‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 114 sur 159 · CHAPITRE Vm · texte numérisé non relu

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mais, gr&ce à Téducation, rhommé ou Tenfant peuvent évker la plupart de ces transgressions dont les réactions lui seraient funestes.

Passant de la première enfance à la maturité, Fauteur prouve par des exemples que les réactions naturelles sont la meilleure et la plus efûcaee des leçons et des pénalités; Toisif perd son emploi, le marchand trop avide perd ses pratiques, le médecin négligent perd sa clientèle, etc., et Fauteur conclut : ce la fonction des parents est de veiller, comme ser- « yiteurs et interprètes de la nature, à ce que les « enfants éprouvent les vraies conséquences de leur 5 conduite » (p. 131). Voilà donc, d'après Spencer, le principe dirigeant de l'éducation morale.

Ce système d'éducation me parait sinon contraire, au moins absolument étranger à la morale ; en effets il ne s'occupe et ne se préoccupe que des avantagés ou des inconvénients qui peuvent ou doivent résulter de la conduite, il n'entretient l'esprit que de l'in^ térêt personnel, il réduit l'éducation à la prudence et à l'égoïsme bien entendu.

Voyons donc en quoi consistent ces réactions naturelles que les parents ont pour mission de laisser se produire et de produire èiu besoin, et les réactions artificielles avec lesquelles il faut bien se carder de les confondre.

Notons, en passant, que la mauvaise conduite des enfants ayant pour effet ordinaire de provoquer le icnéoontentement, la colère et les violences des

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parents, de Faveu de Spencer, les coups eux-mêmes que Fenfant s'attire, entrent dans le nombre des réactions naturelles. Comme cet aveu coûte quelque peu à son auteur, il ajoute que « les systèmes d'éducation sont en général aussi bons que le comporte le degré de culture de rhumanité, » ce qui en d'autres termes signifie que les choses vont à peu près aussi bien quelles peuvent aller et que, jusqu'à nouvel ordre, il n'y a pas trop à se plaindre si les enfants sont battus. On voit que le philosophe anglais n'entend pas précipiter la marche du progrès, et qu'il compte plus, pour l'obtenir, sur le développement naturel des sociétés que sur la vertu de son propre système. Nous retrouvons ici un des traits dominants de la philosophie contemporaine et qui consiste dans l'effacement et la presque abdication de la volonté humaine devant les lois de la nature.

Yoici trois exemples de réactions naturelles choisis par l'auteur.

i<» A près avoir joué, un enfant a refusé de ramasser ses jouets et de les remettre à leur place. Réaction : quand il voudra jouer et demandera ses jouets, on les lui refusera.

2^ Une petite fille n'est jamais prête pour l'heure de la promenade. Réaction: on la laissée la maison.

3^ Un enfant brise ou perd son canif. Réaction : avant qu'on lui en achète un autre, l'enfant devra prouver qu'il est devenu plus soigneux.

Le premier avantage que trouve Snencer dans

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l'emploi de ces réactions, c*esl qu'elles donnent aux enfants « des notions justes de cause et d'effet ». Sans nier qu'il y a entre ces punitions et les fautes un rapport naturel, nous nous demandons si le mécontentement des parents, de quelque manière qu'il se manifeste, n'est pas aussi une conséquence également naturelle des fautes d'un enfant, s'il est bien sage que les parents restent indifférents ou affectent l'indifférence, et si cette élimination systématique des sentiments de plaisir ou de peine que les parents éprouvent et témoignent, n'entraînerait pas la perte d'un des meilleurs et des plus sûrs moyens d'éducation ? Ces sentiments ont un caractère éminemment moral, car ils ont pour principe un jugement moral et pour cause l'affection, qui n'est pas précisément un facteur à dédaigner en matière d'éducation ; car ces réactions, dites naturelles, un étranger, un indifférent peut les appliquer tout aussi bien que le père le plus affectueux et la mère la plus tendre. L'emploi de ces punitions n'exclut pas le témoignage d'un mécontentement qui lui aussi est fort naturel et auquel l'enfant doit être sensible. Si celui-ci devenait lui-même indifférent à la peine et au plaisir quil cause, croit-on que la famille et l'éducation y gagneraient beaucoup ? D'ailleurs ces punitions que propose Spencer ne sont pas à l'abri de toute objection; elles ont pour effet de priver Fenfant d'un exercice qui lui est salutaire, nécessaire peut-être, et d'un instrument oui lui est utile.

De plus, si Tenfant apprend à se bien, conduire de peur d'attrister ses parents, il apprend par là même à agir par un motif désintéressé; si on l'habitue à ne considérer que les conséquences personnelles de fies actes, on le forme à l'égoïsme. Du reste Tauteur sera ayant peu amené à reconnaître la puissstnce de Taffection.

« Un autre avantage, dit Spencer, de cette discipline naturelle c'est qu'elle est celle de la stricte justice et que tout enfant le sentira. » Et il ajoute un exemple analogue aux précédents, celui d'un enfant qui, ayant à plusieurs reprises sali ou déchiré ses vêtements, se trouvera privé d'une excursion le dimanche ou d'une partie de plaisir. Ici encore il y a méprise de l'auteur. De ce qu'il existe ent^e la punition et la faute un rapport évident d'effet à cause, il ne s*ensuitpasdu tout quela punition soit juste, car la justice consiste non dans ce lien purement logique, mais dans l'exactitude de la proportion entre lagravité ^ de lafaute et la gravité de la peine. N'en déplaise h l'auteur, danslesexemplesqu'ilcite, dans les punitions qu'il indique, il peut fort bien y avoir injustice, et pendant le temps, le long temps que l'enfant passera enfermé à la maison seul avec lui-même, il pourra songer à bien autre chose qu'au rapport de cause à effet ; la sévérité de la peine pourra l'aigrir et le désaffectionner. Sans compter qu'il n'est pas tour jours prudent ni même possible d'enfermer ainsi des enlants dans la maison*

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