II. I
(1) Xen. bist gr. L. 5 , c. 5.
(a) Paus. in Arc.
(3) Diod. Sic, L. i5.
Ils conservèrent toutefois cette ville et lors-» que , un siècle plus tard , la ligue achéenne , â laquelle ils se sont unis des premiers, s'est formée, elle fut utile aux opérations militaires des confédérés ; mais , en même temps, elle attira chez eux les armées ennemies. Les Arcadiens, en conservant Mégalopolis, ont pi as songé aux besoins de la Grèce qu'à leur avantage personnel. Plus haut, j'ai ditunmot des changemens qui ont dû naître dans l'organisation intérieure des Arcadiens , lorsqu'ils ont été entraînés par leurs dissentions à quitter les campagnes pour habiter les, villes. H parait qu'ils avaient des serfs , chargés de l'exploitation de leurs propriétés rurales. Athénée dit , d'après le témoignage de l'historien Théopompe , qu'il existait en Arcadie près de trois-cent-mille Prospe/ates , dont l'état ne diflérait pas de celui des Hilotes (i). Aristote, au contraire, dit qu'ils n'avaient point d'Hilotes et qu'en cela leur condition était plus heureuse que celle des Spartiates, parce que, tandis qu'ils poussaient ceux-ci à la révolte , ils ne craignaient pas de réaction chez eux (2). Ces deux témoignages qui se con-
(1) Ath. deipn. L. 6.
(2) Arist. polit. L. a , c. 7.
tredisent , en apparence, peuvent peut-être se concilier. Théopompe ayant comparé les Prospe/ates aux Hilotes , il faut en conclure qu'ils étaient de même attachés à l'agriculture; mais, d'après ce que dit Aristote, leur condition n'était pas précisément la même et de ce que les Arcadiens n'avaient pas de révolte à craindre de leur part , il faut conclure que leur condition était plus douce. Mais on ignore en quoi elle a pu l'être : aucun autre auteur n'a fait mention de cette classe d'hommes et ce qu'Athénée en a dit n'est pas suffisant pour lever la difficulté ; car l'étymologie qu'il donne de leur nom ne fournit aucune donnée sur le plus ou moins de liberté dont ils jouissaient. Les Arcadiens avaient aussi des esclaves domestiques: dans la simplicité de leurs mœurs , une même table les rapprochait de leurs maîtres. La principale nourriture des uns et des autres était la chair de porc et des pâtes maza (i\
A l'ouest de l'Arcadie, était une confédération de petites républiques qui ont insensiblement cédé sous l'ascendant de l'une d'el-
les ,
(i) A th. deipii. L. 4.
fes, la ville ;<FElis (iV Long- témps les >habitans ont vécu comme led Aroadiens , dis* sémjnés dans des hameaux; 4*) '> occupés de l'agriculture : des propriétaires y passaient leurs jours sans penser jamais au séjour des villes ($)• La célébration dés jeux olympiques, instituée sur leur territoire , l'avait fait considérer comme sacré: il était censé sous la protections immédiate de Jupiter et les autres peuples de la Grèce évitaient qu'il se ressentit de leurs fréquentes querelles (4). Tant que cette barrière d'opinion a écarté d'eux lés malheurs de la guerre, ils ont conservé ces habitudes paisibles : lorsqu'elle est devenue trop faible pour les protéger , la nécessité de se défendre leur a fait déserter les champs pour habiter des villes ; c'est alors surtout que l'ascendant d'Elis s'est entièrement, développé (5)i Peu à peu le gouvernement s'y est concentré dans quelques familles (6) , malgré la résistance du peuple qui tendait à reprendre
(1) Herod.L.4, c. 148. Thuc. hisfc L.5tc 3i. Paus. i*M.
(2) Str. Gcogr. L. 8.
(3) Pol. hût. L. 4.
(4) Str. Geogr. L. 8. Paut. in El. .;
(5) Pans, in Lac. Diod. Sic. L. m , c» $4* >
(6) Arût JPolit L. ■ -J* *• - i -
ses droits (1). Wtâs' 1^ èhangémetis dajis les; habitudes n'y ônt jamais été aussi complet», qu'ailleurs: les-Fléens ont pris moins de part qu'aucun autre peuple aux dissentions de la Grèce ; d'où il est résulté qu'aucun autre paya uY^ajf aussi peuplé (2). Des magistrats dis-r séminés dans les, campagnes y terminaient encore, au temps de Polybe , les procès : cette insititution les dispensait d approcher des villes et cet auteur attribue à ces institutions favorables aux cultivateurs l'état florissant que VElide avait conservé (3>5 l'agriculture y était soignée d'une manière remarquable, d'après le témoignage de Pausanias (4) ; c'est, en effet, là qu'il place la culture du Byssus, plante peu connue sur laquelle j'ai proposé mes conjectures dans un mémoire particulier (5). Ce peui de renseignemens que nous avons1 sur les Eléens fait doublement regretter la perte de ceux qui nous manquent: leurs institutions paraissent avoir été sages pu i s-
(0 Xen. hist. gr. L. 7.
<i) Pol. hist. L. 4.
(3) PoL hist. L. 4.
(4) Paus. in El. à *. ... :%
(5) Décade philos. Au il, Nivose 10. Voyex «nui Dt iEeoa. pabl. tt vu. des Arabe* et des Juifs, p. 3S3.
que , même après lè développement de l'oligarchie , Ils ont cônlsérvé une position prospère. Un passage d'Àristote nous apprend qu'il y existait un sériât de quatre-vingt-dix membres (i ); mais il né flous dit pas sur quellô base en était faite l'élection. Une inscription récemment découverte sur le territoire d'Elu fait mention d'Archontes et d'autres magistrats nommés Tdfestts (2): mais on ne peut en tirer aucune lumière sur les fonctions qu'ils avaient à remplir.
Au nord de l'Arcadie existaient deux autres confédérations moins considérables. L'une était celle des Argiens qui d'abord ont eu des
nologie nomme, il s'en trpuve d'évidemment mythologiques , tels qu'Inachus Phoronée, Argus , etc; qui peuvent inspirer des doute* sur la réalité des autres. A la chûte de 1* royauté, les Àrgiens ont adopté le régimef démocratique (3) ; mais des factions n'ont pas tardé à se former chez eux ét depuis ils ont passé , au travers de crises sanglantes , d'abord à l'oligarchie , puis dé nouveau à la
(1) Ari»t Polît L. 5 , c 6.
(2) Mag. eac. 1 8 1 S. Août p. 349*
(3) Pol, hiit. L. iefc 4, .
il •
démocratie, sans avoir joui, à ce qu'il parait , d'aucun intervalle, un peu long, d'existence paisible (i). Ces désordres intérieurs et le besoin de se prémunir contre les incursions des Lacédémoniens les ont obligés à se con<* centrer dans des villes (2)* L'agriculture qui était leur seul genre d'industrie a d4 nécessairement en souffrir-
L'autre confédération était celle des Achéens. Dans l'origine , les républiques qui la formaient vivaient indépendantes ; mais elles ont senti le besoin de s'unir et leur confédération a été la mieux organisée de toutes celles de la Grèce, puisque, en s'unissant, elles ont formé un gouvernement central confié d'abord à deux magistrats et ensuite à un seul (3). Long-temps les Achéens ont vécu paisibles, restant étrangers aux orages qui déchiraient leurs voisins (4)* Entraînés un moment dans la guerre du Péleponèse, ils n'y ont joué que le rôle obscur d'auxi* liaires (5) et quelques irruptions sur leur
(1) Thac. hist. L. S , c. 47 et 764
(a) Str. Geogr. L. 8. ^
(3) Pol. htst. L. % et 5. . ,
(4) Thac hist. L. % . c. 9. Pans. ia Acb.
