‹ De l'économie publique et rurale des GrecsChapitre 9 sur 13 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

Ite t agriculture.

l'exception des Spartiates, et peut-ètra aussi des Thessaliens^ les Grées xmt .été essentiellement agriculteurs. Occupés de leurs, propriétés rurales qui formaient leur prin- ' cipale richesse, ils ont long-temps habité par goût leurs maisons des champs, où ils dirigeaient les travaux de leurs esclaves, et le plus souvent les partageaient. Cette manière d'être s'est conservée jusqu'au moment où les dissentions ; intestines ont détruit la sécurité de ce séjour , et les a forcé de se réunir dans des villes dont les murs aidaient leurs moyens de défense: ce changement dans les habitudes s'est introduit plus ou moins tard, suivant que les peuplades se sont tenues plus ou moins à l'écart des divisions qui ont déchiré la Grèce. Les habitans de l'Elide, protégés par la consécration de leur pays â" Jupiter, ont conservé les derniers l'usage d'habiter les campagnes; au temps de Polybe, encore beaucoup de pro-

priétaires y coulaient leurs jours sans approcher des villes (i). Ainsi les habitons de Tanagre en Béotie , riches par l'agriculture, devaient à ces occupations les mœurs simples qui les distinguaient (2). Ce n'est qu'avec regret que les Athéniens y ont renoncé, à l'instigation de Péricles, au commencement tle la guette du Péloponèse (3). H' fallut l'ascendant d'Epaminondas pour faire prendre cette détermination aux Arcadiens, et à d'autres penples entrés dans la ligue achéenne, et celui-ci a proposé cet tè mesure parce qu'il ne voyait que ce moyen d'opposer une barrière aux incursions des Lacédémoniens (4). Le même goût pour la vie champêtre a existé chez plusieurs des Grecs insulaires "(5).* Ce genre de vivre devait leur donner un attachement bien vif, pour leurs propriétés, aussi chez plusieurs a une espèce de honte était attachée à la vente

(1) Poi. hist. l. 4.

(a) Dic*accL. de Statu grsci» apud. fiçop. min. Hads. T. a , p. «3.

(3) Thuc. hist L. i, c. 14 et iC.

(4) Paus. in arc. Str. geog. L. 9.

<î>) Thuc. hi*t. L. 8 , c. 9.

de celles qu'on avait reçu de ses pères (l) ; la même opinion s'est même conservée jus* qu'à nos jours dans quelques cantons (2). Mais cet attachement a du nécessairement recevoir des atteintes au milieu des longs déchiremens qui ont précédé l'asservissement de ia Grèce aux étrangers, pendant ces luttes prolongées; presque toutes les guerres qui se succédaient presque sans intervalles , n'aboutissaient le plus souvent qu'au ravage des campagnes (3 ;. La sûreté n'y existant plus , elles furent désertées par les propriéjtairesqui se retirèrent dans les villes, ceux qui n'en avaient pas en construisirent, c'était dans leurs murs qu'ils jouissaient de quelque tranquillité, et lorsqu'ils en sortaient pour s'occuper de leqr culture , ils y étaient souvent surpris par leurs ennemis^ et leur sang coulait. Plus d'une fois ils. ont anticipé sur. les dévastation* qu'aurai*!** commises l'ennemi , et ont détruit leurs pros près récoltes comme un moyen de l'éloigner î

<i) Armt polit. L. c.

(a) Am. «tes roy. T.- r+lfr - - —

(3) Thuc. hist. L. 3, c. t.; L. 6, c 3, 18 , 2: ; L. j%c,\o', Xen. hist. gr. L. 4, c. u. Puns, io Lac. Lsocr. ad Phiî etc.

vouant même à l'inculture une portion de leurs campagnes par les mêmes motifs (t). À ces causes qui ont dû affaiblir l'amour des Grecs pour l'habitation des campagnes, doivent encore être ajoutées les divisions intestines de chaque peuplade, nées des dissentions de la Grèce, chaque ville, pour ainsi dire, était partagée en deux factions, qui', tour à tour maîtresses du pouvoir , proscrivaient leurs antagonistes et les dépouillaient tle leurs propriétés (2); il est impossible ÉrbVdes hommes qui pendant plusieurs générations ont été écartés de leurs champs par des crises politiques, aient conservé pour cette existence paisible le même goût qu'avaient eu leurs ancêtres, chez qui ils n'éprouvaient aucun obstacle. Et cependant malgré toutes ces catfses qui auraient pu l'anéantir, ils n'ont pas cessé d'en conserver des traces, ceux même qui ne s'occupaient pas eux-mêmes de l'agriculture , avaient pour elle une prévention favorable. Plusieurs preuves de ce fait existent, et il est d'autant plus nécessaire de les établir, que cette

