LXXII DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
templatifs, même parmi les hommes qui se sont consacrés à Dieu. C'est pourtant par la méditation seule, toute difficile qu'elle est, que l'amant peut espérer de se joindre à ce qu'il aime (amantem curn amato). Mais prenons courage: débutons par la crainte de Dieu : et de cette crainte salutaire, initiale, passons sans y rester à celte crainte mercenaire qui attend encore sa récompense et redoute de ne point l'obtenir, pour atteindre enfin à cette crainte toute filiale qui accorde la tendresse avec le respect. Que la colombe mystique de notre àme s'en fie à la force de ses deux ailes; si la crainte est à gauche, l'espérance est à droite avec «la queue de la discrétion». Chaque aile a autant de plumes qu'il y a de pieuses méditations. La première plume est la divine sévérité, qui a autant de pennons que l'on trouve dans l'Ecriture de redoutables exemples de cette toute-puissante colère, la chute des anges, celle d'Adam, le déluge, Gomorrhe, etc.; la seconde plume est l'éternité de la damnation, avec autant de pennons qu'il y a de tourments éternels; la troisième, l'énormité des péchés ; la quatrième , la fragilité propre ; la cinquième, la prospérité qui séduit ; la sixième, l'adversité qui écrase; la septième, l'hostilité familière