‹ De l'Ecole d'AlexandrieChapitre 90 sur 161 · ET DU MYSTICISME. XCVU · texte numérisé non relu

ET DU MYSTICISME. XCVU

tout le premier celui-là même qui les donnerait. Mais il faut bien nous le dire : le mysticisme a peut-être plus raison dans cet enthousiasme qui le transporte que le monde dans la froideur qui le glace. En un mot, si le mysticisme pense trop à Dieu, le monde, et j'entends ici les plus éclairés parmi les hommes, n'y pense point assez ; et si le monde était plus grave, ou moins détourné par les devoirs imaginaires ou réels de la vie, peut-être trouverait-il un salutaire enseignement là où d'ordinaire, il ne trouve qu'un objet de trop facile dédain.

Ainsi, sans approuver les égarements du mysticisme, il faut du moins rendre justice aux sentiments pleins de grandeur et de vérité qui les inspirent. C'est là ce qui fait son importance trop souvent contestée, mais bien à tort, dans l'histoire de l'esprit humain. L'Eglise l'a blâmé , mais seulement dans ses exagérations : elle l'a quelquefois frappé danathème , mais elle ne l'a pas proscrit tout entier. Elle l'admet , parce qu'il est en effet l'un des éléments les plus précieux de notre nature; mais elle l'a limité, et lui a fait sa part. Bossuet, après avoir écrasé le Quiétisme et lui avoir porté des coups plus redoutables encore que les

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