£5) Thtic hist. JL,. 1 , c. m. L. * tc,6ft. DiocL Stct L, <k.
territoire en ont été la conséquence (i). Ils n'auraient jamais occupé de place dans les pages de l'histoire, s'ils n'avaient pas eu le malheur de se trouver dans la sphère d'ambition des successeurs d'Alexandre. Jaloux de leur indépendance et se sentant forts de leur union intérieure , ils ont osé tenter de maintenir leur liberté. Pausanias compare ces derniers efforts aux bourgeons qu'un reste de sève dévelôppe quelquefois sur un arbre prêt à périr (2). La comparaison est juste si on l'applique au corps entier de la Grèce, puisque la confédération des Achéens avait seule conservé la vigueur de la jeunesse; mais elle est fausse si on l'applique aux Achéens seulement, puisqu'aucun symptôme de caducité ne se faisait sentir chez eux. Cependant leurs forces étaient trop inégales; ils le sentaient et proposèrent aux autres Grecs et notamment à ceux du Péloponèse , de se confédérer avec eux : c'est ainsi que s'est formée la ligue achéenne , dernier effort des Grecs pour conserver un reste d'indépendance et peut-être ensuite la rétablir (3) :
(1) Thuc. hist. L. 2 , c. 25.
(2) Paus. in Ach.
(3) Pol. hist. L. 2. Plut, in Artt.
le génie d'Aratus a beaucoup contribué à à la former et c'est avec lui ,qu elle a pris ses plus beaux développement ( i ). Les Lacédémoniens , £ peine échappés aux dissen-r tions nées des tentatives mai conçues. cF Agis pour
institutions, de sa patrie , ont été les seuls qui sont restés à peu près étrangers à cette ligue: ils y ont accédé quelques temps (2) ; mais cette union n'a été que de courte du-» rée ; saveqglant sur les dangers communs de la Grèce, ils rç'opt pas tardé de retourner à leurs, anciennes Jalousies contre les Achéens f fomentées, saps doute, par les rois de Macédoine qui voyaient avec inquiétude cette ligue augmenter son influence (3). Les Lacédémon iens, ayant fait alliance avec ces rois , les Achéens ont commis la faute d'accepter l'appui des Romains: bientôt ces protecteurs sont devenus des maîtres et avec la liçjm achéenne a fini la liberté de la Grèce (4), Les Etoliens ont comniÎ3 la même faute que
les Lacédémoniens. Ils luttaient contre les
(!) Plut, in Ar. Pol. hht. L. a. Pati*. Cor. (2) 'ïiL Liv. L. 35 , c. 3o ad 3^. „ , . (S) Plut, in Ar.
(4) Pau*, in AcL. „ ,
successeurs d'Alexandre et ont commis la même faute d'accepter les secours dés Romains qui les Ont empêché de s'unir à la ligue achéenhe , parce que , méditant déjà l'asservissement de la Gréée, il importai* à leurs desseins qu'elle ne sè fortifiât pas.
La première confédération des Achëens avait été organisée sur des principes sages , puisqu'elle confiait des pouvoirs suffisans au gouvernement central; mais les autres états du Péloponèse qui vinrent s'y réunir, se refusèrent ài ce mode d'organisation et commirent la même faute qui avait ruiné toutes les confédérations de la Grèce. Leurs jalousies les ont portés à ne point créer de centre d'action revêtu d'un pouvoir suffisant. Aussi les Achéens en étendant leur confédération, loin d'accroître leurs forces dans la même proportion, en ont perdu, parce qu'un défaut d'ensemble paralysait toutes les démarches et , dès qu'elle n'a plus eu à sa* têFe des hommes d'un très-grand talent , capables de suppléer par les ressources de leur génie à ce qui manquait à l'organisation politique, cette ligue a perdu son énergie militaire et avec elle son influence. Née, pour ainsi dire, avec Aratus, elle a déchu après Philopœmen et a fini par
< «es )
disparaître sous la domination romaine (i)* Corinthe, presque sans territoire, et située sûr un so! peu fertile (2) n'aurait eu qu'une existence obscure si- l'avantage de sa position , à Tisthme dû Péloponèse, n'y avait pas attiré le commerce (3): Dans les temps les plus anciens , on dit qu'elle a été soumise à des rois; mais ceux qu'on nomme sont des personnages mythologiques; ce qui rend le fait douteux (4) , d'autant plus qu'on indique son passage à L'état républicain à des temps bien reculés, puisqu'on le fait commencer avant l'institution des Olympiades ( 5). iA l'exception de quelques intervalles où des tyrans ont usurpé un pouvoir peu durable (G), cette république a conservé son indépendance jusqu'aux temps des successeurs d'Alexandre qui , sans détruire en apparence la forme ;de> son gouvernement, influaient sur elle au moyen d*une garnison (7). Corinthe en étant délivrée
(1) Tit. Liv. Epit L. 52. Vell. Paterc. A. t.
(a) St. Geogr. L. 8.
O) Thhc tkÛH L. r ; c. i3.
:(4);Paus. in Cour ; h" T ' ÏT.At:~7s CO J C J! , . . <5) Herod. L. S , c. 92 . . 1 : , .. . ' .
(6) Plut. narr. amat. Arist. Polit. L. 5 , c. 1-. Hcrod. L. 3. Sftr. Geogr.* 8. Dion'. HaL L. 3, c. 46.
(7) Plut, in Arat. Pans, in G«*r. * • t^'
par l'assistant des Achéens , s'unît à leur ligue (i); ce fut le dernier soupir de salir» berté : les Roinains n'ont pas tardé de la sacrifier à ce «qu'ils nommaient leur sécurité r cë peuple destructeur redoutait la position de cette ville "sur deux mers; c'est Tunique niotif qu'eux-mêmes ont osé donner de sa dësfrtictiôn flajH 1 ' On a peu de notions sur l'organisation de cette républiquè; on sait seulement que lé gouvernement y était aristocratique (3): les familles dominatrices élisaient dans leur sein ira premier magistrat qui portait le même titre de Prytané qu'à Athènes 6n donnait à là fraction du Sénat chargée teiriporairement de gouverner (4) : le peuple, presque toujours écarté ides* affaires publiques , n'était appelé à Vdte* en assemblée générale que dans un trèd-petit nombre de cas. Des factions divisaient les familles dominatrices : aux tentatives répétées d'usurper la tyrannie, dont j'ai déjà parlé, se joignent, ; ^)our le~prouver , les nombreuse^ colonies fondées par des émi-
40 Arist. Polit. L. 5 , c 12. Paus. in Cor*
(2) Cic. de offic. L. 1 . c. 11. . r t ,
(3) Plut in Dion. Herod. L. 5, e. $z.Sync. chroa. p. 175.
(4) Paus. in Cor.
voyées pour lies besoins du commerce , comme on aurait pu le supposer d'une république commerçante:, si le témoignage des anciens n avait pas été contraire (i) ; mais les lutter de ces factions ont frappé , les individus sans nuire à la stabilité du gouvernement (2) : ce dernier avait en lui un principe de force parce que l'aristocratie y était constitutioçelle et non pas l'exercice abusif d'un pour voir usurpé, par quelques individus qui faisaient taire les lois.
. Le commef ce aurait dû développer l'indu*. trie manufacturière à Corinth*.; maisMJf$ mêmes préjugés qui la comprimaient dans reste de ta Grèce y existaient , si Hérodote, •à je puise ce fait ne s'est pas trompé (3)* On serait toutefois disposé à penser le con-* traire, d'après la perfection où plusieurs pu* vrages d'arts ont été portés dans cette ville (4h Aucun historien ne nous fait connaître si le
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Plut, ac sert wmiu. wind. Str. Gfcogr. h. 8. Diod. Sic. L. iS, c. 40, 57, etc. Thnc. hist. L it €♦ aitt l5« r* a»
(2) Polyœu. Slratag. L. !, c. 41, • .^3) Hcrod. L. *,*'c 167. .1 '
(4) Ath. deipn. L. i. . .v '; — ■»"! . »
commerce à seulement été appelé par la position géographique de Corinthe, ou à de» mesures d'administration y ont aussi contre bué. Toutes les questions économiques dont on sent de nos jours l'importance, sont restées étrangères aux écrivains de l'antiquité. Serait-ce comme mesure de ce genre qu'il était défendu aux Corinthiens de vendre au-< ptm de leurs vaisseaux (i) ; mais si elle avait pour motif l'encouragement du commerce le but était manqué, car tout ce qui gêne l'emploi de: la propriété nuit au développement de l'industrie.
