XXII INTRODUCTION
siècle de s'en être servi, plus qu'aucun autre, pour établir la transcendance de notre religion mise en parallèle avec les autres religions et les institutions humaines.
Mais il est ini autre témoignage de la divinité du christianisme plus décisif encore : c'est celui que Jésus-Christ a recommandé , que les Pères se sont plu à célébrer, et sur lequel saint Thomas et Bossuet ont fait reposer l'édifice de notre foi : le témoignage des prophéties et des préparations messianiques.
« Prouver que Jésus-Christ est le Messie annoncé par tant de prophètes, dit Leibnitz , c'est, après la démonstration de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme , donner la plus importante des preuves de la religion; et je ne vois pas de service plus grand à demander à l'historien et à l'érudit ^ . » Pascal dit à son tour : « La plus grande des preuves de Jésus -Christ sont les prophéties ; c'est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu *. »
Les prophéties , substance de l'Ancien Testament, sont, en effet, les fondements du christianisme.
Cette proposition apparaîtra dans sa vérité, si l'on veut bien ne point oublier que, par prophéties, il ne faut pas entendre seulement les paroles prophétiques, mais encore tous les événements qui ont préparé et annoncé Jésus -Christ.
* Leibnitz , SijsU'ine de t/iéologie.
' Pascal , Pensées.
INTRODUCTION XXUI
La préparation évangélique, c'est-à-dire ractioii d'une Providence merveilleuse se servant, à travers les âsres . des hommes , des faits et des choses en vue de l'établissement du règne du Christ sur la terre . cette préparation rendue manifeste par les réalités de l'histoire, pendant quarante siècles, voilà bien le témoignage le plus éclatant de l'origine divine du christianisme. Nous voudrions l'exposer dans cet ouvrage avec une suite et une ampleur qui ne lui ont pas encore été données. Car bien que la prophétie par la parole ne soit qu'un de ses éléments, elle est presque la seule que l'on ait développée jusqu'ici dans nos traités de religion.
De même que , dans le monde de la nature , Dieu a ménagé partout d'admirables préparations, n'agissant nulle part brusquement, mesurant la longueur et l'économie de l'incubation ou de la gestation à l'importance de l'être qui doit naître ; de même Dieu a fécondé, mûri et développé bien longtemps, dans un travail secret, les germes de la rédemption. La présence du Fils de Dieu sur la terre, aux jours de sa vie mortelle, ne fut pas une apparition ex abrupto. Ce n'a été qu'après de longs siècles d'attente que la terre, selon l'expression magnifique d'Isaïe, s'est ouverte et a germé son Sauveur : Aperiatur terra, et germinet SalvatorernK
* Is. IV, 8.