LXVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
se donne toute à l'amour qui l'entraîne, l'émeut, la satisfait et la comble.» Toutes les puissances inférieures ont cessé leur action ; les puissances naturelles sont éteintes et mortes. Mais si l'âme est alors unie à Dieu, c'est par la conformité delà volonté; ce n'est point cette identité, cette confusion sacrilège et folle qu'ont rêvée quelques hérétiques; c'est une union spirituelle par la portion spirituelle et divine de l'homme. C'est là le bonheur et la perfection de l'âme raisonnable dans cette vie ; et l'école où l'on prie vaut mieux que l'école où l'on pense. L'âme est alors l'amie de Dieu ; elle a ce qu'elle cherche; elle a frappé , et la porte s'est ouverte devant elle.
Telle est la théologie mystique spéculative de Gerson. Sa théologie mystique pratique est bien autrement neuve et curieuse. En douze considéralions ou procédés (industrice), il renferme le formulaire entier du mysticisme. Mais il n'en déclare pas moins tout d'abord que l'habileté humaine ne saurait ici tout faire : et que c'est de J. C. surtout qu'il faut attendre le vrai secours. Du reste la pratique mystique est l'antécédent nécessaire de la spéculation, qui, sans elle, reste touj ours incomplète et obscure. Que le futur mystique étudie d'abord sa vocation; qu'il considère ensuite les circon-