ET DU MYSTICISME. LXIX
et tout au plus faut-il donner ses soins aux chants de l'Eglise qui, pour être féconds, ont besoin euxmêmes d'être bien pris. Mais en fuyant tout souci du dehors, il faut bannir également ces autres soucis intérieurs de la curiosité et de l'impatience; il faut attendre la grâce, tout en gardant une longanimité qui ne se lasse pas, et qui soit aussi loin de l'inquiétude et de l'agitation que de la nonchalance et de la paresse. Mais comme la théologie mystique a sur toutes les autres sciences l'avantage de dépendre seule du sentiment ( affectus) , tandis que les autres ne relèvent que de l'intelligence , on doit bien prendre garde à tout ce qui dans l'âme peut éveiller les passions et les affections. Il faut donc chercher le temps favorable et le lieu. Le lieu peut être calme ou bruyant , public ou secret , obscur ou éclairé. Pour le temps , ce peut être le matin ou le soir, la nuit ou le jour, à prime, à tierce, à sexte, à none. Le corps peut être à genoux ou debout, il peut être en repos ou marcher; les yeux sont élevés ou baissés. On a vu des mystiques qui n'étaient provoqués à la contemplation que par l'appareil le plus complet d'une noce , le bruit des instruments et des chants joyeux , la danse et ses impétueux mouvements, la beauté même eles