‹ De l'Eden à MoiseChapitre 33 sur 79 · TEMOIGNAGES DE LA LITTERATURE DES HEBREUX · texte numérisé non relu

TEMOIGNAGES DE LA LITTERATURE DES HEBREUX

Si nous prouvions que tous les livres historiques, depuis le livre de Josué jusqu'aux Machabées, mentionnent ou supposent le Pentateuque , tantôt le livre, tantôt son contenu, ces témoignages, qui remonteraient de siècle en siècle de la période des Séleucides jusqu'aux Juges et à Josué, forceraient les critiques les plus difficultueux à en reconnaître la date véritable. Pourquoi, en effet, n'admettrait-on pas , quand il s'agit d'établir l'authenticité de ce livre vénérable, les règles suivies par la critique pour constater l'âge des livres profanes?

De l'aveu de nos contradicteurs, la rédaction du Pentateuque remonte au moins aux temps des rois Mauassès et Josias. Les plus réfractaires supposent <|ue le Deutéronome fut composé sous Manassès et puljlié pour la première fois sous Josias par les soins du grand prêtre Ilelcias, ainsi que nous l'avons dit plus haut. (]'est donc dans les temps antérieurs à Manassès qu'il faut chercher les témoignages de rexistence du Pentateuque. Nous allons en composer une chaîne qui dv^ rois prédécesseurs de Josias

AUTORITÉ DU PENTATELQUE 29

ira jusqu'à Josué et à Moïse : ils montreront que le livre a toujours été connu, cité et suivi dans toutes ses parties.

Un siècle avant Josias . les prophètes Amos , Osée , Isaïe et Michée avaient entre les mains le Pentateuque et s'inspiraient de la Genèse, de l'Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome. C'est ce que le professeur Hengstenberg a victorieusement démontré». Nous lui empruntons quelques passages bibliques, suffisants pour établir ce fait.

On trouve dans Amos des réminiscences et des applications de la Genèse : « Cherchez celui qui a fait les Pléiades et l'Orion, qui change les ténèbres en lumière du matin..., qui a appelé les eaux de la mer et les a répandues sur la surface de la terre. Son nom est Jéhovah-. » Nous voyons ici le résumé du premier chapitre de la Genèse et une allusion à rhisloire du buisson ardent. Pour désigner les Égyptiens, le même prophète s'est servi de l'expression particulière au Pentateuque : fîlii Chusim, C2—W- ":2^ Il rappelle le langage et les faits du Deutéronome, des Nombres et de l'Exode dans les passades suivants : «■ J'ai exterminé l'Amorrhéen du milieu d'eux ^ C'est moi qui vous ai fait sortir de la

' Voyez Authentie des Pentateuchs, p. 48-125.

■^ Quœrite facientem Arclurum et Orionem et convertentem in mane tenehras , . . . qui vocat aquas maris et e/fundit cas super faciem terrœ : Dominus nomen ejus ( Am. v, 8). Ce passage se retrouve en substance au eh. ix, 6. Exod. m, 14.

^ Am. IX, 14. Cette expression : filii Chusim , se retrouve en substance au ch. ix, 7.

* Am., H, 9; cf. Deut. it, 24; Xuni. xxi, 24.

terre d'Egypte , qui vous ai conduits dans le désert pendant quarante ans pour vous faire posséder la terre des Amorrhéens'. J'ai frappé plusieurs d'entre vous, je les ai détruits comme j'ai détruit Sodome et Gomorrhe-^ »

Osée est encore plus riche qu'Amos en allusions. On peut dire qu'il rappelle tous les grands événements du Pentateuque : c'est ainsi qu'il mentionne la désobéissance d'Adam % la substitution de Jacol) à Esaii, la lutte du patriarche avec l'ange*, les paroles que Dieu adresse à Jacob lors de son séjour à Béthel ".

Quant à Isaïe , il nous reporte au Pentateuque dès les premiers mots de ses prophéties. Il débute par ces paroles solennelles : « Gieux , écoutez ; terre , prête l'oreille^. » Or cette invocation est la reproduction presque textuelle du Deutéronome : « Cieux, écoulez mes paroles ; terre, prête l'oreille à ma voix ' . > Dans toute celte prophétie d'Isaïe règne le ton et dominent les couleurs du trente-deuxième chapitre du Deutéronome, du vingt-troisième et du vingthuitième du Lévitique. Ils étaient en effet arrivés ces jours d'infidélité et de malheur que Moïse inspiré entrevoyait dans le lointain des âges. La décadence

• Am. II, lu. cf. KxckI. XIV, 21; Dont, viii, 2.

2 Am. IV, il; cf. .Gan. xxix, 24.

•'' Os.wi, .7.

•''' Oa..,xJi,.3.

