‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 47 sur 161 · ET DU MYSTICISME. LI · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. LI

Lame de sainte Thérèse se marie à Dieu, comme celles de saint François de Sales, de Gerson etdes autres ; lame de Plotin se transforme en Dieu, ou plutôt elle est Dieu. Les mystiques hérétiques son! allés aussi jusqu'à cette monstruosité, et Molinos n'a pas hésité à en scandaliser la fin du dix-septième siècle. De ces deux degrés du mysticisme, le premier fait les mystiques orthodoxes et sensés malgré leur exaltation, ceux auxquels Bossuet a pu dire : Mystici in tuto, le second fait les mystiques qui méconnaissent et détruisent à la fois le christianisme et la raison. Mais, oserais-je le dire? Après ce second mysticisme hérétique et absurde, il en est un troisième qui pousse la logique plus loin encore que Plotin et Molinos; et qui, après avoir changé l'homme en Dieu, lui donne résolument la toute-puissance divine , ce qui est parfaitement conséquent, et lui assure par la magie cette domination souveraine et infinie qui est l'attribut essentiel de la divinité. Les yoguis de l'Inde sont montés à ce troisième degré où le mysticisme touche à la folie, ou , pour mieux dire, n'est plus que la folie même. On peut en voir la preuve dans Colebrooke (Miscellaneous Essays, t. I , p. 235 et 2o 1) : et le Yoga-Sâstra, ou la règle de la dévotion.

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