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CHAPITRE IV

Développement du rein

EXPLICATION EMBRYOLOGIQUE DES ECTOPIES RÉNALES

Le développement du rein définitif de l’homme a donné lieu à une quantité considérable de travaux. Si tout n'est pas encore absolument clair dans l’embryologie de cet organe, les données actuelles sont cependant suffisantes pour nous permettre de comprendre la plupart de ses anomalies.

Parmi les travaux importants sur lesquels sont appuyées les théories modernes de l'embryologie rénale, 1l faut citer ceux de KE1BEL qui sont fondamentaux et ceux de Haucu, de Scurer- NER, de FÉuIx et de PonLman qui a justement envisagé les anomalies du rein et de l’uretère.

On sait que l’uretère définitif se développe aux dépens du canal de Wolff, ou uretère du mésonéphros, par un bourgeon qui apparaît chez l’homme entre la cinquième el la huitième semaine. (His, KeiBeL.)

C’est à la partie postéro-interne du canal de Wolff que naît le futur uretère, au point où ce canal devient horizontal pour gagner le cloaque. Cette disposition est constante chez tous les mammifères.

Ce bourgeon croît d’abord directement d'avant en arrière ; il est renflé à son extrémité postérieure, tandis que le pédi-

Fi. 2 et 3. — Développement du bassinet chez l’homme (d’après Schreiner.)

4. Canal de Wolff. — 2. Bassinet. — 3. Intestin. — 4-5. Pédicule de l'Allantoide

Tes,

cule s'étire de plus en plus : l'ensemble constitue une sorte de champignon. La tige étroite représente l’uretére, le renflement qui la coiffe,le bassinet. Bientôt le renflement terminal vient buter et s'aplatir contre la colonne vertébrale : il se di-«

F1G. 4. — Développement du bassinet (d’après Schreiner).

1. Canal de Wolff. — 2. Bässinet. — 3. Uretère. — 4. Intestin. — 5. Péd, Allantoïde.

vise alors en deux branches: une supérieuré, ou crâniale,uneinférieure, ou caudale, qui sont les deux futurs grands calices. L'ensemble constitue le bassinet primitif. C’est à peu près à la hauteur de la deuxième sacrée que l’uretère est arrêté dans sa progression d'avant en arrière, puis monte verticalement au-devant du rachis. (PoxLMan.)

L’ascension se fait progressivement, de telle sorte que le

ri RON

LU ! le bourgeon rénal atteint la région lombaire et occupe sa posilion

définitive vers la [in du deuxième mors.

FiG. 5. — Développement du bassinet (d'après Schreiner), V. n° de la fig. précédente.

En montant, la tige uretérale subit un mouvement de torsion sur son axe, de telle sorte que le bassinet qui était d’abord sagittal, le bord lisse regardant en avant, les grands

LA) NEA

calices en arrière, devient peu à peu franchement transversal, les grands calices regardant en dehors.

Chez l'embryon humain, cette Lorsion commencerait sur les embryons de 11 mm. 5, et serait complète à huit semaines (Scureiner). Le rein est alors transversal avec une face antérieure,une postérieure; le hile est en dedans, Mais, plus tard, la fosse lombaire s’élargissant davantage que le rein, celui-ci se place dans un plan intermédiaire au frontal et au sagittal, c'est-à-dire à 45°.

Pendant ce temps, d'importantes modifications se sont produites du côté de l’extrémité inférieure de l’uretère: celui-ci, qui débouchait d’abord à la face postéro-interne du canal de Wolff, vient peu à peu s'ouvrir à la face postéro-externe ; puis les deux canaux se séparent pour déboucher isolément, le supérieur (uretère) dans la future vessie, l’inférieur (canal déférent) dans le sinus uro-génital ou urètre postérieur.

L’extrémité supérieure de l’uretère par des divisions successives donnera naissance à tout le système excréteur du rein, . calices, tubes collecteurs, qui va se mettre en rapport avec le système excréteur, né sur place dans le tissu mésenchymateux qui coiffe le bourgeon urétéral. Nous n’avons pas à insister ici sur les détails de ce développement qui n’offrent pas d’intérêt au point de vue de j’anomalie que nous voulons expliquer.

Nous avons vu que le rein occupe successivement la région pelvienne, la région iliaque et la région lombaire et que l’ascension est complèle à la fin du deuxième mois.

ALGLAVE, dans un travail récent, a fait remarquer que,.chez le jeune enfant au-dessous de 3 ans, le rein n’a pas avec les organes voisins les mêmes rapports que chez l’adulte. Cela tient à ce que le rein de l’enfant est, par rapport au tronc, un organe beaucoup plus volumineux que celui de l’adulte. Il en résulle que le rein déborde de tous côtés la fosse lombaire encore trop petite, et peut descendre jusque dans la fosse iliaque. Plus tard, la colonne lombaire se développant, la

Girard 4

crête iliaque subit une véritable descente. Le rein n’augmentant pas de volume dans les mêmes proportions, il s'ensuit que la distance entre son pôle inférieur et la crête iliaque augmente. Le rein paraît subir une ascension qui n’est qu’apparente. Il n’en est pas moins vrai que pendant ce temps, l’uretère doit s’allonger pour suivre l'éloignement progressif du rein et de la vessie: et c’est un fait bien connu, que l’uretère du fœtus et du jeune enfant est propdrtionnellement plus gros et plus sinueux que celui de l’adulte.

Il nous faut maintenant dire un mot du développement dce vaisseaux du rein. Cette étude a été bien faite pour les artères par Hicz qui a étudié l'embryon de porc, et plus récem- “ment par CasrezLani. Il résulte de ces travaux que les artères du rein ne pénètrent dans la glande que lorsqu'elle a subi sa rotation et gagné sa place définitive. C'est ainsi que Hiz,sur l'embryon de porc, a vu la rotation s’accomplir sur l'embryon de 12 à 15 millimètres, tandis que l'artère rénale ne pénètre dans le rein que sur l'embryon de 28 millimètres.

Le développement de la capsule .surrénale est entièrement indépendant de celui du rein. Les recherches de Souié ont montré que l’ébauche corticale se développe dans une zone comprise entre l’éminence génitale et la racine du mésentère (zone surrénale de Soulié), et que l’ébauche médullaire naît à la même hauteur d'éléments inclus dans les ganglions sympathiques (cellules parasympathiques de Soulié). Les deux ébauches se pénètrent ensuite.

Les capsules surrénales sont d’abord plus volumineuses que les reins: elles diminuent ensuite et, à la naissance, coif- - fent seulement l’extrémité supérieure des reins.

Ces données embryologiques vont nous permettre d'expliquer des différentes particularités observées dans les reins ectopiques :

1° Le siège des ectopies ;

2 La forme du rein ectopique ;

3° La disposition de l’uretère ;

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