Hors du Péloponèse, en remontant vers le nord, se trouvait la Phocidè. Les habitafns, Secondés par un sol fertile , s'adonnaient à l'agriculture te): ils sont restés long-temps étrangers aux partis qui divisaient la Grèce, C'est cependant là que s'est formé le premier germe de la guerre «fui a porté les premières atteintes à sa liberté. Soit que cette guerre ait tiré son origine » comme Aristote l'a dit , d'une querelle pour un héritage , à laquelle les deux contendans ont eu l'art d'intéresser des peuples
(i) Herod. L. 6 % C 8$, p
v(i) Paua. in Ph#«. Vi . r ,
vbîsîns (1 ) , ou /comme d'autres l'ont raconté , que l'envahisseihent de quelques terres consacrées au temple de Delphes Tait provoquée (2) , ou eiifin qu'elle ait eu pour cause les antiques inimitiés qui existaient entre les habitans de Delphes et ceux du reste de la Phocide (3) , c'est pendant la guerre connue ^ous le nom de sacrée , qui en a été le ré-» sultat , que s'est manifestée l'ambition de Philippe , roi de Macédoine : il y a trouvé un prétexte pour s'immiscer aux affaires intérieures de la Grèce et y faire entrer ses troupes (4). -r- •
On ne connaît pas rorgâm$atioh intérieure de la Phocide : les historiens n'ont commencé A en parler qu'au sujet de cette guerre qui a:fini par la destruction de ses villes et le ravagé de son territoire (5) : ^depuis lors, le* Phocéens ne seront plus relevés.' V Au nord de lâ« Phocide , une&iHre fédérai tïon de républiques formait là- Bteûtie; elles discutaient leurs intérêts communs dans une
(1) Arist Poiit -L. 5/ bi 4/O inJnoaflfibn'jir.î
(2) Paus. Phoc. Diod. Sic. L. 16, ,
(3) Paus. in Phoc. c. 34. Thuc. hist L. 1 , c. 112.
(4) Justiu. hist. L. 8. •€* * • » a •bov'H ('\
(5) Paus. Phoc. Dam. de falsa légat ■> * " fcwi 4
diète centrale présidée par onze chefs ou bœo~t targues , élus. chaque année , et qui joignaient, aux pouvoirs civils le commandement des armées (i). Dès les temps les plus reculés, les Bœotiens se sont occupés de l'agriculture , puisque Hésiode , qui en a fait l'objet d'un poème, est né au milieu d'eux. D'après leur caractère , plus calme que celui des autres Grecs , si on en excepte les Spartiates , ils, ont été moins accessibles aux dissentions qui ont déchiré la Grèce, et les factions qui se} «ont formées dans leur sein, n'ont jamais étendu leurs effets jusqu'à les éloigner de la culture de leurs terres c'est à elle
qu'ils ont dû l'aisance dont ils jouissaient. On observe chez eux le même mépris pour les arts que dans le reste de la Grèce. Une loi excluait des fonctions publiques tout* homme qui les exerçait ou qui s'occupait, d'un commerce quelconque et prolongeait même de dix années cette exclusion après qu'il y avait renoncé (3). H paraît, par conséquent, que tous les citoyens pouvaient être.
(1) Plut, in Pelop. Diod. Sic. L, 1 5. finie, hist. L. 4 . ç. gr.
(2) Str. Geogr. L. 9.
(3) Arist Polit. L. 3, c. 3.
éligibles et que leur organisation était démocratique. Cependant Foligarchie a fini par à'y établir; mais c'est par l'ascendant abusif qu'ont pris quelques familles, plutôt que par un changement positif dans les institutions. On n'a presqu'aucun renseignement sur l'organisation intérieure de la Bœotie, tant sou# tes rapports des pouvoir* attribués à la diète Centrale que sous ceux des droits des citoyens. On n'en a pas davantage sur les lois qui la régissaient ; aucun auteur ancien connu n'en a parlé. J'en remarque seulement une dans la compilation d'AElien. Il dit, que Pex-' position des enfans y était' prohibée et que les parens trop pauvres pour les élever s'adressaient anx magistrats qui s'éri chargeaient et les faisaient élever comme esclaves publics ï>: cette loi est d'autant plus reinarquable que chez la plupart des autres Grecs 9 même chez lès Athéniens, l'exposition des enfans était tolérée (2).
Dans le nombre des républiques qui formaient cette fédération , était la ville de Thèbes dont on fait remonter ht fondation
(1) MX. var. bis t. L. 2 , c. 8.
{2) Fiat, de rep. L. 5. Pet. leg. «tt. p. 144.
tox temps les plus reculés ; il parait qu'elle est dûe aux Péksges ? c'est le lieu de la Grèce où les femmes ont conservé le plus4 long- temps Fusage de se couvrir d'un voile pour paraître en public , ne laissant paraître que les yeux 0 ). Insensiblement Thèbes a prisr de l'ascendant sur la fédération (z) et quelques familles qui y avaient usurpé un grand pouvoir y ont introduit cette oligarchie abusive dont j'ai déjà parlé et qu'aucune loi n'avait consacrée. Ce sont elles aussi qui ont entraîné la Bœotie dans le parti des Perses , lors de leur expédition contre la Grèce , et qui ont ainsi préparé les malheurs de leur patrie (3) ; car la Grèce, libérée de ce danger , a cruellement puni cette défection (4). Le parti démocratique, appuyé par les Athéniens, a repris ensuite de l'ascendant (5) ; mais les maux quV vait éprouvé la Bœotie , le désordre intérieur , né des partis toujours en présence , l'avaient affaiblie ; aussi n'a-t-elle eu depuis qu'un beau
(1) Dicaarch. de statu Graeeùe apud Geôgr. min. Huds.
T. i, p. ô et l6.
(2) Xcn. List. gr. L. 5 et 9. Diod. Sic L. i3.
(3) Herod. L. 9 , c. 88.
(4) Just bist L. il, c 3. Pins, in Boeot;
(5) DemoKh. m LepU Pol. hi*t. L*' 6 . Wiod. Sic L. $.
moment et elle Ta dû au génie d'Epaminondas : avec lui, les Bœotiens sont devenus re-% dou tables; après lui, s'est éteint Y esprit guerrier qu'il avait su leur inspirer Ci): car leur résistance , lors du siège de Thèbes par Alexandre , n'a été qu'un acte momentané de désespoir ; leur peu de prévoyance antérieure le prouve (2).
L'Eubée , tle voisine dé ses côtes, a été long-temps habitéè par des peuples qui formaient des républiques distinctes et ce sont leurs dissentions intestines qui les ont affaiblies (3)- La ville de Chalcis, Tune de ces républiques, a eu > dès les temps les plus cmciens, un commerce étendu:, puisqu'on lui attribue la fondation des plus anciennes rér publiques grecques de l'Italie et delà Sicile OO ; elle en a formé aussi sur les côtes de la Thrace (5).
On
(1) Just. hist. L . 6 , c. 8. Diod. Sic. L. iS. ML tu. hist. L. 7, c. 14.
(2) Diod. Sic. L. 17, c. 11. Arr. Exp. Alex. L. 1, c 8.
(3) Diod. Sic. L. 16. c. 7. Demosth. de çorona. Thuc. hist. L. 1 , c. iS.
