‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 69 sur 161 · ET DU MYSTICISME. LXXIII · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. LXXIII

ou les plaisirs de la chair ; la huitième, la perversité du démon; la neuvième, l'iniquité envers les vivants; la dixième enfin, la cruauté envers les morts. Mais que la colombe se rassure : l'aile de l'espérance est aussi puissante que l'aile de la crainte ; ses plumes sont aussi nombreuses ; ses pennons ne le sont pas moins. La divine miséricorde d'abord, la gloire incompréhensible, la grâce de la pénitence, l'appui éternel de Dieu, la joie fortifiante, la sainte mélancolie qui instruit si puissamment, la volonté libre, la bienveillance des anges et des saints, le secours des vivants et le suffrage des morts. Gerson avertit du reste que chacun peut à son gré multiplier les ailes, les plumes, les pennons de la mystique colombe: et de fait, saint Bonaventure avant lui, en avait tracé, dans ses Six Ailes des chérubins, une image analogue , mais différente. Que lame pour s'envoler sur ces ailes saintes écarte donc loin d'elle toutes les images, toutes les notions : qu'elle remonte peu à peu jusqu'à l'intelligence pure que n'obscurcit plus aucun nuage. Qu'elle s'isole, comme le veut saint Denys, de tout ce qui peut être senti, imaginé, compris: qu'elle se jette dans la divine obscurité où Dieu est connu ineffablement et super-

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