CHAPITRE XIX
MOTBNS DE TORTIFIER l'eSPRIT DE FAMILEE
SOMMAIRE. -^ Que la pensée de la famille doit toujours être présentera Técole. — Que celles doit devenir Técole de la famille. — Qu'on peut très bien initier et former l'enfant aux devoirs d*un chef de famille. — Le placer en imai^ination dans le rôle qu*il aura plus tard à rempUr. — Lui montrer que tout ce qull apprend aujourd'hui lui servira à mieux accomplir sa mission. — Le plaisir du père qui peut s'assoeier aux études de ses enfants. — Le repas de famille. — Que renfant travaille mieux quand le père s'intéresse à ses travaux» — Qu'il doit se rendre chaque jour plus utile à l'aide du savoir qu'il acquiert. — Que le maître doit s'enquérir de la profession des parents afin de mettre l'enfant en état de leur rendre des services. — Que l'instinct domestique «8t plus fort chez les filles ; que cependant il a besoin d'être développé et dirigé par un enseignement approprié à la condition des femmes. — Moyens de faire naître le respect des garçons pour les filles. — Moyens d'entretenir le respect filial même envers des parents indignes. — Rapports de l'instituteur avec les familles. — Du célibat des maîtres, ses dangers. — >Que l'instituteur marié devrait avoir une situation meilleure. — Du célibataire. — Sa vie. — Sa vieillesse. — Sa sort.— Que la presque totalité desprofession&s'aceommode mal du célibat, — De son influence déplorable sur la société contemporaine. — Tableau de la vie de famille. — Que l'idéal «8t un besoin poior l'homme, et en dépit du réfilisme, une indestructible réalité.
Puisque rinfluence de la famille est si puissaiite qu'elle va jusqu'à oeutralifier-on détruire celle de
l'école, puisqu'elle ne règne pas seulement dans le présent, mais qu'elle s'étend dans Tavenir, et que le père qui Ta subie l'exerce à son tour sur ses propres enfants, nous devons redoubler d'efforts pour que cette influence devienne efficace et bienfaisante. Que nous le voulions ou non, ce sont les parents qui sont et resteront les éducateurs de la nation; songeons donc aux parents, songeons à l'éducation des éducateurs. Il faut dans le présent envisager ravenir, dans la tige naissante voir l'arbre mûr qui donnera un jour des rejetons semblables à lui-môme, en un mot,"dans l'enfant il faut considérer le futur père de ^amille, et tourner en ce sens et vers ce but son esprit, son cœur et nos propres leçons. Que l'éducation se pénètre donc de l'esprit de famille, qu'elle soit sans cesse préoccupée de cet intérêt suprême, que l'enseignement du maître en inspire et en respire le respect et l'amour, qu'il y rapporte et reporte sans cesse ses pensées, que l'école soit comme entourée de l'atmosphère de la famille, qu'on la voie en perspective au bout de tous les enseignements, comme dans les beaux jardins, au fond de toutes les allées on aperçoit la maison; qu'elle soit toujours présente à l'école, que celle-ci n'en soit pour ainsi dire qu'une dépendance ou plutôt qu'elle devienne l'école même de la famille.
Pour y réussir, nous devons habituer l'enfant à considérer la famille comme le milieu naturel de Texistence et le rôle de chef de famille comme le