i\) ^Eneae comment c. 14, i£ èt 25. Tbuc.ftist. L. 1,^9. (zy Xec. hisL gr. L. 5, C. é\ ' " :

opinion est contraire à celle de Montesquieu qui a soutenu, on ne sait trop pourquoi, que les Grecs méprisaient l'agriculture .(r)* • Les proverbes , cette sagesse du peuple dans toutes les nations et toutes les classes de la société , naissent des occupations qui occupent le plus habituellement la pensée. Un commerçant les tire du commerce; un légiste, de la jurisprudence; un guerrier» de la vie militaire; chez les Grecs, un très* grand nombre était emprunté des occupa* tions rurales» Ainsi pour dire d'un homme qu'il était inepte', ils disaient qu'il n'avait pas de soc, en effet, une charrue sans soc ne peut pas pénétrer (a). Pour dire qu'un homme faisait beaucoup dé travail pour peu de résultat , ils disaient qu'il battait beau* coup de paille pour peu de grains ( 3 ). L'échalas a trompé la vigne disaient -ils aussi (4). Pour exprioier que chaque chose doit être faite en son temps, ils disaient: 1* récolte des légumineuses est prête (5> Pour

. , (0 Mont. £«prit dof lois, L. 4, <r. F. ^ K ' (2) Sûid. voce que,: 1

<3) SuiH. voce ekpollôn+ - . (4) Suid. yoce exépmtêsen.

Suid. voce /jjm osprion. - . k

Jire qu'un hornme se livre trop à ses espé- . lances, ils disaient que le cultivateur est toujours riche de sa récolte future (i). Il est inutile de multiplier davantage les citations pour établir ce fait que les Grecs devaient avoir 1rs occupations de l'agriculture, habituellement présentes à l'imagination , puisqu'un si grand nombre de proverbes de ce genre se présentait à leur pensée, d'où il faut conclure qu'ils aimaient à s'en occuper, -et qu'aucun préjugé n'en flétrissait L'exercice, .le n'insisterai pas .sur d'autres preuves qu'on peut tirer des écrits des auteurs grecs, parce que j'en ai déjà parlé m traitant de l'organisation de la république d'Athènes. Mais il est certain que nulle part ils cherchent à combattre des préjugés qui détournaient les Athéniens de l'agriculture; Xénophon, dans un livre qui leur est spécialement adressé, se borne à leur reprocher de l'indifTérence pour les occupations champêtres , et il en accuse la séduction des plaisirs de la capitale (2); Aristore qui dans ses politiques établit en principe que la

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(1) Suid. Toce aci georgos,

(2) Xen. Ecod. L. c.

meilleure des républiques serait uniquement composée d'agriculteurs (i), conseille dans ses Economiques aux propriétaires, de diriger eux-mêmes les travaux de leurs esclaves* de tout surveiller, en un mot, d'être les premiers levés et les derniers couchés dans leur exploitation (2). Consulter, a joute-t-il, un Persan et un Africain , le premier su» ce qui engraisse un cheval, il vous répondra l'œil du maître; le second sur le meilleur engrais des terres, il vous répondra les traces du maître <3). Ce philosophe était loin de croire l'exercice de l'agriculture comme étant au-dessous de l'homme libre. Xéno-r phon en a parlé aussi dans le même sens C4). Enfin cette opinion s'est propagée jusqu'au bas Empire , puisque le compilateur des Geoponiques place la surveillance des propriétaires au premier rang des perfectionne»mens de l'agriculture (5).

Enfin, une troisième preuve résulte du

(1) Arist. Polit. L. 6, c. 4.

(z) Arist. Econ. L. i , c. €.