(4) Thoc. hist L. 6 , c 3 et 4. Str. Geogr. L. 5 et 6. Diod. Sic. L. 14 , c. 14*
C5) SU. Geogr. L. 10. Plut «mat. narrât,
On connaît peu de chose sur l'organisation intérieure de toutes ces petites républiques. Au milieu des factions qui les agitaient, quelques familles plus influentes par leurs richesses $ leur popularité ou leurs talens, y ont introt duit un pouvoir oligarchique d'usurpation* plutôt que constitutionnel (O- Il s'y est fbvi mé , dit Aristote, une classe d'individus sous le nom hippobotes , qui s'^tant chargés do former à leurs frais un corps de cavalerie, en ont pris le motif d'usurper d'immense* pâturages au' détriment de l'agriculture (a). Les Athéniens ont de bonne heure étendu, leur influence sur les peuples dont les^diviwons paralysaient les moyens de résistance (3) et ont fini par y dominer (4), et, comme partout, ils y ont favorisé le parti démocratique (5).
La Thessalie. formait -, au nord de la Bœotie, une autre fédération, ou^ plutôt, une simple agglomération de républiques , puisque
le vœu de la majorité dans la diète centrale
(1) Artst. Polit. L. 5, c. 4*
(a) Arist. Polit. L. 4 , c. 2. Hesycb. vote ippobotai,
(3) Œsch. in Etos. Diod. Sic. JL. îz.
(4) Herod. L. 5 , c. 77.
(5) Arist. Polit. L. 5, c 4 016. a
ta
n'était obligatoire que pour celles qui y avaient adhéré (i). L'oligarchie, qui s'était développée dans le sein de chacune d elles (2) , contribuait beaucoup à faire conserver ce système vicieux , parce que les familles qui avaient usurpé le pouvoir craignaient qu'un gouvernement central ne s'opposât aux abus qu'ils pouvaient se permettre (3). L'extrême division d'intérêts , conséquence d'une pareillé organisation, ne permettait aux Thessaliens ni force publique , ni moyens de résistance au dehors ; aussi Philippe de Macédoine les à soumis sans efforts (4).
- Sous plusieurs rapports , les Thessaliens ressemblaient aux peuples de la Germanie. Comme eux, ils tenaient avec ténacité à leurs habitudes (5) ; ils aimaient leurs chevaux : l'homme en présentait un à son épouse le jour de ses noces, orné de tout son équipage militaire (6) : un tel présent aurait été plus
( . ) Ttiuc. hist. L. 4 , c. 78. Diod. Sic. L. 1 8. Tit. Liy . ù 35 , c. 3t. L. 36, c. 8.
(2) Thuc. hi*t L. 4 , c. y 8.
(3) Thuc. hist. L» 4 , c 78.
(4) Diod. Sic. L. 16. Jusfc hwt. 1* 7, c. «.
(5) Ath. deipn. L. 14.
(*) /El. de .mu u. L. 11, c. 34.
naturel de la femme à son mari. Leur cavat lerie avait de la réputation et la race de chevaux qu'ils élevaient était estimée (i ). A ces traits de ressemblance doit être ajouté Je goût pour» la table qu'ils portaient, comme eux, au-delà des bornes (21, et, peut-être aussi y leur respect religieux pour les cigognes (3), st remarquable encore chez le vuL* gaire en Allemagne, .-a Pendatit que l'oisiveté et les plaisirs occu-* paient leur existence, la culture de leurs terres était exécutée pa* des setffs dont la condition parait avoir été plus dure que celle ! des Hilotes, puisque ces derniers, liés au sol 11e pouvaient pas en être séparés par les La«r cédémoniens dont ils dépendaient, au lieu qu'en Thessalie les serfs pouvaient être venf» dus séparément et dépendaient, sous tous les rapports > des caprices de leurs maitres (4J(fi Aussi outils saisi toutes les circonstances, qu'ils ont crues fa vorables pour secouer le joug<
mais ces eflbrts, toujours infructueux , n'ont
*.(0 Poi. hist. L.4. Herod. L. 7 ,: c. 19S. <a) Ath. deipn. L. i3 et t^) f
(3) Pl. hist. nat. L.io, c. a3. Phtf.de Iside. ;
(4) Àrist. Polit. L. a, c.
fidt qu'aggraver le poids de leurs maux (i).
Dans quelques cantons, le peuple s'était soumis volontairement au servage et jouissait d'une condition plus douce : il était attaché à la glèbe et ne pouvait pas être séparé du sol; la redevance que ces cultivateurs devaient à. leurs maîtres ^tai* au$$i fixée par des régie-, mens (2). On ignore les causes qui ont pu. les porter à un pareil abandon de leur liberté; mais il est vraisemblable que c'est le peu de sécurité dont ils jouissaient qui les aura conduits à se procura: , ^ moyen de ce sacrifice , la protection de quelques hommes puissans (3).,
Lies institutions des Thessaliens sont trèspeu connues: les< écrits de Cratinus qui en avait fait un traité particulier sont perdus (4). H aurait été à désirer de connaître comment, le servage assez dûr, qui paraît avoir existé chez eux, pouvait se concilier avec une agriculture tellement florissante que le pays fournissait au commerce d'exportation un. excédent de denrées (5). Chez les Spartiates, l'opi-
— <i) ArisL. polit. La, c 7. . t
(2) Ath. deipn. L. 6. Thuc. lus t. l ta.
(3) Le même motif à multiplié les serfs au moyen âge (De l'Econ. publ. et rnr. des Celtes , etc. p. $4).
(4) Ath. dtipn. L. t^i
(5) Xen. kist. gr. ;L. f.
nîou publique conservait à la redevance des Hilotes un taux régulier et modéra qui leur assurait un certain bien-être. Lors même qu'une institution pareille aurait existé en. Thessalie , elle n'aurait pas pu avoir les mêmes effets, puisque la possibilité que le serf fut séparé du sol rendait sa position pré-r caire et ne lui permettait aucun attachement pour des champs que, dans tous les tnstans, il était exposé à quitter.
Les AEtoliens étaient une autre fédération de républiques. Placés sur les côtes de FA^ driatique, ils sont restés long-temps étrangers au reste de la Grèce dont ils n'étaient , pour ainsi dire , connus que par leurs pirateries (i). Il paraît qu'ils ont été long-temps déchirés par des factions intestines (2); cependant ils avaient une diète centrale , comme les autres confédérations ; mais sans force pour se faire obéir, ses décisions n'étaient obligatoires que pour ceux qui y avaient adhéré. Un chef élec-> tif y présidait et prenait , en temps de guerre, le commandement des troupes (3). Un régie-
(1) I linc. hist, L. I , C. I.
(2) Thuc. ibid.
(3) Str. Geogr. L. 10.
ment assez sage lui défendait d'émettre son opinion lorsqu'on discutait dans l'assemblée générale la question de la guerre ou de la paix (i).
Ce peuple jaloux de son indépendance, la voyant menacée par les successeurs d'Alexan-* dre, commit la faute de se lier avec le* Romains , qui se servirent d'eux pour sapper la puissance de ces rois ; mais le* AEtoliens virent bientôt que de pareils alliés de-* venaient des maîtres, et voulurent d'abord esquiver, puis briser le joug dont ils se voyaient menacés. Tant que les Romains ont été occupés de leur lutte avec Ja Macédoine , iU lea ont, ménagés , mais ce royaume une
M^^m^w^^1 1 énergie naUl"
.relle^^gs^^toïiens , et ' les asservirent , non sans avoj£ rencontré de grandes résistances^ Avec plus d'union et de prévoyance, les AEtolierjs,( auraient pu arrêter le développe-» ment de la domination romaine sur la Grèce, Ils l'auraient pu surtout, si au lieu de se livrer à des jalousies contre les Achéens, ils avaient concerté avec eux, qui le demandaient , un ensemble d'opérations. Mais loin
(1) Tit.Liv.JJ. 3$,c. 25.
d'adopter un système aussi sage , et sans doute entraînés par les instigations d'agents secrets des rois de Macédoine et des Romains qu'ils avaient à leur insçu dans leur sein , ils ont' contrarié les vues de cette ligue ; seul moyen qui restait à la Grèce de rester libre (i). > Je ne fais aucune mention des Macédoniens: puisqu'ils n'ont jamais été partie intégrante de la Grèce, et n'ont eu de rapport avec elle, que depuis le moment où leur roi Philippe s'est immiscé dans ses affaires.
