LXXX1V DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS
l'avaient déjà poussé avec autant d'audace et de cynisme , si ce n'est avec autant de rigueur que le moine espagnol du dix -septième (1). Ecoutez sa première proposition : ail faut que ce l'homme anéantisse ses puissances; c'est la voie « intérieure.» Puis il continue: «Vouloir faire une ce action , même une bonne , c'est offenser Dieu « qui veut être seul agent. C'est pourquoi il faut « s'abandonner totalement à lui, et demeurer ence suite comme un corps sans âme. L'âme s'a- « néantit par l'inaction et retourne à son prince cipe et à son origine, qui est l'essence divine, ce dans laquelle elle demeure transformée et déicc fiée : alors aussi Dieu demeure en lui-même, ce puisque ce ne sont plus deux choses unies, mais ce une seule chose ; et c'est ainsi que Dieu vit et rèce gne en nous, et que l'âme s'anéantit, même dans ce sa puissance d'agir. L'âme ne doit penser ni à la ce récompense, ni à la punition, ni au paradis, ni ce à l'enfer, ni à la mort, ni à l'éternité : l'âme ne ce connaissant point davantage ni son état, ni son ce propre néant, demeurant comme un corps sans ce vie , ne doit se souvenir ni d'elle-même , ni de
(1) La bulle qui frappe Michel de Molinos et le condamne à une éiroite el perpétuelle prison, est de l'année 1687.