ET DU MYSTICISME. LXIII
nues avec une certitude plus parfaite que quoi' que ce puisse être. De là la vérité incontestable de la théologie mystique ; et comme la philosophie est la science qui procède par des expériences, il s'ensuit que la théologie mystique est la vraie philosophie, et que ceux qui la possèdent, fussent-ils des idiots, sont avec toute raison appelés philosophes. Pour arriver à comprendre cet état, il faut d'abord croire ceux qui en parlent pour y être passés ; il faut en outre aider à l'insuffisance du langage qui ne peut jamais exprimer que bien imparfaitement ce qu'ils ont éprouvé, et ce qu'ils veulent expliquer aux autres. La théologie mystique n'en est pas moins une science qui est à la portée des plus simples ( in communem intelligentiam) ; et pourvu que les précepteurs chargés de l'enseigner soient ornés de la double instruction du savoir et du sentiment (affectus), tout le monde pourra l'apprendre et la pratiquer. Mais avant tout, il faut y croire pour en juger. On doit d'ailleurs ici bien se dire, que pour posséder cette admirable science , on n'est cependant point audessus des lois de Dieu ni au-dessus des préceptes divins. Les Béguards, les Turlupinsont pu seuls avoir cette opinion coupable dont l'humi-