De File de Crète*
L'ile de Crète, sans avoir fait partie aussi
intégrante de la Grèce , que les îles de l'Archipel, a constamment eu des rapports multipliés avec elle, et même une partie de, sa population était grecque d'origine (2) ; par sa position géographique, elle parait, en outre,, devoir lui appartenir. Les plus anciens écrivains parlent de l'état florissant de cette île (3). Homère y comptait quatre-vingt-dix villeç, habitées par des peuples d'origine différentes :
(î) Pol. hist. h. 4.
(2) Herod. L- 7, c. 171.
(3) Hes. Theog. v. 97*.
ori y voyait, dit-il, des Grecs achafoî,dei indigènes, des Sydoniens Kidônes, des Doriens et des Pélasges (i) ; ainsi dès ces temps-» là, cette ile était divisée en plusieurs corps politiques, étrangers les uns aux autres, et dont les intérêts, pouvaient difficile ment être les mêmes. Ce qui explique le peu d'union quia existé entreux, et les guerres qui en ont été les conséquences naturelles; de là aussi , les haines nationales , les vengeances et les réactions, dont parlent les écrits des anciens (2;. On peut s'expliquer par elles le nombre des»Crttois , qui s'expatriaient pour aller servir c omme mercenaires , chez les autres peuples (3); il fallait en effet, qu'un ' fiial-être intérieur les y portât à une époque, où le service étranger offrait peu d'attraits, parce que tous les citoyens étant militaires , on n'accordait à ces hommes soudoyés , qu'un rang très-inférieur dans les armées, et aucune considération. Aux époques plus récen* tes, quelques états de la Grèce, amolis et dégénérés, accordèrent à cette classe d'hom-
(x) Hom. Œd. L. 19, v. i73.
O) Pol. hist Plut, de frat. am. L. 4 et 6, e*c. légat ç. 45» (3) Pau$. iu Mess.
mes, une plus grande importance, parce qu'ils eurent besoin d'elle pour remplace* dans les armées, des citoyens énerves, qui redoutaient la fatigue des camps. Si le sert vice étranger des Cretois, n'avait commencé qu'alors, on aurait pu soupçonner que Tau*» bition de jouer un rôle, avait décidé quel? ques-uns d'eux, à tenter ce moyen de fortune, mais puisqu'il a existé en des temps bien antérieurs, il faut considérer ces expatriations, comme ayant eu un tout autre motif , et comme un résultat des dissentions qui agitaient leur île. Toujours armés et en guerre entr'eux, ils avaient acquis dès l'enfance, l'habitude de cet art terrible des surprises, si recherché dans les armées, si destructeur par ses résultats (i). Obligés de se prémunir contre les pièges de leurs voisins, en-» traînés par leurs passions vers le désir de leur en tendre, ils savaient mieux que personne , dresser des embûches , concerter d;'S attaques nocturnes , se multiplier par des atfaques combinées, et c'est surtout par des services de ce genre, qu'i's ont joue un rôle dans les armées grecques. Ce même esprit
(0 Pol. hUt. L. 4.
militaire, et lès ressources qu'il leur fournissait , ont contribué à la longue résistance qu'ils ont opposée aux Romains , avant d'être entièrement soumis (i); leurs dissentions les auraient livrés au premier occupant , si leur état d'insulaire et leur caractère belliqueux , ne les avaient pas protégés (2).
Dès qu'on remonte au-defà des époques historiques, Pile de Crète devient le berceau des fables. On y voit Minos , législateur d'une partie de l'île , sortir d'une caverne pour promulguer ses lois , au nom de Jupiter (3) , qui t lui-même, est né dans une caverne de cette île, et y a son tombeau dans un autre lieu (4). On y voit ce même Minos, devenir ensuite le juge suprême des enfers , tout autant d'allégories , où l'antiquité enveloppait , à une certaine époque, ses connaissances astronomiques, bases de son culte ; mais que Minos ait réellement existé, et soit l'auteur des lois qu'on lui at-
(1) Vell. Palerc. L. a.
(î) A ris t. Polit. L. a, c. 10.
(3) Str. geogr. L. 10.
(4) Meurs, op. T. 3, p. 4o3. Ce tombeau de Jupiter rap-r pelle celui d'Osiris, en Ethiopie et en Egypte, il est sans doute la même allégorie cosmique introduite en Crète par les «Ethiopiens, anciens habitaos d'une partie de cette île.
tribue , ou qu'il soit un personnage mytho^
logique, il n'en reste pas moins constant, qu'il a existé dans une portion de l'ile, dont l'étendue n'est pas bien connue, une organisation politique, semblable, sous plusieurs rapports, avec celle des Spartiates, et dont on le disait le créateur. Plusieurs personnes ont même pensé, que Lycurgue y avait pui^é les bases de son système; mais, ainsi que fe crois l'avoir démontré, son rôle a plutôt été celui de simple réformateur des institutions de sa patrie, que celui de créateur d'un système nouveau ; ainsi , l'existence des mêmes institutions à Sparte et en Crète, doit avoir une source commune où ces peuples les auront puisées. En effet, on voit des Doriens dans le nombre des peuples, qu'Homère et d'autres écrivains, disent avoir anciennement habité cette île (i), sans compter les établissemens postérieurs qu'ils y ont formés ensuite (2). Il est à remarquer. qu'Homère ne parle de Minos, que comme d'un bis de Jupiter, établi juge aux enfers, et ne dit nulle part, qu'auparavant il avait été un
(1) Hom. Od. L. 19, y. 173. Diod. Sic. L. 4 , c. 60.
(2) Diod. Sic. L. S, c. 80. Str. gepgr. L. 10. Arist. politj L. a . c 8.
homme, et avait reçu cette fonction comme récompense (i); ainsi, l'opinion qui Ta fait législateur de la Crète, est postérieure à ce poète. Ceci viendrait encore à l'appui de ma conjecture , que les institutions qu'on attribue à lui et à Lycurgue, étaient celles d'un peuple qui les a portées avec lui , en s établissant dans une portion de la Grèce , dan* Vile de Crète (2).
D'après ce qui est connu des institutions des Cretois, oh y cherchait , comme à Sparte, à consolider l'égalité politique, au moyen de l'éducation (3) et des repas communs, dont le trésor public faisait les frais (4). L'esprit militaire était encouragé par des exercices gymnastique* (5). Mais l'égalité primitive, dont on avait cru assurer la durée par ces instituions, a bientôt été rompue parla disproportion des fortunes , née du droit de.pos-
(1) Hom. Od. L. 11, v. 567.
(2) Quelques anciens ont sonpçouné qu'elles avaieut été introduites <u Çrtte , par des colonies venues de Sparte (;\rist. Polil. L.2.C.8. Pulvb. hist. L. 4. Ephor. in Str. geogr. L. 10) ; s'ils avaient dit, par des Doriens , ils auraient eu raison, puisque «aix-ci ont éîé les ancêtres des Spartiates.
(3) Str. gaogr. L. 10.
(4) ArisL Polit. L. 2, c. 8 et 10. Str. geogr. L. 10.
(5) Àrist. Polit. L. 7 , c. 2.
séder , qui n'avàit reçu aucune limite (1)^ inégalité que les gains du commerce augmentaient journellement (2). Aussi , comme Polybe le fait observer , les repas communs, à peine possibles ch^z un peuple pasteur et sâns luxé y 'ne pouvaient pas se concilier, noa plus que les autres institutions pareilles , avec les habitudes des Crétois, en opposition avec les mœurs; ôr dès qu'une loi prescrit des devoirs, qui sont en contradiction avec les usages reçus ; elle est nuisible, parce que tout invite à la violer, et que ce contraste démoralise nécessairement les hommes; les Crétois, ajoute-t-il,
en sont une preuve (3). »
Ces institutions ont eu les mêmes conséquences en Crète qu'à Sparte. Pendant que les hommes libres vivaient dans l'oisiveté, de nombreux serfs ou esclaves , cultivaient la lerre, s'occupaient des arts, et même faisaient le commerce, car tout leur étaient permis , excepté le port d'armes et les exercices gymnastiques Mais faisaient- ils seuls lé
0) Polit, hist. L. 6.
