‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 77 sur 161 · ET DU MYSTICISME. LXXXI · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. LXXXI

lesquels lame selève jusqu'à l'extase, et qu'on a déjà vus sous des noms et des images diverses dans Plotin, dans saint Bonaventure, dans Gerson. La première demeure , c'est la connaissance de soimême; et ne croirait-on pas, après cette formule déjà toute grecque, entendre encore Plotin, quand la sainte fille nous recommande « de porter les « yeux vers le centre qui est le palais où habite « ce grand roi (1).» Pour entrer dans la seconde demeure , il faut renoncer , chacun selon sa condition, à toutes les occupations non nécessaires. Dans les trois premières demeures, il faut agir par l'entendement et méditer; pour les quatre suivantes, il s'agit non plus de beaucoup penser , mais de beaucoup aimer. « Et lorsque Dieu nous fait la « grâce de le chercher dans nous-mêmes, nous l'y « trouvons sans doute plutôt que dans les autres « créatures , comme saint Augustin dit l'avoir « éprouvé. » La troisième demeure est l'oraison de recueillement; et, pour rendre sa pensée, sainte Thérèse se sert de la comparaison de la tortue, retirée tout en elle-même, comparaison qu'elle emprunte, dit-elle, sans pouvoir dire à qui, et que

i \<>ir plus loin dans les Extraits de Plotin, page 270.

LXXXil DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

l'on trouve textuellement dans le Bhagavad-Guita (édition de M. Schlégel, lecture 2, Sloka 58). De la quatrième demeure, qui est l'oraison de quiétude, on passe à la cinquième, qui est l'oraison d'union. Mais ici « le discours ne saurait exprimer, « ni l'entendement concevoir, ni les comparaisons « faire comprendre, tant toutes les choses de la « terre sont au-dessous d'un tel état. L'âme est « morte à toutes les choses du monde , vivante « seulement en Dieu. » Et elle vit si bien encore de cette vie nouvelle, que la sixième demeure lui réserve des épreuves extérieures et intérieures qui lui peuvent arracher des cris, comme ceux que la sainte elle-même a entendu pousser à saint François et au bienheureux Pierre d'Alcantara. Enfin, dans la septième demeure «lame, plus unie encore « à Dieu que dans l'oraison d'union, accomplit « avec lui son mariage spirituel. » Elle voit alors la sainte Trinité, et « bien qu'une partie inférieure en elle puisse encore être livrée à des travaux et à des occupations , et qu'elle ne puisse être assurée, même dans cette demeure, de ne point pécher mortellement», rien désormais n'est capable de troubler la paix dont elle jouit.

Vraiment, je crains presque de blesser la pudeur

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