(3) Arist. ibid. *

(4) Xeo.Econ, . I

(5) Geopou. L.. î, c. 1.

grand nombre d'agronomes grec» qui ont écrit sur l'agriculture, certainement il y en aurait eu moins si ©et art avait été repoussé par les préjugés, auraient-ils consacré leur temps- à décrire des occupations méprisées? le croire serait bien mal connaître l'esprit humain. Quoique «ne liste de noms d'auteurs soit bien stérile, d'autant plus que le plus grand nombre de leu rs écrits sont perdus u j'aj cependant jpru devoir donner en note celle de tous les agronomes dont U nom est venu à ma connaissance, et sans doute il .m'en aura échappé prieurs (i)*

(i) iEscfmoo. jEschtlides. ÀgWhecfes de Chio. Aoftffctffe ^Ijus d j\ tlic ne s* A dbx^p i s tic 1 Hasc» ^^ft^Jrolj^o» d tâ^oo Qft de C) rue. Apollonius de Pergame. Apollodore de Lemnos. Aristote de Stagyre. Àristopbane de Mafias. Aristomacbe d'Athènes. Aristonièues. Aristandros d'Athènes. Arcbitas de Tarante. Acheaagoras. Attale de Pergame. fracchius de Mile t. Biou de Soins. Bolus de Mendes. Cbereas d'Athènes. Cbaraies de Paroe. Chères tus d'Athènes. Cleobule. Cleidemos. Coniades. Crater. tfadis. Démocnte d'Abdcrc. Un autre Démocrite. Didyme rl Alcxnndrie. Brodonra-d* Priende. Bion de€olopho». Dionysius d Utùpie. Dionysms d'fcicée. Diopbanes de Nicée. Doriou. Epaenatus. Epi gènes de Rb odes. Evagon de Thasos. Eubolns.Eudènied'Ath eues. Euphiton. Euphorion. Eupbrauins d'Amphipoii*.. Euphranius d'Athènes. Eutbidême d'Athènes. Hégésias de Maronée. Hérodote de Lycie. Hésiode d'Aschra. Hisescies, Hieron de Syracuse. L«ophaircs. Lysiœacbe. Mt-

Il to'est pas à présumer que tous ont été des écrivains d'un mérite distingué , mai* quel qu'ait été letir talent , le choix du genre qu*îls ont choisi prouve qu'ils comptaient y avoir des lecteurs. Cependant malgré le* lumières qu'ils ont dû répandre, la routine comme de tios jours a conservé son influencé et propagé des procédés défectueux , parce que le cultivateur pratique a peu le temps de Tiré, et lorsqu'il arrive à l'âge où ses lectures lui seraient profitables, fl a déjà Contracté depuis son enfance l'habitude de la manière de cultiver qu'avait son père, et il renonce avec peine à s'en écarter. Théophraste en fait la remarque et signale cette tendance à n'exécuter que ce qu'on a vu iaire comme nuisible car dit-il, comment être sûr de bien agir lorsqu'on ignore pourquoi on agit ( i ). Il cite comme exemple un habitant de Corinthé, où le sol est très -léger, où il convient,

nandre d'Héracté*. MénoQdre de Prime. Ménendw d'Ephésa. Ménétrastft*. Muascos de Milet. Nicesins de Maronéc. Paxamus. Parsis. Pauipliihis d'AjnpbjpolU. PieuUpbanes. Pjtfaion (h Rhodes. Théophile. Tliéophraste d'Eres*. Vindaqius. Ànatoliu» de Berite. Xénopbon d'Efchit.

(1) Tbeop». de caus. plaat L. 3t Ci %i ; :AiK

l'agriculture^

|»r conséquent, d'épierrer leaçhamps , ayaçt été conduit par des circonstances a se . fixer à Syracuse , où le sol est compacte , il vouT lut y faire la même chose et rendit ses champs

stériles (0. , • ;y

Institutions relatives à V agriculture.

'» . . * î • « • * . " : ' * • : * i On n'a que des notions incomplètes sur les

institutions et les lois qui concernaient l'agriculture, parce qu'aucun code des Grec* n'a été conservé , les seuls renseignemens qu'on a pu recueillir naissent de quelques discours des orateurs, où ils ont discuté des questions cpntentieuses entre des propriétaires fonciers. Nécessairement ils laissent beaucoup de choses à désirer, et les ouvrages économiques sont d'une bien faible ressource pour y suppléer, puisqu'aucun n'a parlé des entraves que l'agriculture pouvait rencontrer dans des institutions vicieuses ou ira- * • . , \ i •

parfaites.

