudrait pouvoir cacher «aux âmes pures, aux âmes innocentes» ; et si l'on réfléchit à toutes les conséquences merveilleuses dont s'entoure la personnalité dans l'homme, on comprend sans peine que la ruine de la personnalité entraîne aussi la ruine de presque toutes les vertus.
Voilà donc le mysticisme mis à nu : le voilà dans sa profondeur et dans son néant. Certes il a bien aussi sa grandeur et sa puissance. Mais il s'agit ici de ses faiblesses; et sa théodicée, telle qu'elle éclate dans Plotin, où elle est plus régulière et plus complète que dans tout autre mystique, suffît à le dévoiler et à le confondre. Il faut bien d'ailleurs le reconnaître, le mysticisme n'a pas toujours poussé jusque-là. On peut dans l'erreur, aussi bien que dans la vérité , s'arrêter à moitié route , et c'est ce que bien des mystiques ont fait. Le point de départ était identique, le chemin était le même, le but aussi. D'où est donc venue la différence? uniquement de ceci. Les mystiques chrétiens diffèrent de Plotin en ce que retenus par la foi, pour la plupart du moins , ils n'ont trouvé dans l'extase que l'union mentale et spirituelle avec Dieu , tandis que Plotin y a trouvé Dieu même.