*-•(*) Pois ibid. — — —
(3) Pol. hist. L. 6. f i , .
C4) Ar. Pol*. L. a, c 5.
( ig° )
commerce, ou la navigation étant honorée f detei minait-elle aussi des hommes libres à s'y livrer ? le commerce n'y a-t-il commencé qu'avec l'inobservance des anciennes institutions, ou cette inobservance est-elle née de l'extension du commerce? ce sont autant de questions qu'il est difficile de résoudre. Il est certainement dans la nature du commerce , de détruire par ses communications étendues et multipliées, tous les angles saillans des caractères nationaux; mais chez les Crétois, il n'a pas eu une influence aussi grande ; ce qui ferait penser que les hommes libres s'en occupaient peu, et en effet, s'ils s'y étaient davantage adonnés, il y en aurait eu moins qui se seraient expatriés, pour aller porter lesarmeschez les nations étrangères ; et si des crises intestines les avaient contraint à s'expatrier* ils auraient choisi pour azyle, des lieux où ils auraient pu exercer le même genre d'industrie*
Nous ignorons l'origine première des serfs nombreux qui peuplaient cette île, et qu'Aristote nomme periœci (i;. Étaient-ils les descendans de quelque ancienne nation sub-
(i) Arist Polit. L. i, c. 10.
juguée par des guerriers , qui ont envahi l'ile, ou descendaient-ils d'esclaves, achetés, qui ont augmenté par leur multiplication naturelle, et par des importations successives. L'une et l'autre origine peut être vraie , mais la première est davantage probable, et elle assimilerait ces periœci aux Hilotes des Spartiates. Je serais d'autant plus disposé à préférer cette opinion , que les; esclaves proprement dits, étaient distingués dans cette île , par le nom particulier de Chrysonetai (i). Les periœci que d'autres ont nommés Aphamiotai et Clarotai (2), étaient de véritables serfs, attachés à la glèbe, qui payaient une redevance pour les terres qu'ils cultivaient Çi). Une portion en appartenait au propriétaire 9 l'autre était versée au trésor public (4)* C'est sur cette dernière sans doute, qu'étaient prélevés les frais d'administration et ceux de ces repas communs, où on avait eu l'idée d'enchaîner le luxe, et qui, après le changement des mœurs, sont devenus une institution
— ^ — 1 1 — — — — — A— — — É—àÉ—
(1) A th. deipn. L. 6.
(a) A th. Deipn. L. 6. Poil. onom. L/3, c. 8.
(3) Arist. Polit L. a, c. io.
(4) Arist, ibid
, inutile à letat et â charge àux individus. Suivant Anstote, ces serfs n'ont pas été dangereux pour les Cretois , comme les .llilotes pour les Laeedémonicns , et les
PeneMes pour les Thessaliens, parée que tous les peuples de l'île avaient adopté la même pulilique, relativement a leur serfs; des lors , ces derniers n'auraient trouvé de lappujohez aucune d'elles pour leurs révoltes (i ).
il aurait été intéressant de connaître la proportion dans laquelle ces serfs cultivateurs, payaient leurs redevances, et ce qu'il leur restait de la récolte : il aurai! aussi fallu sa\oir, si des lois les garantissaient de la rapacité de leurs prop ne à-Laeedémone, ou s'ils ^feMeo^^bcuzHK àltekWes maux du servage. ;£niin il aurait été utile de connaître , les obligations auxquels étaient soumis ceux d'entr eux nui se livraient aux arts et au commerce, et s'ils dépendaient seulement de la république, ou s'ils élaitint dans la dépendance d'un propriétaire qui profitait de leur industrie. Toutes ces quêtions d'un si grand intérêt,- on t^cté négti^tê^ pax~ le^ ancietts y-dont les-eeri tfr nous- resten t. - - i^tte
(i) Arist. Polit. L. a, c. 7 et 9. * J 3 0 *** {V
Cette île anciennement habitée, a éprouvé les inconvénient du long séjour des hommes, les cimes de1 ses monts se sont décharnées» la végétation en a disparu. Théophraste attribuait déjà à cette cause le froid qu'on y éprouvait de son temps* plus rigoureux que » aurait dû le comporter sa latitude (i). De nos jours » t la chaîne centrale se couvre de neiges» qui résistent aux chaleurs de Tété: les vaBoos élevés qui séparent les cimes trop froids pour l'olivier , servent d'asile aux dcscendans des anciens Crétois qui, défendus par leur position, bravent la puissance des Turcs » et conservent ; un reste d'indépendance. Malheureusement on dit qu'ils ressemblent sous beaucoup de rapports» au portrait que Polybe a tracé de leurs ancêtres (a)* »
Considérations sur les causes de la décadence de tous les gouverncmens de la . Grèce.
Le précis que je ; viens de .tra^pr de tous le* peupks qui composaient la, Grèce , prouva
■r -' : i I ii tm i ' ' , ! L
• 0) f feeoph. * ' « i re; - , ;
(0 î^a. Liât l. V . :« i -'J
les immenses lacunes qui existent dans son histoire, sous le rapport surtout de ses institutions. Maint écrivain dit lavoir écrite, et n'a fait réellement que retracer quelques allégories des temps mythologiques, et le narré des événemens du période bien court, oui embrasse l'invasion des Perses, et les rivalités d'Athènes et de Sparte, qui se terminent par la chute de toutes ces républiques ébranlées par les successeurs de Philippe , et subjuguées ensuite par les Romains. Maïs rien de ce qui concerne les institutions de la plupart de ces peuples n'est connu ; celles même qui le sont le plus, présentent des obscurités impossibles à résoudre , au point qu on
séder, établi chez les Spartiates. Connaît-on
une nation lorsqu on ignore les choses les
plus essentielles de son organisation sociale i
neut-on écrire son histoire lorsqu'on nen 1 . ï Jno ?t ••* J liio bUu f
neut décrire que les événemens d Une seule r . . . :;oJ taninJàb
époque? La saine critique exigerait qu on
ne présente ce qui en est connu, que comme
des fraraiens d'un vaste tableau , dont la
. ° . . . i>-uf MÏÏldSÏÏ
majeure partie a pen par Le ravage des siècles.
Ce que j'ai dit, montre la Grèce entière,
composée de plusieurs agglomération^,'^
j 11' 1 L JiP991»7j?* ».