' Os. XII, 4;-cf. IV, 13, et Deut. xii, 2 ; Os. viii , 13, et Deut. XXVIII, 68; Os. xi, 8 et Deut. xxix, 21-23; Os. xiii, 3, et Deut. VIII , Il et 14.

" Is. I, 2.

' Deut. xxxii, 1.

AUTORITÉ DU PENTATEUQUE 3i

prédite par le Penialeuque est ])ien celle dont Isaïe trace le sombre tableau. Ce sont les mêmes crimes qui sont dénoncés, les mêmes châtiments qui sont prédits , les mêmes sacrifices expiatoires qui sont conseillés ^

On peut faire les mêmes remarques sur les prophéties de Michée. Les deux prophètes peignent évidemment une même époque , annoncent Téchéance , le jour où Dieu , avant de frapper, fait une dernière sommation^ ! Il est facile de se convaincre des rapports de la prophétie de Michée avec le Pentateuque, en lisant les allusions aux événements historiques racontés par Moïse ^, aux prescriptions légales * et aux pénalités prescrites dans la Thora ^ Le thème des reproches adressés par Michée aux Juifs est l'infidélité à l'alliance contractée avec Dieu par le ministère de Moïse, alliance qui est le grand objet du Pentateuque.

Moïse avait pris à témoin du contrat le ciel et la terre ; il les avait chargés de rappeler au peuple ses engagements le jour oîi il les méconnaîtrait" : « J'in-

* Comparez les ch. ii , m, iv d'Isaïe avec les ch. xxxi et xxxii du Deutérome. Les chapitres v, vi, vu, viii, ix, d'Isaïe rappellent toutes les menaces du ch. xxvi du Lé vi tique , et du ch. xxvni du Deutéronome. Isaïe rappelle aussi la Genèse en plusieurs endroits, et spécialement au ch. m, v. 9, où Ton remarque un souvenir du ch. xix, v. o de la Genèse. Comparez encore le ch. XXIV d'Isaïe, v. 18, avec le ch. vu, v. 11 de la Genèse. — Voyez Gaspari : Beitriïge zur einleitung in das huch Jesaia, p. 203-210.

^ Comparez les ch. vi et vu de Michée avec le ch. i d'Isaïe.

3 Mich. II, 13; VII, 14-17.

^ Mich. II, 2 et 8.

^ Mich. II, 4 et 10; m, 4; vu, 13.

•' Deut. IV, 20; xxx, 19; xxxi, 28; xxxii, 1.

voque aujourd'hui le ciel et la terre, et les prends à témoin que vous n'habiterez pas longtemps la terre promise... Le Seigneur vous détruira et vous dispersera au milieu des nations. » Michée rappelle ces témoins et les somme , au nom de Dieu , d'assister au jugement du peuple : « Montagnes, dit le prophète , écoutez la défense du Seigneur, vous , les éternels fondements de la terre. Le Seigneur veut entrer en jugement avec son peuple. Mon peuple, que vous ai -je fait?... Répondez-moi... Je vous ai tiré dEgypte; j'ai envoyé, pour vous conduire, Moïse, Aaron et Marie... Mon peuple, souvenezvous des mauvais desseins de Balac, roi de Moab, de ce que lui répondit Balaam, fils de Béor, etc. etc. » On voit que ces paroles de Dieu résument la partie historique du Pentateuque. Pour désigner l'Egypte, Miellée se sert d'une expression particulière au Pentateuque : il l'appelle domus servnrum , qhzv mia^ Miellée cite presque textuellement le Deutéronome - : « Israël, qu'est-ce que le Seigneur demande de toi , sinon que tu craignes ton Dieu , que tu marches dans ses voies, que tu Tainies, que tu le serves de tout ton cœur et de toute ton âme? »

Puisque ce n'est ni Jérémie ni Ezéchiel qui, les premiers, se sont aidés du Deutéronome pour composer leurs prophéties ; puisque les écrivains sacrés qui les ont précédés au moins d'un siècle , tels quAnios, Osée, Isaïe et Michée, citaient, commen-

' Mich. vr , 1 , M et so<|q, '- Dent.. X, 12; Micli. vi. S.

taient et appliquaient la Thora aux besoins de leur temps, comment peut -on raisonnablement prétendre que le Pentateuque a été rédigé au temps de Manassès, et publié sous le règne de Josias? Avant Amos, avant Osée, un grand prophète avait paru sur la scène de l'histoire , Elie. Gomment expliquer, sans les récits du Pentateuque , le voyage quil fait au Sinaï , pour demander au ciel ses inspirations * ?

