‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 125 sur 159 · chapitre; XVin Î · texte numérisé non relu

chapitre; XVin Î

de fermeté qu'il déploie à faire respecter la morale publique et à arrêter la propagande de Timmoralité, et sous ce rapport on ne l'accusera de commettre ni des excès de zèle ni des abus de pouvoir

Mais cette action purement protectrice ou défensive ne saurait aucunement se comparer à celle des religions et des philosophies qui embrassent toute la durée de la vie humaine, et continuent de parler à Tâge mûr et même à la vieillesse avec la même autorité qu'à l'enfance. Voilà ce qui rend si difficile la régénération des familles où Ton a rompu avec toute tradition religieuse sans accepter en échange aucune discipline philosophique.

En dehors de la croisade morale dont j'ai parlé plus haut, notre espoir est dans Fécole, c'est-à-dire dans l'enfance. Dans plus d'une famille, dans celles où il reste un fonds d'honnêteté, l'enfant peut introduire l'éducation; peur un touchant renversement des rôles, il peut, dans une certaine mesure,devenir l'éducateur de ses propres parents. Et pour cela, pas n'est besoin qu'il parle et donne des leçons; il n'a qu'à se montrer tel qu'on s'applique à le rendre à l'école, c'est-à-dire, bien élevé. Sans le vouloir, sans le savoir, il exercera autour de lui une douce influence. Si ses manières sont polies, si son langage est convenable, s'il est affectueux, respectueux, si sa physionomie ouverte respire la bonté et la santé de l'âme, insensi-^ blement, involontairement, les parents seront amenés à faire un retour sur eux-mêmes et une comparaison

entre eux etieur enfant ; ils serontamenés à s'observer en sa présence, à se contenir, à le traiter avec plus de douceur, à prendre quelque chose des qualités qu'il montre. Alors naîtra peut-être dans leur àme ce sentiment si délicat du respect deTenfance et Téducation remontera. Mais cette action ascendante et en quelque sorte renversée sera toiyours d'une rareté extrême et d'une médiocre vertu. Ce qui est possible autant que désirable, c'est de former des enfants qui soient un jour des pères de famille meilleurs que ne Font été leurs propres parents. Tel était le souhait d'Hector, embrassant son nouveau-né : « Puisse-t-il être meilleur que moi I »

Mais il ne faut pas se borner à des vœux stériles ; les temps demandent un effort énergique, général et prolongé.

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