C.— LE REIN EST MALADE
Nous rapportons 44 cas dans lesquels il est fait mention d’affections du rein dystopique (24 fois chez Fhomme, 19 fois chez la femme ,une fois le sexe n’était pas indiqué), les mêmes maladies se présentant avec une fréquence à peu près égale dans les deux sexes.
Il estsévident que le rein ectopique peut être atteint des mêmes affections que le rein en position normale.
Cependant, la situation même de l’ectopie rénale que les observations nous montrent presque toujours iliaque ou pelvienne, mais surtout pelvienne, contribuera tout d'abord, dans presque tous les cas, à compliquer la symptomatologie normale de l’affeclion rénale en cause; nous voyons, en effet, que tantôt les symptômes furent exagérés ou dénaturés par suite des rapports anormaux avec les organes du bassin, ceux-ci pouvant d’ailleurs présenter des lésions concomitantes ; tantôt, au contraire, les symptômes rénaux existaient seuls, et très .nets,mais leur localisation même rendit le diagnostic hésitant, ou le fit orienter vers les affections des organes du bassin, surtout des ovaires ou de l'utérus.
D'autre part, il est une affection que nous rencontrons ici avec une particulière fréquence, c'est l’hydronéphrose. En effet,sur 44 observations de reins malades nous notons 16 hydronéphroses simples et 5 hydronéphroses infectées, soit au total 21 reins hydronéphrotiques, c’est-à-dire prés de la mottié des cas. Nous relevons ensuite, par ordre de fréquence, 6 cas de calculose (dont 3 avec pyonéphrose), 5 cas de tuberculose (dont 3 avec pyonéphrose), 3 cas de pyonéphrose, 2 de né- phrite, 2 reins atrophiés, 2 polykystiques, 1 kyste suppuré ouvert dans la vessie (Barika). Enfin, nous trouvons un cas de cancer mou (Marrec et Pianon), un sarcome, avec hydronéphrose (BazowiN) un bypernéphrome, compliqué de lithiase (GrosGLick). \
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Nous voyons donc que l’hydronéphrose seule représente près de la moitié des cas pathologiques du rein congénitalement ectopié. Nous insisterons donc plus particulièrement sur cette affection. :
La pathogénie de l'hydronéphrose du rein dystopique est, dans la grosse majorité des cas, identique à celle du rein en situation normale. Mais ici, la position même et les rapports anormaux du rein sont à ajouter aux causes prédisposantes, ce qui explique la plus grande fréquence relative de l’hydronéphrose chez le rein dystopique.
La grande cause déterminante de l'hydronéphrose est ici, comme pour le rein en siluation normale, l'obstacle au libre cours de l'urine. Cet obstacle sera constitué par la coudure de l’uretère, sa compression, son rétrécissement congénital ou inflammatoire ; ou bien il y aura corps étranger obstruant l’uretère, calculs, caillots, exceptionnellement tumeur polypeuse. x
La coudure de l’uretère se produira d’après la théorie de Lannau— Terrier et BaupouIN, par mobilité préexislante du rein. Nous pouvons, en effet, attribuer cette pathogénie aux cas de BaLpwiN, ManGraGaLzr, CRragiIN, Lôwir, Scuene. Cette mobilité reconnaîtra pour causes celles que nous avons déjà énumérées au chapitre précédent, l'effort violent,les traumatismes, les grossesses répétées, etc. Il est à remarquer, en effet, que la malade de Barpwin avait eu cinq enfants, celle de Lowrr, celle de MancraGaLui trois ; (elle était enceinte pour la quatrième fois); enfin celle de Cragin avait eu deux accouchements terminés artificiellement.
La mobilité rénale pourra exister longtemps avant la formation de l’hydronéphrose; dans d’autres cas, au contraire, l’établissement de la mobilité sera suivi d’hydronéphrose à brève échéance.
L’étranglement de l’uretère se produira subitement donnant lieu à de violentes crises douloureuses et souvent à des symptômes généraux graves ; d’autres fois, au contraire, il