‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 87 sur 161 · XC1V DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS · texte numérisé non relu

XC1V DE LA MÉTHODE DES ALEXANDRINS

doute il n'est pas le seul à nous prêcher le détachement du monde, le désintéressement de lame. Mais personne ne le pratique avec plus de bonne foi ni d'énergie. Platon, sans être mystique, l'avait enseigné : Socrate en avait fourni dans une longue carrière un exemple accompli. Mais Plotin n'at— il pas été leur disciple fidèle, tout en exagérant leurs leçons? et son austérité même n'a-t-elle pas été le gage de ses ardentes convictions? La modération, la parfaite mesure n'ont été données qu'à un bien petit nombre, même parmi les sages : mais se perdre par l'excès du bien est un honneur toujours fort rare, et l'on doit se sentir beaucoup d'indulgence pour ceux qui purent en être séduits. C'est ce noble aveuglement qui égare le mysticisme, et le rend incompréhensible pour le vulgaire, quand il ne le livre pas à ses risées. Le mysticisme fait avec le monde et avec tout ce qui d'ordinaire touche et attache les hommes un divorce violent : il rompt les liens les plus naturels et les plus doux : voilà son excès. Mais le monde qui le dédaigne tant ne commet-il pas, lui aussi, un excès tout contraire et non moins grave? Si les mystiques refusent tout à la nature, le monde ne lui donne-t-il point trop ? Si le mysticisme éteint et retranche

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