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CHAPITRE XVI

DES PURlTIOIfS

flltlfiTRB. — Punir est chose Hcïke en apparence, diflicile en réalité. — t)ae la bicaTeiHanoe et ilnd«Jlgeiioe acot aéeei saires, mais n'excluent pas la fermeté. — Inégalité originelle des enfants ; qu*il en faut tenir compte dans les punitions. — But des punitions. — Nécessité de Tétude directe de Tenfant.

— La première des punitions — le remords ; — rôle de Tinstituteur dans Téducation de la conscience. — Que nous punissons pour arriver k ne plus punir. — De la manière de punir; — privation des récompenses ; — ses effets. — De la neutralité entre les punitions et les récompenses; ses dangers. — Solidarité dans lemal comme dans le bien ; gradation ; appropriation des punitions. — Faire comprendre la nécessité de la punition donnée. — Qu*il faut agir sur la conscience. — QueTopinion n*est que Técho de la conscience individuelle. — Nécessité de Taccord entre Técole et la famille. — De la limite» de la publicité des punitions. — De Tabus des punitions; set dangers; qu*il vaut mieux parfois cesser de punir. — Du pensum ; causes de sa persistance ; moyens de Tamender. — Des punitions humiliantes ; la mise à genoux ; le bonnet d*âne ; le coin. — I/élève appelé k se punir lui-même. — Que le maître ait la classe de son côté. — Moyens de donner à la punition plus de portée morale. — Généralisation ; — suspension. — De Tinfluence du milieu ; sa vertu disciplinaire. — Des défauts que Texemple ne suffit pas à corriger.

— Puissance de Topinion dans Téducation publique.

Se flatter qu-oa pourra obtenir et surtout main- «teair la discipline par le seul charaie de la parole.

par le seul attrait de renseignement est une pure illusion; il y faudrait bien autre chose qu'un brevet de capacité ou un certificat d'aptitude. Même avec des légions de charmeurs et de fées, on ne réussirait pas à captiver tous ces esprits mobiles, à fixer tous ces petits corps remuants, à arrêter toutes ces petites langues que Tenvie de parler démange. Et quand on mettrait au service de Fenfance, quand on appellerait au secours de la discipline tous les dons de Fesprit, tous les talents, toutes les grâces, le but serait manqué; on aurait amusé les enfants, ou ne les aurait pas disciplinés, on les aurait rendus plus exigeants, mais non pas plus dociles.

La condition de renseignement collectif, c'est le silence et Tordre, c'est-à-dire la discipline, et les fautes contre la discipline demandent une répression immédiate. Le mattre ne peut pas s'interrompre à tout instant et couper ses leçons par de longues exhortations. Mais ces fautes dues pour la plupart à la légèreté naturelle sont sans gravité; un regard, un geste, un mot, un mauvais point suffisent souvent à les réprimer, et les véritables maîtres réussissent à établir la discipline, par leur tenue, par leur maintien, par une gravité douce et une fermeté calme ; ils punissent sans doute, mais rarement et sobrement.

Autre chose est la discipline du régiment, autre chose est celle de l'école; la première est sèche et rude, parfois bnitale; son caractère s'eiplique par

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son but, qui n'est pas de former des hommes, puisqu'ils arrivent formés, mais d*en faire les instrutruments dociles d'une volonté dirigeante. Elle se contente de l'obéissance passive ; l'autre, au contraire, tient à obtenir une obéissance volontaire; l'une ne veut que briser toute résistance, l'autre s'efforce d'y faire renoncer; à Tune il suffit de vaincre la volonté, l'autre tend à la gagner. La première ne Toit que l'acte accompli, la seconde cherche à lire dans la conscience, à démêler les mobiles de la conduite, à atteindre la cause pour supprimer l'effet; la première est presque toute matérielle, la seconde est surtout morale.

Punir est chose facile, je dirais presque tentante, et la plupart des maîtres ne cèdent que trop vile à la tentation. C'est qu'en effet rien n'est plus commode qu'une punition, Teffet en est presque toujours immanquable et instantané; avec elle les bavards se taisent, les turbulents se calment, le silence et l'ordre se rétablissent, mais pour combien de temps? le devoir est refait, mais est-il mieux fait? L'enfant copie page sur page, mais avec quel profit? On l'envoie dans un coin, y est-il plus attentif? On le met à genoux (la chose n'est pas rare), se relève-t-il plus disposé à mieux faire?

Si l'on ne considère que le résultat immédiat, il est atteint ; si l'on se contente des apparences, on a lieu d'être satisfait; mais si l'on regarde au but que l'éducation se propose et si l'on se rend compte

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de ce qui se passe dans le coMir de Tenfant, on a soaTâat lieu de re^etier Im puniticiB doonée.

Ea réalité^ punir est au mfiûfi.aassi diffidle cpe réecmpenser ; une récoinpeflfiededft&ée mal à pi«|»aft f«it moins de mal qu'une paaitàea injuste; d«&& le premier ca& Tenfani pore&fce i» la récompeafie,, mais il sait bien qu'il ne Ta pas méritée et sa raksoB; redresse Terrettr du maître ; dadOtt^le second cas il a pour lui sa conscience qui proteste.. Une pitniliaa donnéei à faux, ou sans mesure mgrii, imt0 ei décourage.

Oii a dit a^rec esprit et raison : « A«x qualités qu'on exige des domestiques, combien de mal<a?eft seraient dignea de servir ? »

On peut bien en dire aotant des^ étèvesi ; à la perfection qn'en exigent certains maîtres; feraieot-ib eux-mêmes des: élèves payables ?

Nous sommeatoQS d'ordinaire sévères aune au^es, indulgents à nou8-mêne& ; efforçons»-noiis d'être aussi sévères pour nous que pour autrui, ou du moins aussi indolgents pour aatrui que pour nonsmém^ ; et, surtout quand nous, avons affaire à de» enfants, n'o«blions! pas qa'M serait injuste d'exiger d'eux ce qu'on est à peine en droit de demander à des hommes. C'est donc avec une indulgence biesveillante q«'oiif doit traiter les enfants, se rappelant qu'ils sont des enfants, c'esl-èrdire, des. commeocements, des ébauches d'hoatmes.

Je ne saurms trop recommander à nos maîtres

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