CHAPITRE XVn
poches, il s'en faut de beaucoup qu'ils aient tous de Fargent. Et puis quelle peut-être l'efficacité d'un pareil moyen ? Si l'enfant n'a en perspective que l'éventualité de la restitution, nous avons nous en espérance de belles générations de voleurs; car il n'est pas un bambin, si borné qu'il soit, qui ne puisse construire le raisonnement qui suit : « Si je suis pris, je n'y perds rien, puisque je n'ai qu'à rendre ; si j'échappe, c'est tout profit. »
Du reste l'auteur sent si bien l'insuffisance par trop manifeste de la discipline des conséquences qu'il se rabat encore cette fois sur le mécontentement des parents, rappelant toutefois que l'efficacité de cernécontentement sera proportionné à l'affection des enfants, ce qui pour le fameux système des réactions naturelles revient à un aveu complet d'impuissance.
Le système se réduit donc à ceci : dans les cas graves, la discipline des conséquences n'a de vertu qu'autant que les enfants aiment leurs parents. J'ajouterai que cette vertu est bien petite, que dans le cas cité, la restitution est une punition insignifiante, et que la véritable punition de l'enfant est d'avoir affligé ceux qu'il aime. Il faut donc qu'il les aime. Spencer avance que l'application de son système pour les fautes légères suffira à engendrer l'affection. C'est reconnaître que ce système est par lui-même inefficace; donné d'abord comme l'instrument principal et presque unique de l'éducation, il tombe au rang de simple auxiliaire. C'est l'affection
qui devient la véritable éducatrice, le principe des réactions n*est plus qu'un simple moyen, moyen douteux, de produire Taffection nécessaire.
Ajoutons que Fauteur se dispense et pour cause d'appliquer son principe déjà bien affaibli à des actes de brutalité et au mensonge. La réaction naturelle Taurait peut -être amené à brutaliser Tenfant brutal et à tromper le trompeur. Après une démonstration si écourtée et si brusquement close, après cette espèce de substitution d*un agent nouveau au principe qui se dérobe, on est surpris que l'auteur se croie en droit de conclure comme il le fait en ces termes (page 152): « Ainsi la discipline des consé- « quences est aussi bien applicable aux grandes « fautes qu'aux petites. »
Ce qui est démontré au contraire, c'est que ce principe étroit n'est applicable et encore avec force restrictions et tempéraments qu'à quelques cas de l'éducation physique, et que la vie morale de l'enfant lui échappe et le déborde de toutes parts»
Suivent des conseils qui, pour n'être pas nouveaux,, n'en sont pas moins bons, comme les suivants :
i^ Qu'il ne faut pas exiger des enfants une per-^ fection prématurée.
2^ Que les parents ne doivent pas laisser leur colère éclater en menaces ou en mauvais traitements, mais se contenir et se calmer en considérant quelle sera la conséquence normale de la faute commise et comment cette conséquence pourra être rendue sensblei ;