XVIII INTRODUCTION
de la lumière qui éclaire sa route ici-bas, et, pensant aux célestes clartés de la patrie vers laquelle il se hâte , il dit avec le sage : « Attendons que Celui qui prend soin de nous nous en apprenne davantage, 'Eco; àv tiç [y-aOri... w yi^.ei Trapi. aoZ '; » ou mieux encore avec saint Paul : « Nous ne voyons maintenant que comme en un miroir et en énigmes ; mais alors nous verrons face à face. Je ne connais maintenant qu'imparfaitement ; mais alors je connaîtrai comme je suis moi-même connue »
Le christianisme est la morale des peuples. Ses principes sont l'élément le plus puissant de la forcé et de la dignité des nations. Seul il pourrait redonner à l'Orient une jeunesse nouvelle, et faire succéder aux agitations fiévreuses de l'Occident une activité féconde et réglée. Seul il pourrait, en Asie, substituer au fatalisme de Mahomet, à l'orgueilleuse indolence et à l'intolérance fanatique des disciples du prophète, l'ardeur généreuse de la liberté chrétienne; seul, il pourrait, en Europe, préserver les peuples de dangereuses utopies, prévenir les impatiences, désarmer les colères et retenir les nations dans la voie du progrès et de la vraie civilisation. Ni le panthéisme , ni l'athéisme , ni le faux mysticisme , ni le positivisme , ni le socialisme , fruits illégitimes de la raison , de l'imagination , du désespoir de l'es-
' Platon, Dialogue sur la prière et Second Alcihiade. 2 I Cor. xn, 12.
liNTRODUCTION XIX
prit au xix" siècle, ne sont capables de cette grande œuvre. L'Evangile, les aspirations qu'il fait naître, la charité qu'il inspire . le respect et l'obéissance dont il fait un précepte aux uns , la modération et la justice qu'il recommande aux autres, la foi qu'il prêche à la dignité de l'homme, au progrès moral toujours possible , aux mérites du travail et de la peine en ce monde . à la rémunération généreuse dans l'autre, tels sont les principes féconds et solides sur lesquels le christianisme fait reposer la gloire et le bonheur des nations.
Le christianisme est donc véritablement la lumière, LUX VERA. la lumière métaphysique, morale et sociale. C'est le soleil de la vérité; et si les rayons qui en jaillissent ne frappent pas également tous les yeux , c'est que Dieu laisse l'homme, dans la plénitude de sa liberté , interposer les passions et les désirs mauvais de son cœur, comme un nuage sombre , entre son intelligence et la vérité. Et nscendit fumus fornftcis magnx, et ohscuratus est sol et aer de fumo putei^. « Une fumée s'est élevée de la grande fournaise : le soleil de la vérité a été obscurci, et la transparence de l'air détruite par des nuages épais sortant de l'abîme. »
Le christianisme . qui éclaire le philosophe , ravit le poète et le persuade à son tour.
La religion chrétienne est la plus poétique de
' Apoc. IX. 2.