XII INTRODUCTION
dans son naïf langage : point d'horloge sans horloger.
Un second principe est que le Créateur ne peut rester indifférent ni étranger à son œuvre. Il est absurde d'admettre qu'une intelligence , une raison d'où découlent toute intelligence et toute raison , ait créé le monde sans motif, sans suite et sans but. Ce que Dieu crée, il le conserve et le mène à sa fin. Cette conduite de Dieu s'appelle Providence. Entre le Créateur et le monde, il y a la relation de l'artiste avec l'œuvre de son génie : il s'y attache , surtout quand elle est belle. Le père, s'il n'est pas dénaturé, n'abandonne point son fils, et à son tour l'enfant, s'il se sent protégé et chéri, aime son père. L'homme intelligent, fait à l'image du Créateur, est constitué dans les rapports du père et de l'enfant.
Dieu se révèle à l'homme non seulement par ses créatures visibles , mais aussi dans l'ordre moral , par ses inspirations et sa parole. Il en a le pouvoir, puisqu'il est tout- puissant; il peut exercer ce pouvoir, puisqu'il est libre; il l'a voulu, parce qu'il s'appelle amour ' .
1 En niant, en lèledc son Histoire du peuple d'Israël, toute intervention divine dans le monde, M. Renan a commis une erreur ijui l'a entraîné loin : pour établir et détendre sa thèse , il a été amené à user de véritables falsifications. L'ensemble des événements lui a échappé. L'histoire devient un chaos , si Dieu ne relie la multitude et la variété des mouvements humains , en les faisant concourir à la réalisation du plan arrêté par sa sagesse. Rien de plus audacieux et de plus faux (pie l'assertion de M. Renan : « Une constante expérience, dit-il, confirmée par la science la plus