‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 71 sur 161 · ET DU MYSTICISME. LXXV · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. LXXV

superstition, qu'il redoute au moins autant qu'une frivole curiosité : il craint qu'elle ne dégénère en une stupidité mélancolique. En abuser est tout aussi coupable que d'abuser du vin : elle aussi peut donner la fièvre : elle aussi peut aller jusqu'à la folie (insania). Les cerveaux faibles s'imaginent voir Dieu crucifié : ils entendent la voix du Christ et des saints , et prennent souvent pour des visions certaines et réelles ce qui n'est qu'un vain rêve de leur imagination troublée. En un mot, Gerson réglemente la théologie mystique comme il a quelquefois dirigé les décisions du concile de Constance. C'est toujours l'esprit pratique, l'homme d'affaires et de pouvoir, qu'une expérience consommée éloigne de tout excès, même dans cet excès qui se nomme le mysticisme.

Après le mysticisme un peu sauvage, mais tou( puissant de saint Bonaventure , après le mysticisme réfléchi et bien austère encore de Gerson, celui de saint François de Sales et de sainte Thérèse, s'il est moins impétueux et moins régulier, est bien plus tendre et bien plus humain. Saint François de Sales n'est plus un moine du moyen âge ; son héroïsme ne se renferme pas dans l'étroite enceinte d'une cellule : il agit sur le vrai théâtre du

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