‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 61 sur 161 · ET DU MYSTICISME. LXV · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. LXV

repoussant ceux même qui la louent. Tandis que la théologie vulgaire est toute dans la raison, la théologie mystique est toute dans le sentiment (affectiva). Elle a le bien pour objet, tandis que l'autre se contente du vrai. Elle n'a pas besoin de science, surtout de science péniblement acquise. A quoi bon tant de livres pour savoir que, Dieu étant tout aimable , 1 ame tout entière doit l'aimer? La spéculative ne peut jamais, du moins dans les parfaits , se passer de la mystique; la mystique se passe fort bien de la spéculative. Les savants s'égarent dans leurs disputes de mots ; les illettrés et les simples, quand ils ont la foi, peuvent s'abandonner aux mouvements de leur cœur. La théologie lettrée peut favoriser le vice ; la mystique ne le tolère jamais. La science gonfle 1 ame, la charité l'édifie. La mystique agit ; la spéculative ne fait que parler. La spéculative inquiète et trouble (nunquàm quietat, inquiétât potiiis); la mystique calme et repose. Loin de la mer agitée des désirs sensuels, elle est le rivage solide de l'éternité ; et pour emprunter encore une comparaison à TAréopagite, « c'est elle seule qui permet au matelot de jeter l'ancre de l'espérance suspendue au vaisseau de la foi. Arrivée sur cet inébranlable sol, 1 ame

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