ET DU MYSTICISME. LXXIX
« la manière de son oraison et les grâces qu'elle a « reçues de Dieu. » Elle se défend de toute recherche de style : et « comme elle a peu de mémoire, « etqu'elle n'a pas le loisir de relire ce qu'elle a fait,» tout comme Plotin, (Voir plus loin, p. 164) elle s'abandonne sans aucun retour à ces épanchements qu'une femme seule pouvait avoir aussi intarissables et aussi doux. Nul mystique n'a mieux décrit l'extase, mystérieux état qu'elle a mille fois éprouvé, et qui est allé pour elle jusqu'aux plus claires visions. Elle croit alors que Jésus-Christ est en elle, ou qu'elle est entièrement comme abîmée en lui. « L'âme en cet état, dit-elle, se trouve tellement « suspendue qu'elle pense être hors d'elle-même : « la volonté aime, la mémoire me paraît comme « perdue , et l'entendement n'agit point : mais il « ne semble pas qu'il se perde; il est seulement tout « épouvanté de la grandeur qu'il voit, parce que « Dieu prend plaisir à lui faire connaître qu'il ne « comprend rien à une chose si extraordinaire. » Dans l'oraison, «ce chemin par lequel nous nous « engageons à dépendre absolument, comme des « esclaves, de la volonté de celui qui nous a témoi- « gné tant d'amour , » sainte Thérèse se figure d'abord Jésus-Christ présent : elle lui parle, l'en-