Maintenant remontons plus haut, et montrons que le Pentateuque était également cité , commenté et appliqué du temps de Salomon : des livres prophétiques passons aux livres sapientiaux^

Nous n'établirons point sur des textes isolés les rapports incontestables qui existent entre ces livres et le Pentateuque. Ce sont moins des rapports de langage et de mots qu'il importe de constater, que des rapports de doctrine. Nous ne ferons donc point valoir des passages tels que celui où Job rappelle la désobéissance d'Adam : « Si j'ai caché mon péché comme Adam ^ ; » ni la mention que Salomon fait de Varbre de vie, expression qui se trouve jusqu'à quatre fois dans les Proverbes * ; ni l'expression

1 III Reg. XIX, 8.

^ Nous n'ignorons pas que tous les livres sapientiaux n'appartiennent pas à Salomon, ni tous les psaumes à David; l'interversion chronologique à cet endroit n'a pas d'importance.

3 Job XXXI, 33. Pour l'interprétation du mot hébreu Adam, il faut s'aider du texte suivant d'Osée (vi, 7) : Ipsi autem sicut Adam transgressi sunt pactum. Cf. Job xi , 19, et Lev. xxvi , 6; Job XI, 20, et Lev. xxvi, 16; Job xxxiv, 19, et Deut. x, 17, etc.

* Prov., m, 18; xi, 30; xiii, 12, xv, 4. Cf. Prov. xi , 1, et Lev. xix, 36; Prov. xvii , 23, et Deut. xvi , 19.

toute géiiésiaqiie : Mulvinuïin , du Cantique des cantiques '. Ces preuves de détail établissent, il est vrai, que les auteurs des livres sapienLiaux et de Job connaissaient le Pentateuque ; mais ces arguments nous semblent ici secondaires. La grande preuve, selon nous, est que Salomon et Job ont élevé sur la Genèse toute leur philosopbie. C'est la base sur laquelle ils ont évidemment construit. Cette vérité est tellement incontestable, que sans les faits et les doctrines de la Genèse leurs écrits ne se comprendraient plus : tant la Genèse est étroitement liée avec eux, tant sa substance est devenue comme leur substance.

Si nous passons des temps de Salomon à ceux de David, nous retrouvons de nouveaux et abondants témoignages de la notoriété du Pentateuque à cette époque.

La poésie sacrée de David est toute pleine des faits racontés par Moïse, toute pénétrée du même esprit. Quand le psalmiste chante les beautés de la nature , son langage est comme l'écho de la voix de Moïse racontant la création ; quand il célèbre la loi du mont Sinaï, son chant devient le cri du peuple acclamant cette loi^

Le temple dont David trace le plan et que Salomon construit demeure inexplicable sans le sacerdoce et sans rarche , et par conséquent sans le

* n^jnC, cas/'"-'' : Xlsi c/mros castrorum... [Canlic, vu, I.) ' Voyez les Ps. wiii , lvii, lxxvh, cxiii. Tout le monde sait ffiie les psaumes chnutent la -sortie (l'Kpypto, le passa^'o de la mer Rou^c, la -côiomio limùneuse et t(^iu'-l)rense, les eaux jaillissant des rochers, la ma-nnc, le miracle des cailles, etc. etc.

Lévitique et sans Moïse. Le mont Sion, où s'élève le temple, présuppose le Sinaï. Les deux montagnes se confondent dans les chants d'Israël'.

Remontons de David à Héli et au temps des Juges : nous retrouverons encore très nettes les traces du Pentateuque. Le chant de victoire de Débora, qui. de l'aveu de tous les critiques, est une pièce dun caractère archaïque , contient des reproductions libres du Deutéronome et de la Genèse ^ Les prescriptions de la loi mosaïque sur le culte étaient alors observées ^ Les chefs d'Israël s'appuyaient sur la loi dans leur manière de traiter les peuples chananéens*.

Enfin, le Pentateuque est mentionné au temps de Josué. Josué, après avoir franchi le Jourdain, poursuivait le cours de ses victoires : il vient de prendre la ville de Haï. « Alors, pour remercier Dieu, il élève un autel au Seigneur sur le mont Hébal. comme 1" avait prescrit le législateur aux enfants d'Israël, et comme il est écrit dans le livre de la loi de Moïse ; sicut scriplum est in volumine legis Moysi'" . » Or ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moïse, le Deutéronome nous le dit : c Lorsque vous aurez passé le Jourdain, vous élèverez des pierres sur le mont Hébal, conformément à ce que je vous ordonne aujourd'hui''. »

' Jud. V, o; Ps. Lxvii.

- Jud. V, et Gen. xlix.

3 Jud. II, 1 et seqq., H et seqq., 20; vi, 8-10. * Jud. XI, 12, et seqq., et Nuni. xx, 14-21; xxi, 21--24; xvii, 13; XX, 6, 13. Cf. Deut. xiii. o; xxii, 21. ■■' Jos. VIII, 30-31.

^ Deut. xxvii , 4 et b.

