‹ De l'Eden à MoiseChapitre 25 sur 79 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

de Palestine el laniôi l'Eglise. Leô fortunes diverses du royaume de Juda sont l'image des alternatives de paix et de persécution, de victoires et d'épreuves, qui se partagent la vie de V épouse du Christ ici-bas. Le sacerdoce de Melchisédech , le sacrifice d'Isaac, annoncent, l'un le sacerdoce, et l'autre le sacrifice de Jésus-Ghrisl, de la même manière que le serpent d'airain annonce la croix, et que la manne figure l'Eucharistie.

Cette loi peut surprendre celui qui n'a jamais étudié l'Ecriture sainte, mais elle est bien connue des commentateurs anciens et des commentateurs modernes. Les saints Pères, les Apôtres, Jésus-Christ lui-même l'ont souvent proclamée, et l'Evangile est riche de ses applications. Les Juifs anciens reconnaissaient les figures de la Bible, et les protestants encore chrétiens en font aujourd'hui la base de leur exégèse.

Il est même rigoureusement vrai de dire que sans l'acceptation de la loi du symbolisme et des figures de l'Ancien Testament, celui-ci et l'Evangile deviendraient souvent inexplicables.

On verra, dans la suite de cet ouvrage, combien l'existence de cette loi est incontestable ^ .

' « Dès qu'une fois on a ouvert ce secret, il est impossible de ne pas le voir. Tous ces sacrifices et cérémonies étaient donc ligures ou sottises; or il y a des choses claires trop hautes pour les estimer des sottises. » (Pascal, Pensées.)

INTRODUGTlOxX XXXV

Elle est à nos yeux une preuve manifeste de la divinité du christianisme. Quel autre que Dieu eût jdu établir ce parallélisme parfait entre TAncien et le Nouveau Testament, faire converger vers un même dessein les siècles , les événements et les hommes , marquer deux histoires si différentes d'un cachet si puissant d'unité?

Une autre difficulté que présente l'étude des prophéties est celle qu'on éprouve à se rendre compte du sens vrai et de l'authenticité des textes anciens c|ui les renferment.

S'ensuit-il cependant que la preuve des prophéties ne soit accessible qu'aux philologues ? Non , Dieu l'a faite pour tous.

Il est vrai que celui qui apporte à cette étude des connaissances philologiques étendues est plus à même de toucher du doigt l'œuvres de Dieu, et de se convaincre, sans intermédiaire, de son merveilleux caractère. La langue hébraïque et la langue grecque sont de précieux instruments pour contrôler, sinon pour découvrir, le vrai sens des saintes Ecritures; et nous déplorons, avec Léon XIII ', qu'une connaissance suffisante de la première de ces langues soit si rare parmi les catholiques.

Toutefois, ni la langue hébraïque ni la langue grecque ne sont nécessaires pour comprendre la démonstration par les prophéties.

' Encyclique sur l'étude de la sainte Écriture.

XXXVl INTRODUCTION

D'abord le plus grand nombre des textes sont traduits d'une manière uniforme par les anciens Juifs et par les chrétiens. Hormis quelques cas, l'interprétation juive est identique à la nôtre, du moins quant au sens iilLéral, La question entre les Juifs et nous est tout entière dans l'application qu'il faut en faire : le Christ a-t-il, oui ou non, accompli les prophéties bibliques? Les querelles sur le sens des textes, les chicanes sur les mots, proviennent ordinairement des incrédules modernes et des rationalistes. Les premiers adversaires du christianisme ne les opposèrent ni à Jésus -Christ, ni aux Apôtres, ni aux Pères de l'Eglise. Tout se réduisait alors, et ce fait est considérable, à la question de savoir si Jésus-Christ avait accompli les prophéties.

Or, pour résoudre la question de l'accomplissement des prophéties par Jésus-Christ, les connaissances philologiques étendues sont beaucoup moins nécessaires que le bon sens et la bonne foi.

Nous n'avons néanmoins décliné aucune discussion importante relative à la traduction des textes. Nous nous y sommes même particulièrement appliqué, sachant l'importance que nos voisins d'outre-Rhin donnent à toutes ces questions, qui leur permettent de développer avec plus ou moins d'éclat leur érudition et les richesses de leur aventureuse imagination. Quand il s'est agi de combattre les rationalistes de notre temps, nous avons invoqué contre

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eux le témoignage de la philologie moderne; nous avons puisé aux sources que fournit l'étude comparative des langues orientales, étude qui sera Tune des gloires les plus incontestables de notre temps. Dans ces sortes de discussions, où la philologie et la grammaire dominent , nous nous sommes efforcé d'être accessible à tous. Bien que cette partie de notre travail s'adresse particulièrement aux philologues et aux théologiens, on verra néanmoins que le jugement à porter dans ces débats n'est pas audessus de la compétence de quiconque possède l'instruction commune : en dernier ressort , ces questions sont résolues par le bon sens. Aussi avons-nous retranché à dessein de la discussion les inutilités scientifiques qu'on y mêle trop souvent.

Quant à l'authenticité des textes prophétiques, cette étude peut également être abordée par tous ; elle ne doit effrayer personne, caries controverses se rapportant aux questions historiques sont plus accessibles encore que celles qui ont un caractère purement philologique. En second lieu, la controverse sur l'authenticité des prophéties perd beaucoup de son importance devant la remarque suivante.

Dans quel livre les chrétiens lisent-ils les prophéties qui démontrent la divinité du christianisme? Dans un livre qui leur est commun avec les Juifs, livre que ceux-ci possédaient avant eux, qu'ils lisaient et vénéraient plusieurs siècles avant Jésus -Christ.

XXXVUI IJSTRODLCTION

Que gagnenl donc les rationalistes pai' les efforts qu'ils font pour prouver que les prophéties bibliques n'ont pas toute Fantiquité que les Juifs et les chrétiens s'accordent à leiu^ reconnaître ? Les plus audadieux n'avouent-ils pas que dans la forme même où elles nous sont parvenues, elles faisaient pairie des livres canoniques des Juifs trois siècles avant Jésu-s- Ghrist, vers l'époque de la traduction des Septante? Quand même nos prophéties n'auraient que ces trois cents ans d'antériorité sur les événements, ne seraitce pas assez ? A la rigueur, quelques années auraient suffi.

Quel homme de bonne foi et de bon sens voudrait contester que les prophéties aient précédé les événements , puisque , au temps d'Auguste , le monde entier s'en entretenait, comme on le voit par les poésies de Virgile?

Enfm , il reste à signaler dans l'étude des prophéties un dernier danger, celui de chercher, même dans leur ensemble, une démonstration mathématique, ou, dans chacune d'elles, un argument d'une valeur absolue. D'abord la preuve tirée des prophéties , comme celle tirée de tous les faits historiques , est une démonstration de l'ordre moral et non de l'ordre mathématique. Ensuite, Dieu n'a pas entendu faire de chaque oracle sacré , considéré à part, un témoignage décisif et absolu.

A l'obscurité nécessairement inhérente à la nature

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