CHAPITRE XVn
l'exactitude, Tatiention. Nous allons voir le système aux prises avec des difficultés plus sérieuses, non plus avec des étourderies ou de simples défauts, mais avec des fautes graves ou des vices, comme la brutalité, le mensonge, le vol.
Ici l'auteur se recueille un moment, et, pour se préparer à la partie la plus ardue de sa tâche et s'entraîner, il prend à son habitude, habitude d*ailleurs excellente, quelques exemples. Les voici : i^ Un enfant a refusé à son oncle (l'oncle ici fait fonction de père) d'aller lui chercher un objet dont il avait besoin ; le soir, le moment du jeu venu, quand l'enfant vient prier l'oncle de jouer, celuici refuse simplement et froidement. Le lendemain l'enfant était aux petits soins pour l'oncle.
2» En l'absence de sa mère un enfant de cinq ans prend un rasoir, coupe une partie des cheveux dé son frère et se blesse. Le père rentre, l'apprend, et n'adresse pas la parole à l'enfant ni le soir, ni le lendemain. L'effet de ce silence fut souverain.
Dans ces deux nouveaux exemples il ne s'agit mcore que d'un défaut de complaisance et d'un acte d'imprudence. Cependant, ce n'est point le système des réactions naturelles qui a eu l'honneur de corriger les petits coupables, car l'auteur prend soin de nous dire, que ces enfants aimaient tellement l'un son oncle, l'autre son père, qu'ils ne purent supporter, le premier, la froideuravunculaire, et le second, le silence paternaL Nous voyons ici se
glisser dans le système un agent qui avait d'abord été soigneusement écarté ou au moins relégué au second plan, dont l'arrivée dérange un peu la séduisante simplicité du système des réactions naturelles. Cet agent d'éducation, c'est Faffection filiale d'un côté, paternelle de Tautre. L'apparition assez inattendue d'un agent dont le concours semblait avoir été d'abord refusé, ne laisse pas que de surprendre, mais elle nous ramène tout doucement vers les pratiques les plus ordinaires de l'éducation.
Spencer reconnaît donc que l'afTectipii mutuelle entre enfants et parents est l'auxiliaire indispensable de la nature ; il ajoute que par Tabus et le mauvais choix des punitions, les parents pour la plupart finissent par perdre cette affection et ne plus être aux yeux de leurs enfants que des amis ennemis. Il n'en serait pas de même, croit Spencer, si les parents pratiquaient la méthode des réactions natiirelies, la seule qui soit propre à leur concilier l'amour de leurs enfants. L'auteur prend encore un exemple :
Un enfant s'amuse à côté de sa mère ; il fait brûler à la chandelle des bouts de papier. La mère doit se borner à l'avertir, car si l'enfant se brûle, il acquerra une connaissance utile et ne pourra se plaindre de sa mère qui l'aura averti.
Nous ne demanderons pas si, à l'&ge où l'enfant peut allumer des bouts de papier à la chandelle, il en est encore à ignorer que le feu brûle, et s'il n'y aurait pas un moyen plus simple de le lui apprendre