, il n
même des assemblées générales de la Grèce où les intérêts généraux pussent être discutes \ car ^îSSft -verrou s bientôt que le tribunal des mphictions, auquel quelques personnes ont attribué ce rôle, était loin d'y ressembler. C'est ce défaut de centralisation, qui a causé tous les maux de la Grèce: chacune des fractions dont cette nation était composée voulant jouir de la plénitude de son îndépendance, et bornant toute sa politique dani les limites rétrécies de son territoire, n'a rien voulu considérer au-delà. Ce qui çénaîfc ses vues étroites lui paraissait une hostilité, et de tous ces froissemens multipliés, il est résulté que les Grecs ont employé à s'entre1 détruire, tous les élémens de leur Force, lis nont jamais senti, ou en les confondant dans un intérêt commun, ils obtiendraient cfe la Stabilité au-dedans , et de là prépondérance extérieure. Il existait des partis dans tous ces petits états , quelques familles ont voulu s'as-
surér là7 plus ;,fôftëciportioriî9tf^pouvi ont cherché à fonder unë^ligarchiyj' que la majorité des citoyens, q'tfi së voyait dépouillée de ses droits, tendait à les ressai- "sir en rétablissant la démocratie. 11 en est résulté des luttes souvent ensanglantées, où fes "partis ont appelé des voisins à :ours et multiplié les réactions; aif'ffiHRki le ces déchirement/^ constances a porté vers un grand développement de puissance, deux de '«& ^pftfBliques , Athènes et Sparte qui , non *d$fltelïfes de leur état prospère, ont voulu éréncFr^lèur ascendant autour d'elles. C'est afétfs<<rtJë^a Grèce aurait du sentir plus que janï$fé, c~ônibien un pouvoir central, qu'elle n'&Vîiïf pfets, lui aurait été nécessaire, puisqu'il aurait pu comprimer cette ambition à^lMignce, en lui opposant une volonté cônun tint/1 fille aurait prévenu de cette manière, lesAfiaux qui sont nés des luttes de ces det&J publiques devenues rivales, parce** que leurs ambitions se gênaient mutuellement. Elfe* l'ont entraînée dans leurs querellés ,J pàrce que chacun de ses états, devenu faible pour maintenir isolément son indé,pe»dauce 9 a dû rechercher l'appui de l'une ou de iau-
^nWstitutlons tendaient vers l'^r^Jçpratie , jfgM$ÇP3Ât leurs fa^jflps oligarchiques , tandis
tà&V^hmfeï Ç9HXÇ!?»Dt était livré à tousses abus d'une démocratie mal orga-
lfï$$lcti0ns de ces Partîs tour à #?¥£Tc9m'* j^^^^et.çppresseur^d'après les chances de
4fc W¥rVWk *tfftevé lafiaiblissement de ^to^.^çsypetits ^ff^t C'est donc dans le déftlf *9uWir ^M q»je îe vois feigine ^tffovprs quii,,pnt entraîné la chute de la Grèce. Plusieurs écrivains de cette nation l'ont ep^^^s.t i|^soqt d'une époque où elle ~$9Î §ftVflfJa domination romaine , j'ignore
<én wtè&mifr?tmfiuteuT* dont les
u^SîfôScsîîBApPerdus» ont donné des conseils j^iffiMl1?)^^ leurs concitoyens, trop aveuglés *lï»r.4fiWSf^ssi°ns Pour les écouter, .
xusfP1^ P^tendu que, Périclès avait eu l'in- -u^^^yci:! Athènes a ce gouvernement
marqute dans la conduite des Spartiates envers les Athéniens, ^HoraWjtf ^Jnt1 cnValii momentanément lélir ^Hîï^lar pîèt*ïêre , > tyfiWfW^fAll&y* ont kit^ a été l«tahlis*€tncBUj<leir*lijai-
central (i). J ignorerai ^tthflrn^ *VR?rWfr toute, sa conduite connue, il a montré plu*
^fe ejrnepnsolide MW^r^d^yffl*^ 1 av. lit ^jrflwfpti;^^ Réalisé, i|)^ura^ pas cr#t4e ^uve^menl; cen^^j^rajt pu donner de la force 4 la Grèce, il rouirait *éulti»<mt, wmis^ i*^Mi4'4i^Wf
lait &f beaucoup. jÇ^^éci^pi^nl^afli^ ûcmtqu! Athènes ra fluide, jgHff) cgi i#5tffl& a: )évéijte la jalousie de Sparte et j^t^a^r^ iès) luttes qui ont épwis<fe^Pfl&a$)p^0aj4 8asigrftr(p)* ii-iifiiu/i ,-iiïdolè lîfil Jnôl iup Le simulacre de ce pouvoir centiftj , £&&t tait, dans le corps des Anipbictions, trij^urftj Mppo&é des députés , ctes idiflPér^tenpeièpJ^r de la-Grèce (3), mais^il était .^ans^pau£ûi& pour faire exécuter ses décision», jeJUan institution était plutôt religieo^e^^q^i^-eJÎVJli^ puisque Sa principale destination etaïl r'ëTarfte aux choses qui concernaient Iç
x-ft ■, té ■•■ ■> ii » V tÊÊÊÊÊÊÊÊtë rUéL*it*H d » "Ha'Hii^qjiij^,
Pfafc. in î»rf.( ' * - - " ^ »*f " ' " «J «î (a) Thuc. hist. L. r. " >r> ^
(3) Hered. L. 7, «. 200. ./Escn. de fal^ftgat. Str. g^ogr
c te )
Detpfieâ CO : re titete 1110,116 hkramermomï, hà^er^ètalh^ei choses sacrées quëpro»
naît le cbef de ebacone des députatitfiis dont frétait composé, le prouve suffisammenlt (zji Arisâîlfe Romain^ âi jaloux de détruire chez téS ^éuples tonibéa sous leur pouvoir , toutes Mil%itthitions favorables à la liberté, m* )^St i^uvaîeiff1èii ^a£]$£tari tolMhrMiltyP taltq| ils^âiM ^ISsto^'Atophictiohât , dont ils
Sà1 W^rilôn remotrte ^ux1 temps les plus anlS*hs ^èTÙPO?èé*, et son origine est enve^ Wft^tfans les ténèbres des temps mytholo* gîqties (4); on ignore les véritables motift <ïui Font fait établir. Aurait-il eu primitivement des moyens de force qu'il a perdu»
Wiitiburfi tiA li» v\rtncp nac <H)r il en serait
CIISUIW ^ -J" ne ic peux- JJrt3) Lai 11 v***-
resté quelques traces, et il est certain que ■rroviinq priM tir.ifi.li... i iW*"
(è) HèroA L. S, c. Ci. Str. geégf. tu $. XEscfa. 4e faW Icg^t* Sic. Croin auc. colon, p. 83. <- g j j >» • 1 i
(2) Suid. vocehieromemnqnoi» On trouve le meme titre dau^. plusieurs républiques d'origine grecque, qui certainement n'aient i^n' àroft de rointoit lrWdéput4s au tribunal des
ne peu* former que des conjectures sur les. fonction , sans doute analogues , de ces magistrats. . , ,
Pao». in Phoc.
~{4) Harpocr. *occ anfphict. Paos in Pboe.
(( XKt $
p^W^ftwcr d'y obéir. Pour donnes auM^mr
phictions un ascendant utile, il, aurait fallu qu^ ilieâjdfèfre uia simple tribuiaaliii dù> le faiJik nâemandait -justice toriçuiil était op^ primé D fet dont les décisions restaient, souh\ v^nt, inex édu tées (ii)v il eut été < investi d'une f^er^çutive» consentie par la Grèc^ eiin tifcje; ilauifait falta&um^ufttous les peuplespromeut été également représentés * et npn, pa* quelques-uns seùleoaepfc : c^tte anuutooafl tion ,auKait donné une <fi*cç deinWàHa Giièce^^an^ ; toutefois .1* rendre iittincibler^ « ■ m i m h ■ <Arktote; «la i -pensé (a),: -oam.tQus ; ies;a inemvéïiien* 4w *ftdéretk»* .qui manqué d!un. ,geuiTOT**n^n* > centçalr aurftiènt(égal^ ment existé; l'Amphictionat n-auraifc/^ajÉiaifc étà*qw**n tribunal quiv en , faisait Jép*wr les torts de peuple à peuple , aurait préyemi les guerres de peuple à peuple , mais il nia ur pas cjonné 4 la Grèce un centre^ çpojr raun d'actions, à moins que son: institution
(2) Àriit. FoUt.JL.7,C- 7. ,y.,^ „
11 e a t r ,été rteargees (Gtètait ^eo t*é twf <tfcî nfotv
L'ocgan iser ■* sur < de* ^lasrr d'un* «pièfleM^ tidfclphwié^Ie. , *\hu to&ba rM* au anoîîotfkj Ce ?tr i bunai ttrriphiçtion i <f we ;JÎït&uiïteârttt p£utl lecfaltib, tie las Grèce 90* r ton tri btfé iwôi ment à rsa atamey ^mtaptf une de'Às^éa&fefiW inexécuté© va servi ' » de* ' causé ou iaV jn&éxtfe'1-' à-lw gu*rre sacré* :3fe* roï PhHipjjè> V^hseriâipqur' couvrir pse#* vues d 'arribWoii i, 'èft ' se présentant comme un vengeur des dréit*' méconnus dé «e tribunal ( 1 ). Jusqties >ô} lui - ♦ la ; Macédoine frontière de la Thessalièy A,a]irditr'étél connue des^ Grecs que par des guerres partielles efc'de f>eu de conséquence; ilsdo regardaient fomrae étrangère $(ew*îà^ ûaà$%2)ji Philippe laf fit sortir de son ôfescu^ rké^^«]de\^^hez le»^rem où il avait séjourné comiîse sotag* ,ûl avait' appris à le* connaîtra
t^ï^affrèi'SeV observât tori'4 1 Aoàernés :éw lé*' tract* ^rt rest<utt<te U 'hngue des , Macuienioa*, elle, parait jtétre om*
teryee c îcz es A anais actue s . p usieurs au({e& raripçoçhemens indiquent aussi qu'ils en descendent et les Albanais se distinguent encore des Gfecs. Ann, des VôfÏT. 3 , p\ i*S
et suçantes.