~En dolMcompter aV nombre des institutions favorables à l'agriculture, les tribunaux établis dans les campagnes , parce que

(i) Theoph. de caus. plant, h. 3»

r. cj.

lés cultivateurs sont moins distraits de leurs ttavaux. Il en avait existé très-anciennement dans le territoire d'Athènes , du moins pour les affairés de peu d'importance (i ): mais ils furent isupprirné lorsque les chefs de la démagogie tendirent à attirer le peuple dans la capitale. Vraisemblablement il en a existé chez les autres peuples, dont l'organisation intérieure est moins connue , et ils y auront renoncé à mesure que le peu de sécurité des campagnes les a contraint à se rapprocher des villes. On a la certitude qu'il en a existé de pareils dans l'Elide qui a joui plus long-temps de sa tranquillité (2). -rl On n'a aucun renseignement sur la manière dont la justice était rendue aux Hilotes et aux serfs de la Thessalie: comme leur dépendance était limitée, ils devaient avoir des tribunaux pour juger leurs différens, leur sort en cela devait différer de; celui des esclaves, qui dans plusieurs cir-» constances n'en ont pas eu, puisqu'ils étaient

(1) Arist. polit. L. 4 , c. 16. Thuc. hht. V. », c. 4. Alciphr Enist. L. 3. p. 49. Poil. onom. L, 8 , c. 9. (») Pol. l*i*t.L. 4.

dans l'absolue dépendance de leurs martres. Mais on ignore de quelle pâture ont pu être ces tribunaux, si leurs maîtres se sont réservés le droit d'y siéger, ou s'ils ont seulement autorisé de simples arbitrages ou tribunaux subalternes composés d'Hilotes ou serfs; Aucun tribunal ne jugeait les discus* sions qui pouvaient s'élever entre le maître et le serf, puisque l'opinion publique devait seule retenir le Lacéd^monien qui aurait dé* siré faire peser sur lui des prétendions injustes; s'il avait existé des tribunaux de ce genre, Lycurgue les aurait investis 4s cette Surveillance, ce que les anciens n'ont pus. dit , il n'ont parlé d'aucun autre frein que l'opinion publjflue.

. Une autre institution extrêmement favorable à l'agriculture, était la facilité de faire des ventes et échanges sans qu'ils fussent grevés d'aucun droit. L'opinion publique improuvait il est vrai, celui qui aliénait l'héritage de ses pères, mais c'était sous le point de vue de dilapidateur % et la même cen* sure n'atteignait pas les ventes des biens provenant d'acquisitions , et dans aucune circonstance le gouvernement ne l'entravait par un droit ou un impôt, les gouvernemens

d'alors moins fiscaux que les modernes , n'avaient pas imaginé ce moyen de ra lien tir les améliorations agricoles. Xénophon dit que son père avait formé sa Fortune en achetant des terres négligées , qu'il revendait ensuite après les avoir mises en valeur, pour en acheter d'autres auxquelles il donnait les mêmes soins (i). D'après cet exemple il conseille aux personnes qui ont l'intention de diriger elles-mêmes leurs cultures, de faire préférablement l'acquisition d'une terre inculte parce qu'elle changera bientôt de nature par leurs soins (*> Ce conseil ne serait applicable de nos jours que la où les impôts n'absorbent pas une trop forte portion des bénéfices de culture, et là où le revenu des terres n'est pas trop disproportionné avec celui de l'intérêt de l'argent dans le commerce. Il convenait particulièrement à la Grèce: où les impots portaient sur l'universalité de la fortune, où, par conséquent, les capitalistes avaient peu d'à van-, tages sur les propriétaires fonciers , où , par conséquent, l'impôt était davantage propor-

*0 Xen lcon. L. 3, c. 14.

tionné à l'état réel des fortunes que là où. l'impôt direct porte sur les terres seulement , tandis que les capitalistes ne sont atteints que par les impôts indirects qui pèsent aussi sur les propriétaires fonciers ep sus de l'impôt qu'ils ont déjà payé. , ,

Mais en même temps que les lois ne portaient aucupe entrave aux ventes:, elles avaient établi un mode de donner de la sécurité aux acquéreurs: l'institution était de l'Attique, il est incertain qu'elle ait été communer au reste de la Grèce. Un propriétaire dès qu'il avait emprunté une somme quelconque sur sa propriété , était tenu de l'indiquer par une affiche placée dans l'endroit le plus apparent de sa propriété (i); ce moyen qui parlait aux yeux et remplaçait les bu-, seaux d'hypothèques modernes, convenait davantage à un peuple dont le territoire était limité, qu'il ne l'aurait fait à des pays plus, étendus. • • . » . •

La saisie des propriétés pour dettes étaitautorisée, mais il était défendu d'entrer, pour son exécution , dans la maison du propriétaire

(i) Demosth. ady. Ph*u. Suid. voce oros.