;j(. PRELIMINAIRES

Un second témoignage d'une force selon nous irrésislihle : « Josué écrivit sur des pierres le Deutéronome de la loi de Moïse. Tout le peuple et les anciens étaient debout..., les étrangers... et ceux du peuple... Josué lut toutes les paroles de bénédiction et de malédiction et tout ce qui était écrit dans le livre de In foi...: il n'omit rien de ce que Moïse avait commandé de dire \ » Moïse avait effectivement commandé de lire au peuple les bénédictions et les malédictions contenues dans le chapitre xxvii du Deuléronome. « Après que vous aurez passé le Jourdain, Siméon , Lévi, Juda, etc., se tiendront sur le mouL Hébal..., et les Lévites prononceront à haute voix : Maudit est l'homme qui fait une image sculptée, etc. ^. »

Ainsi la Bible entière est comme frappée à l'effigie du Pentateuque. Elle le suppose, elle en découle. De même que le principal auteur d'une évolution sociale lègue ses idées et son langage à toute une époque, de même Moïse, le héros de la délivrance, le grand prophète, remplit de sa personne et de ses écrits la pensée et l'imagination des enfants d'Israël. Le Pentateuque est répété par tous les échos et par tous les organes de la littérature sacrée, par Débora, David, Salomon, par Michée, Isaïe, Osée, Amos et par tous les autres prophètes postérieurs que nous n'avons pas cilés\ Tous ces écri-

' Jos. VIII, 32-35.

- Deiil. XXVII , 12 et iic([.

' Nous «Tvons aussi omis le léiiu)i}jfiii(<;o des livres lustorifjiies dont la date est contestée.

vains divers, que des siècles séparent les uns des autres, qui ont chacun leur originalité et leur caractère propre, se sont néanmoins inspirés du Pentateuque. De ce livre sacré, a dit le fils de Sirach, la sagesse a découlé comme du lit profond du Phison et du Tigre se répandent au loin sur les prairies les eaux débordées ^

^lais que dit le Pentateuque de lui-même? Si ce livre se donne pour Toeuvre de Moïse, son témoignage est d'un grand poids. Ne suffit- il pas ordinairement d'une date , d'un nom découvert sur un monument, sur un tableau, sur un livre, pour que la critique se trouve par là même autorisée à donner au monument sa date , au tableau son peintre et au livre son auteur?

Ici encore nous ne demandons que le bénéfice du droit commun et l'application des règles ordinaires. Qui oserait dire, en parlant du Pentateuque, qu'il s'agit d'un livre suspect de mensonge? 11 a toujours été regardé comme le fondement sacré d'une morale ennemie de la fraude et de la duplicité.

Nous lisons dans l'Exode que Moïse écrivit tous les discours que le Seigneur lui avait tenus sur le mont Sinaï : Scripsit aiitem Moi/ses universos sermones Domiiii-. Le volume où sont consignées ces ordonnances et ces prescriptions de Dieu s'appelle le Livre de l'Alliance, mmn isd^

Nous trouvons aussi dans l'Exode l'ordre donné

1 Eccli. XXIV, 32.

^ Exofl. XXIV, 4. V. aussi xvii, 4.

^ Exod. XXIV, 7.

par Dieu à Moïse d'écrire la loi de l'alliance renouvelée au Sinaï : « Ecrivez pour vous ces paroles par lesquelles j "ai fait alliance avec vous et avec IsraëP. » Que Moïse ait exécuté les ordres du Seigneur, on n'en peut douter. Ces écrits, où sont-ils? Dans l'Exode.

Nous lisons dans les Nombres que Moïse écrivit par ordre du Seigneur les campements et les marches des Hébreux dans le désert*. Où les trouve-t-on? Dans les quatre derniers livres du Pentateuque.

Un dernier témoignage : « Moïse écrivit cette loi : Il la donna aux fils de Lévi qui portaient l'arche d'alliance, et il leur dit : Tous les sept ans..., vous lirez au peuple assemblé les paroles de cette loi^. » ^ oilà le Deutéronome.

Ainsi Moïse a non seulement écrit la loi proprement dite , mais encore tous fes discours que lui (int le Seigneur'' , toutes les conditions de l'alliance, les victoires, les campements et les marches, etc. Si aucune de ces indications prise à part ne mentionne le Pentateuque tout entier, du moins leur réunion caractérise suffisamment les cinq livres de la loi. Moïse ne pouvait employer le mot Penhiteuque , puisque cette expression et les divisions matérielles de ses écrits en cinq livres n'existaient pas encore. Enfin la tradition juive supplée à ce qui manque à ces citations, comme celles-ci expliquent et justifient la tradition.

* Exod. XXXIV, 27.

' Num. xxxiir , \.

' Deut. XXXI, 10 et seqci.

* Exod. XXIV, 4.

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