‹ De l'ectopie inguinale du testicule: Son traitementChapitre 9 sur 14 · LT AR AE · texte numérisé non relu

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sance il est porteur de cette tumeur, dont le froissement ou la pression détermine chez lui une douleur syncopale (1), analogue à celle qui est déterminée par la compression du testicule sain.

Cette douleur fait parfois défaut, M. le Professeur Le Fort ne put la déterminer chez un jeune homme de 16 à 17 ans, atteint d'ectopie testiculaire inguinale, venu dans les premiers jours de novembre à la consultation de l’Hôtel- Dieu (2).

L'orchite sera soupçonnée, si outre les signes habituels de l’inflammation le rwbor, calor, tumor et dolor de Gelse, on apprend du malade qu'il vient d’avoir la blennorrhagle, qu'il à reçu un coup, qu'il a fait un violent effort... etc... Il ne faudrait pas confondre avec un bubon ou un ganglion engorgé. Là encore l'examen du scrotum lèverait les doutes. — En présence de certains symptômes généraux (3) on pourrait songer à un étranglement herniaire. Si les selles faisaient défaut, si le malade avait des vomissements fécaloides, le diagnostic serait difficile : dans ce cas il faudrait s'enquérir avec soin des commémoratifs.

Une tumeur en bissac plus ou moins volumineuse, se prolongeant ou vers le serotum ou sous les téguments de l'abdomen, tumeur fluctuante, disparaissant ou diminuant notablement dans le décubitus dorsal, éveillerait l’idée d'une hydrocèle.

4) Douleur qui porte au cœur, disent les malades, et qui entraîne en effet la syncope, doit être rapportée au plexus spermatique (Velpeau).

{2) Ce malade à qui M le Professeur Le Fort fit construire un bandage à pelotte bifurquée n’est malheureusement pas revenu à la consultation et nous n'avons pu avoir son adressse.

(3) Voir page 23.

me.) Ne

La croissance rapide du cancer, sa forme qui d’abord régulière et:non adhérente aux parties superficielles finit par s'y confondre, devient bosselée, molle et douloureuse, ne pourraient guère laisser de doute à l’esprit.

S'agit-il de hernie ? et craint-on de confondre avec une hydrocèle : on reconnaîtra que les symptômes observés ne sont pas dus à une hydrocèle, à ce que le liquide donne un son mat à la percussion, semble fuir sous les doigts en se réduisant et disparait sans gargouillements 1). — « L'épiplocèle forme une tumeur marronnée, formée de différents lobes » et ne pourrait être prise pour le testicule qui présente : «une masse uniforme, arrondie, facile à circonscrire (2). »

Quant à la hernie étranglée on connait assez ses symptômes habituels, pour que nous ne croyions pas devoir les indiquer ici.

Traitement. — Contre l’ectopie inguinale simple de l’adulte, il est curieux de connaître le traitément radical préconisé et tenté par Chassaignac. (3) «J’ai essayé d’employer la ventouse, dit ce chirurgien, chez un individu dont le testicule était au voisinage de l’anneéau. — Pendant trois mois j’appliquai journelléement nne ventouse dans le but de faire marcher le testicule ; maïs ce fut en vain. La ventouse n’était pas plutôt enlevée que le testi-

(4) Le Dentu. Thèse d'agrég. p. 159.

(2) Godard. loc. cit.

(3) Chassaignac. Discussion au sujet de la thèse de Lecomte — B. Soc, chir. 1852-1853 page 100.

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cule remontait brusquement . il arriva même que sous l'influence de ces manœuvres, il survint une hydrocèle, peut-être même un commencement de hernie. »

Cette méthode n’a donc pas donné de résultats de l’aveu même de son auteur et de Michon (1) contemporain de Chassaignac :

« J’ai chez un adulte de 25 à 30 ans, appliqué aussi, sans aucune espece de succès des ventouses. »

Aussi est-on réduit dans la plupart des cas, au traitement palliatif consistant à appliquer un bandage dont la pelotte échancrée ou fourchue (2) ne blesse pas le testicule et obture néanmoins l’anneau profond du canal inguinal.

Certains chirurgiens toutefois n’ont pas voulu rester

désarmés en face d’une pareille anomalie. — Blandin (3), conseilla la ténotomie sous-cutanée de l’un des piliers dans les cas d’étranglements du testicule — Kock de Mu-

nich fut plus audacieux.

OBSERVATION. — Chez un malade de 26 ans, atteint d’ectopie inguinale temporaire, le testicule étant très douloureux pendant le moindre exercice, ce chirurgien fit une incision depuis le testicule jusqu’au fond du scrotum. Le testicule fut descendu et fixé par une suture. La guérison fut longue, car la glande tendait à reprendre sa position première.

La chirurgie française reculerait devant une opération

(1) Michon --- idem.

(2) Debout, Follin ont employé ce procédé avec succès. (3) Demarquay — Disc. Soc. chirurg. -— Bulletin. 1851. Tome Il. P. 182.

semblable, présentant tous les inconvénients etaucun des avantages de la castration, dont nous parlerons plus loin.

La chirurgie, disait Michon, que nous citions tout à l'heure, doit-elle et peut-elle intervenir pour favoriser la descente du testicule ? La médecine opératoire me parait devoir être mise de côté... Chez les adultes il y a peu de chose à espérer, peu de choses à tenter (1).

Les judicieuses paroles de cet auteur, motivent l’abstention de tout moyen curatif lorsqu'il s’agit d’ectopie inguinale simple chez un adulte.

Lorsqu'il existe une complication c'est tout diférent.

L'orchite sera traitée comme l’orchite scrotale, par des émissions sanguines, des bains, des cataplasmes émollients, du repos. Pott, Velpeau et bien d’autres ont obtenu des succès de cette façon.

Si le testicule enflammé était préalablement silué dans l'abdomen, devrait-on l'y refouler, comme le faisait Richter ? Ne serait-ce pas courir au devant d’une péritonite ?

Godard a préconisé la ponction de la tunique vaginale, ce que bon nombre de chirurgiens pratiquent avec succès pour certaines lésions inflammatoires (2) localisées.

Ces divers procédés, sauf celui de Richter, produiront

(4) Michon loc. citato et Debout qui « blâme toute opération sanglante dans laquelle on va chercher le testienle pour l’amener au dehors ».

(2) Piqures de Dobson. — Nous avons vu fréquemment à l'hôtel-Dieu de Paris, M. le professeur Le Fort, suivant en cela la pratique de Laugier faire avorter un phlegmon par de simples piqures, ou entraver la marche d'une ostéo-périostite au moyen d'une très petite incision du périoste.

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