«prïétaire pendant son absence ( i ) ^ mais cette loi parait avoir été dictée par le motif de la vie retirée que l'usage imposait aux femmes,, plutôt que par le respect de la propriété. Les opinions ont varié sur l'extension qu'on pouvait donner aux saisies; Plutarque assure qu elles n admettaient aucune limite, et que les instrumens du labourage et les bœufs pouvaient être saisis (2) ; Diodore dit que ces instrumens formaient une exception (3) ; QEneas le dit des armes (4); Mais si la loi avait admis des exceptions pareilles, il me parait que Démosthène en aurait fait usage dans^le plaidoyer que je viens de citer , où il soutenait les droits d'un homme dont on avait saisi et spolié la maison en son absence (5); son silence ferait penser qu'elles n'ont pas existé, ou du moins qu'elles n'existaient plus à cette époque-là.

Des lois statuaient sur les dommages que respectivement des propriétaires voisins pou-

(1) Demos tli. in Everg.

(a) Plut, de vit. usura.

(3) Diod. Sic. L. 1 , c. 73.

(4) Œu.. comra.c. 16.

(i) Dcmo#th. in Evcrg,

vaient sepdrterf 1) , mais on en connaît peu de dispositions. L'une d'elles défendait de faire déverser par des obstacles, les eaux pluviales sur des propriétés riveraines, chacun devant leur ménager un écoulement dans la pente naturelle du sol (2), quant aux cours d'eau réguliers , il était défendu de lès détourner à son profit au détriment de ceux qui f avaient droit (3). Un propriétaire qui manquait, d'eau sur son terrain avait le droit d'en puiser pour son usage chez ses voisins ; mais la quantité en était déterminée pour éviter les abus (4)* On né pouvait creuser une fosse ou un puits qu'en dedanfc de Ses limites, à une distance égale à la profondeur qu'on voulait leur donner (3)^ La distance où on pouvait planter des arbres était également réglée , et variait *de fcihq à neuf pieds suivant leur espèce (6). .

Le droit de clore lès propriétés ne recevait d'autres limites que la réserve de ne

,(i)Suid..Yoce Karpoudiki. ' '

(i) Demostb. in Callich.

(3) Plut, in Tkemisth. Msàx. de faha légat. « '

Plot» in Sol. J • (S) Plut, in Sol. et de yi». usura * ' ' ,K

(6> PluU in Sol.

porter aucuri dommage aux propriétaires riverains (i)* On voit qu'il est fait mention de haie» Vives dès les tenîps d'Homère; ce te en parle en plus d'une occasion (2). On en voit aussi l'existence à des époques postérieures; Cimon pour se populariser fit

ouvrir ses clôtures, afin que le peuple d'Athènes put cueillir des fruits dans ses propriétés (3). Des auteurs de diverses époques en ont parlé (4), et les agronomes ont donné des conseils silr la meilleure manière de les former (5). Malgré cette facilité de clôre les propriétés , il est cependant douteux que toutes l'aient été, car il en aurait résulté avec le peu d'étendue que les propriétés avaient en général, que le pays aurait été esscessivement couvert, dès lors aurait opposé des obstacles aux mouvemens de la cavalerie, et facilité de nombreuses surprises dont les historiens qui sont entré? dans tant de dé-

(r) D*me*th. (a C&lrd.

(a) «pm, 04. J4, ?. If | JU »4t t, 29$. il. U ai , r.

(3) Plut, in Cim.

(Q DemostL. in CiîîcL Ljs. de sacra olir a , Suidas t<** sicrct. etc. -4

(5) Goopon. L. 5 , c. 4 ; L. 9 , c, 6.

( 372 }t:v yr-i;noAlkl^

ttfîls sur les événemens milttafres, *wraifl* eu plus sot/vent occasion de parler qu'ils ne l'ont fait; leur silence me ferait penser que les propriétés voisines des fauxbourgs , Jj&s vignes et autres cultures pareilles seulement étaient closes ; mais que celles plus éloignée^, et surtout celles consacrées à la culture ^es céréales l'étaient beaucoup moins. Un fait favorise cette conjecture, c'est surtout $yî& lè voisinage des villes que les historiens in~ -cliquent le petit nombre des surprises dojbt ils ont parlé (1). Cette grande division des propriétés dont je viens de parler , était un but que tous les anciens législateurs de la Grèce ont cherché à atteindre, niai* les lois d'aucun d'eux ne sont parvenues à lui* donner des bases stables, le désir que plusieurs avaient d'aggrandir leur propriété d'un aMf&hJk* l'autre, la nécessité où d'autres se trouvant d'aliéner la leur, ont constamment mis obstacle à cette égalisation des propriétés, -, q*ie ces législateurs avaient eue en vue. J'ai déjà fait observer que dans les derniers temps de la république des Spartiates 7 un/ très-

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