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mieux; à travers ses tristesses, ses craintes et ses souffrances, c'est encore de là que lui viennent ses meilleurs moments; dans cette foule agitée, inconnue qui l'entoure et où 'û est noyé, au milieu des dangers invisibles dont il a le vague pressentiment, il comprend que là est encore son meilleur appui, son recours, son refuge, et que nulle part il n'a plus à attendre qu'au foyer.
Du reste en imitant ses père et mère, il est er règle avec sa conscience, avec l'opinion. L'autoritC paternelle est assurément la moins contestable et la moins contestée; les autres autorités, sous lesquelles l'enfant se trouve momentanément placé, ne sont en réalité que des espèces de délégations ; c'est au nom du père que l'instituteur parle, c'est l'autorité du père qu'il invoque pour affermir la sienne ; on sent si bien que cette autorité est nécessaire, et qu'aucune ai^xe ne peut la remplacer, qu'on se garde d'y porter la moindre atteinte, et que lorsqu'elle se montre, les autres s'effacent. L'opinion la soutient, l'État la consacre, il la maintient jusqu'à l'âge mûr; il entend que la famille loi prépare et lui livre deshoratmes faits; il n'entre en rapports directs avec l'enfant que lorsque celui-ciest lui-même devenu capabled'exercer àsonlour l'autorité paternelle
Puisque Faction de la famille est si forte par ellemême et par l'appui qu'on loi prêle, puisqu'elle a pour elle la nature, le temps, l'affection, l'opinion, les lois, c'est donc à régler, à moraliser cette action
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qu'il faudrait s'appliquer avant tout. Réformer l'école est bien, réformer la famille serait inflninâent mieux. Ce sont les parents eux-mêmes qu'il faudrait amener à Técole, ou encore ce sont des écoles qu'il faudrait ouvrir pour les parents. Excellente est la propagande par les livres, malheureusement ceux qui ont le plus besoin de livres sont aussi ceux qui lisent le moins. Et puis ce tout n'est pas de lire, il faut choisir ses lectures; les mauvais livres pullulent, ils sont bruyants, remuants, hardis, entreprenants; ils arrêtent les passants, ils forcent l'entrée des maisons. Enfin le livre, le bon livre surtout, produit peu d'effet sur le peuple, il profite à ceux qui ont l'habitude, le besoin et l'art de lire. C'est la parole, la parole vivante qui agit sur les hommes incultes, c'es telle qui les prend, qui les remue, qui les ébranle, qui leur inspire le désir d'aller ensuite chercher dans les livres le renouvellement des émotions qu'elle leur a données. Quelle belle et grande croisade à entreprendre, ou plutôt à poursuivre, car en plus d un point elle est commencée. Il y a bien des forces vives, bien des forces morales éparses dans notre pays, qu'on pourrait chercher, unir et diriger vers cet apostolat si nécessaire.
Le grand malheur de l'État c'est qu'il est sans action sur les parents; son influence moralisatrice peut bien s'exercer par l'école sur les enfants, elle est nulle sur les hommes. Tout au plus se fait-elle sentir d'une manière indirecte par le plus ou moins