‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 103 sur 159 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

cette disposition d'esprit ; elle est le gage et la condition du succès en éducation. Cependant lindulgence n est pas la faiblesse ; la première s'allie bien ayec la fermeté ; l'autre en est la négâftton ; l'indulgence est une qualité, la faiblesse un d(^aut. So«t la bienveillance il faut que Fenfeint sente une volonté arrêtée, il fatit qu'il sache qu'à la liberté qu'on lui laisse il y a une limite fixe, et que, s'il la dépasse, la ponition est inévitable. Ce qui perd les maîtres, c'est leur inégalité d'humeur et de jugement, c'est l'incertitode où ils laissent les enfants sur l'étendue de leur liberté, et par suite l'espoir qu'ils leur donnent d'échapper aux punitions.

n ne suffit pas que le mattre se rappelle sans cesse qu'il a affaire à des enfants ; il devra aussi se rappeler sans cesse que ces en&nts sont inégaux entre eux, et qu'il ne saurait sans injustice exiger des uns ce qu'il est en droit de demander aux autres. La naissance est une loterie ; pe» nombreux sont les gros lots, et beaucoup d'enfants sont mai lotis. Dans une même classe, le maître n'a pas deux élèves semblables, il a les extrêmes^ et entre les extrêmes toutes les Tariétés de caractère et d'esprit. Une classe est une image réduite de l'humanité presque entière ; c'est pourle maître un champ complet d'expériences. Cette inégalité, avec laquelle la nature le met aux prises, sa mission est delà redresser, de la diminnar dans la mesure du possible. C'est surtout poorles enfitnts mal doués qu^l doit avoir des égards^ une

bonté comp&tissante, car ils sont vraiment àplaindre, eux pour qui tout est difficile, tout est pénible ; eux qui ne connaissent point le plaisir si vif des esprits ouverts et prime-sautiers, de comprendre à demimot, d'aller à la découverte, de devancer les explications, de deviner ce qu'on va dire; ils sont à plaindre ceux en qui les mauvais penchants se révèlent avant que la raison ait eu le temps de s'éclairer et la volonté de s'afifermir. Ne méritent-ils pas un peu de cet intérêt affectueux qu -inspirent les pauvres < les malades, les infirmes ? Aussi, quand le maître punit, quand il récompense, qu'il ait toujours présente à l'esprit cette inégalité originelle, qu'il en tienne compte, qu'il fasse la part du naturel. C'est dans la comparaison de ce que l'enfant a fait avec ce qu'il est capable de faire, qu'il trouvera la i .^^a^i^M l'équité. ^^^

Les punitions et les récompenses sont deux moyens contraires qui concourent au même but, qui est de rendre l'enfant meilleur ; ayant le même but, ils ont le même caractère»

La définition du but donne aussi la règle qui doit présider au choix. Est bonne toute punition qui a pour effet d'améliorer l'enfant, est mauvaise toute punition qui produit un effet contraire ou qui ne produit pas d'effet. 11 suit de là que l'éducateur qui veut s'instruire ne doit pas se borner à infliger la punition, même choisie avec réflexion, mais en suivre attentivement les effets, en observer les conséquences.

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