ET DU MYSTICISME. LXXI
çants ne doivent pas être traités ici comme les plus avancés, ni surtout comme les parfaits. D'ordinaire la contemplation consomme beaucoup d'esprits animaux et vitaux ; il faut donc quelquefois réparer les forces par une nourriture abondante. Les excès dans un sens ou dans l'autre sont à craindre ; saint Jérôme l'a bien vu : mais le jeune exagéré est plus fatal encore que l'excès opposé. Sur un tel point, il est presque impossible de tracer une règle inflexible et complète. C'est à la prudence de chacun de décider, suivant les cas et les tempéraments, en songeant toujours que « la « bête du corps doit être nourrie de telle sorte « que ni la maigreur, ni l'embonpoint, ne l'empê- « chent de faire le service qu'elle nous doit.» Mais tous ces soins matériels seront vains , si les soins spirituels ne les accompagnent et ne les complètent. Insistez donc dans le plus entier silence sur lr<pieusesméditations qui enfantent les sentiments de l'àme (generativis affectuum). Restez tranquille ♦ 'I solitaire, vous élevant autant que vous le pourrez au-dessus de vous-même, et ne recourez point alors trop vite à la sainte lecture. Mais cette méditation inaltérable et profonde est bien pénible à soutenir: il est bien peu de cœurs qui en soient capables: et de là, [proh dolorl ) ô douleur, si peu de com-