et c'est «ans la maison d'Epammor.d^ : aoù H avait VéfeuO^i^û^t a puisé son instrac&ote- et de Expérience (i)^ mais-, sans des *aiens
sù]pré*reurs , il n'en aucait pas tiréilles même parti. H a su inspira tfûx Macédo»iwa^b*tt tusfrar de fréquerté *evers une audàctfaprîlp n*a valent jamais connue et il a eu* Tarit fde 1* fortifier en facilita» tleurs succès auinoyi* dé ^ l'or qu'il avait Yatk de semer auparavant* chez les ennemis. Àdroiià dé(XMivrir;le^pitai cbenssecrets des hommes influens , *ilvy pûi^ sait des moyens de se rendre nécessaire* aasé part» qui déchiraient la Grèce et tous les v*h qu'il ^faisait étaient présentés comme un service qu'il y venait rendre , s'annonçât* comme le réparateur des torts dontr il atoift été souvent Kflstigateut? secret \ c'est ainsi fcnVdi * eti t'adresse de se taire appeler lors de fia guerre sacrée , pour donner force ô l'exécution de l'a vrèt méconnu des A m phi et ion s. Unie fois mêlé aux affaires de la (àrèce^ii n'a pas totfé à se faire nommer commandant.de lnrji.es s< 's forces pour une» guernç ^noj^tée, contre les Perses. Bientôt ces républiques b*m*
rent plus qu'une ombre d'indépendance Ipi'il
(i) Diod. Sic L. 16. Mrr ^ .«.j f > >
ménageait pour mieux couvrir ses vues, mai» ibefii>m^£ayan&J'6nti^ ad^veloppeqaent dç ses projets (t). On ne connaît cet \iomm& eftrflasï actions qpç ipair Jea écrits ds#ïq<irecs qui , naturellement partiaux, ont plutôt laissé apercevoir que fait connaître les talens qu'il avait , et se sont principalement attachés à rjeiareraes défauts. On voit, dans leur nomrr bre., Faccusation de s'être entouré d'hommes car»qrapus ç lui attribuant de les avoir ap* pelés vers lui , parce que ses mœurs étaient dissolues (2). H parait bien plus probable qujl l'a fait par calcul, parce que cette es-: pèce sjab'lMM»m«sr était la plus convenable à ses vnes d'arabifion.r Ce n'est pas en atti-r rant autour de lui les hommes les plus estimables ndejJa dCjBèce qu'il serait parvenu à y faire pénétrer son or pour y acheter des par-» ii sans et ouvrir ainsi une route frayée à ses troupes^ Alexandre son successeur a marché sun dès iaratcéè , niais aVéo un caractère plus fmrtdtèinefitaMidacieuï 1 c'est par des projets] gdéyjrôrp plus que par la corruption qu'il a consolidé son ascendant. Élu d'abord chef par Ji'up ^oasbn-Hpbm b ;nd; 3 ..p aulq Irm
(1) Justin, hisfc. L.
(ï) Ath. deipn. J 3*8 boiO (0
fes Thé^al^ (<).» il *$t parvenu è déeider ^s AVté?i4^ ^te; de, la ..Grèeeyjéu^ à Corîntfc,/ à le. pj^r pour commander en
d^t il(x^€^t,rç$té à ces /républiques 411e i cpui- -*ÇPÊ# fl^ Je«rs forces, les a roi^* la ^^<&<l»" voulait les Homm?* SfeUffigir nUW *? ,«ont (par^^^es,dépo«ilfef9^ ^^é>;voUloir exerça i^mçjitfuw^ I^jrbja^de la Macédoine tend^iept^;j}^|d^- M^A-W de :r^e^8i^^:^uir^ ^^^ss^jnajçnt de force qjui^jau^i^sft)|£
^Y^t altachée ^ ^!^PWi?9^ 1*%*? se? ^ort^,^,^ y*in,
, pour leur opposer une barrière»
Sa prudence avait déjà éteint, ei* partie, les rivalités et les haines invétérées qui empêchaient les Grecs d'unir leurs efforts : peutêtre serait-elle parvenue à leur persuader que de leur union seule pouvait naître cette liberté qu'ils aimaient-encore et quelle aurait
(i) Just. bist. L. ii, c. a.
(?) Diod. Sic L. 17, c 4. An. Exp. Alex. L. 1 , c. 1.
téussi* former de la Grèce entière une repu* Miqu* fédérative, si les Romains, qui por- %êti&à»àeià leurs vues d'ambition sur ces coht&èset dont Fart principal était celui de déiWWfr'tts^ptuples afin d atténuer leurs moyens dë résistance, n'avaient pas ranimé par leurs intrigues les fermens presque éteints âèl'^rfciénnes discordes. L'œuvre des Acluéehs fut fctféantie ; eux-mêmes succombèrent et la Grècefese releva plus (i). Toutefois l'amour Û&$lib&têWfà]mXis cessé d'exister Vjfàl •^i^yî^xiste ëHë6¥eï niais les efforts d&fi#& ^t#^Wlieu à diverses époques *éÉécfes mouvemens passagers, prompts comme tés sensations de ce peuple, mais sans suite-, partk <jue leurs dominateurs ont eu toujours <totff â^rirMèDr^la^lcIésunion chez eux!
-rn&O'DiKt Sic. L. 17» c fa et 63. ?.MiUvn -1uoq : elioTta a*iufil iinu*b ?mi ï ? >\ înii&d r'rin
~i! olttro fvriifin lievitoq »m» • notini ru**! v>r> li/;-jur, »ll^up J,. t Lummm ... t .'.;p
L'impression était parvenue à la page 20 5 , lorsque l'auteur fut enlevé , le 17 Décembre 1824, aux sciences, à sa famille et à ses amis. Le manuscrit étant achevé, on a pu terminer l'impression ; mais le lecteur ne doit pas oublier que l'auteur n'a pu revoir cette portion de son travail.
2og )
. CHAPITRE lit ;
Des colonies ((& , Grecs, i
Rien ne prouve mieux combien sont peu certaines les notions que nous ont transmises, les historiens dé la Grèce sut les épo^esWéuléei de feu* patrie tple l'obscurité dont est enveloppé h s<Hivej3u>de seg .apcieçnes colo-
tœt aux temps mythologiques , dès lors fa; buleux ; ce sont des fils de dieux qui en pn£ fbntîé ïa plupart, et ils en fixent l'époque, au ifcème tetapls où à'wœs Sradjtions peignent
la Grèce peuplée par des sauvages; mais Je* dieux n'ont pas de fils , et les sauvages n'en* voient pas des colonies; il faut, par conséquent, chercher dans un autre état de choses les motifs qui ont fait fonder par les apçien* Grecs toutes celles qui leur sont attribuées* D'après le témoignage d'Hérodote et d'autres écrivains, il y en avait un grand nombre sur les côtes les plus reculées de la Mer Noire , notamment à -l'embouchure des fleuves cjui s'y jettent , et plusieurs d'entr'elîes devaient