LXXVI DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
monde , et la charité pour lui a remplacé l'ascétisme. Le cœur de Gerson a pu tout entier s'ouvrir à Dieu : son àme était digne de concevoir l'Imitation, si ce n'est point lui qui l'a composée ; mais il semble qu'il n'ait point autant aimé son prochain. Saint François a fait mieux que l'Imitation ; il a imité le Christ lui-même, autant qu'il l'a pu, non pas dans un livre , mais par ses œuvres. S'il a beaucoup écrit, il a bien plus agi encore; et la tendresse de son cœur accrue par tant de dévouement, tant d'abnégation réelle, a donné à ses ouvrages une douceur qui n'en est pas moins persuasive,pour être moinsconforme aux règles de l'art. Il connaît tous les secrets de la prière; « tous les exerce cices du saint amour dans l'oraison,» il les pratique. « Cette solitude mentale où l'âme traite seule « à seule avec son Dieu , » il la visite souvent. Il sait les trois degrés mystérieux : il monte de la méditation à la contemplation où il trouve déjà le sentiment de la présence divine, «au milieu de notre cœur» : il s'élève même jusqu'à la sainte quiétude où 1 âme «s'écoule et se liquéfie en Dieu , où elle « se quitte elle-même, non-seulement pour s'unir « au bien-aimé , mais pour se mêler toute , et se « détremper en lui. » Il a goûté «la véritable ex-